Nom du fonds :

Lucien SABATHIER, ingénieur chez CLEMENT-BAYARD ET RENAULT

Entrée :

2000 004

Niveau de description :

fonds

Fonds rattaché :

1998 014

BEZET Jean-Louis

2006 030M

Renault Construction

Statut :

Fonds en déshérence, propriété de l'État

Dates extrêmes :

1824-1938

Importance matérielle :

1,11m.l. (69 unités documentaires, 7 cartons CAUCHARD)

Modalités d'entrée :


Conditions d'accès :

Libre

Instrument de recherche :

(pdf 071 Ko)

Répertoire numérique rédigé par Ghardi Kaltoum, stagiaire en Master UEP 1ére année à l’université du Hainaut et Cambrésis, sous la direction de Gersende Piernas, chargée d’études documentaires.


Présentation de l'entrée :

Ce fonds a été déposé aux Archives nationales (site parisien), en juin 1956, par l’intermédiaire de Maître Haumont, tuteur légal de Mlle Jeanne Roussan, dernière descendante des Roussan, internée en 1950 et décédée en 1953.


Entre 1884 et 1905, Théophile Roussan, conducteur des ponts et chaussées à Rennes et son fils Georges, étudiant en médecine, d’une ancienne famille de bonne bourgeoisie alliée à plusieurs familles de petite noblesse bretonne et parents du célèbre médecin Broussais, entreprirent des recherches généalogiques sur leur famille et son rameau provençal des Roussan de Thorenc. La famille Sabathier, originaire de Tarbes et fixée au Havre, est alliée aux Roussan.


Un premier traitement de ce fonds a abouti en 1974 à la rédaction d’un répertoire numérique détaillé de 4 pages rédigé par Michel Guillot, sous - archiviste, et qui figure dans le dossier 347 AP au Centre historique des Archives nationales (CHAN).

En 2000, le traitement de ce fonds par la Section des Archives privées du CHAN a révélé que ce fonds était tombé en déshérence et qu’il se composait de deux parties distinctes. Il comprend d’un côté, des documents d’intérêt généalogique rassemblant la famille Roussan de Thorenc et des papiers concernant la famille Sabathier, famille maternelle de Jeanne Roussan et de la famille de l’ingénieur Lucien Sabathier, et de l’autre, des documents provenant de Lucien Sabathier, ingénieur chez Clément-Bayard, puis Renault.


Finalement, les documents de Lucien Sabathier ont été transmis par la section Archives privées au Centre des Archives Nationales du monde du travail en 2000. Le fonds de Lucien Sabathier comprenait 6 cartons non classés et non côtés. Après traitement définitif, il se compose de deux parties : une sur ses activités professionnelles, l’autre sur ses archives personnelles. Les archives, témoins de ses activités professionnelles, rassemblent, essentiellement, des notes sur ses travaux à l’usine Clément Bayard de 1907 à 1921 et aux usines Renault de 1909-1940. On y retrouve des exemplaires de la Revue l’Aéronautique, de très nombreuses coupures de presse, des études sur les moteurs d’avion, les carburants, d’automobiles, des albums photographiques, des photographies et des cartes postales de dirigeables ainsi que des médailles commémoratives, mais également des documents retraçant sa scolarité et sa vie personnelle.


Biographie :

Né le 30 janvier 1876 au Havre, Lucien Sabathier fait ses études au Lycée de Versailles, puis il entre à l’Ecole centrale. Diplômé en 1901, il obtient le titre d’ingénieur civil des Arts et Manufactures et de 1905 à 1906, il travaille après des établissements Panhard Levassoir automobiles où il collabore à la fabrication des moteurs et des dirigeables.


Ce n’est qu’en 1907, qu’il entre dans les établissements de Clément-Bayard comme directeur technique. Il participe, pour la première fois en France, à la réalisation du premier type de moteur à distribution à l’occasion de la voiture de course circuit de 1908 qui, par la suite, se généralise. Il s’intéresse à l’aérostation et à l’aviation. Il construit d’ailleurs avec Clément Bayard la première nacelle du célèbre dirigeable «Patrie», et conçoit la fabrication des ballons dirigeables de toute cette période. En 1909, il reçoit le premier prix au concours de projet de dirigeables institué par le ministère de la guerre. Instructeur du premier appareil aérien qui relie Paris Londres en 1910, le dirigeable français Clément-Bayard est le premier à traverser la Manche en parcourant 380 km en 6 heures. Il est, également, le premier dirigeable de fabrication française à avoir autant de succès dans plusieurs pays du monde. Produit en deux versions, la première est de construction légère pouvant atteindre une vitesse élevée, elle comporte une nacelle en tube d’acier mesurant ainsi 28,50 mètres avec un gouvernail de direction de type biplan. L’appareil se rend célèbre par le raid réussi de Sartrouville-Compiègne sur un parcours de 200 kilomètres.

En 1910, il réalise des hélices à poids variables de marche avant et arrière et répandue dans l’aviation actuelle. Mais avec l’arrivée de la Première Guerre Mondiale, ces ballons captifs d’observation deviennent plus gros et plus légers, allant jusqu'à dépasser les 200 mètres de longueur, puisque durant les quatre années de guerre, ils ont une tout autre vocation celle militaire. Dans les années 20 et 30, les Allemands, Américains, Italiens, et Anglais se lancent dans la construction d’engins de taille spectaculaire servant au prestige national, mais plusieurs catastrophes dues aux conditions climatiques, vont marquer l’histoire de ces dirigeables.

Pendant les deux premières années de guerre, les dirigeables construits tels que «  l’Adjudant-Vincenot », « Dupuy de Lôme », «  Montgolfiére », « Condor » sont voués à un usage militaire et ils entrent en action, spécialement, pour des opérations nocturnes, notamment pour des reconnaissances et des bombardements sur les fronts français et russes. Leur fabrication fait de l’usine Clément-Bayard, le fournisseur officiel du Ministère des Armées, puis du Ministère de la Défense.


Lucien Sabathier finit sa carrière en tant qu’ingénieur conseil attaché du département des moteurs d’aviation et directeur commercial du département des moteurs d’aviation de Renault. En 1922, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur et en est promu officier en 1932. Il obtient aussi la grande médaille de la Société de France de navigation aérienne en 1930.