Nom du fonds :

Boussac, groupe textile

Entrée :

1987 003, 1994 020

Niveau de description :

fonds

Fonds rattachés :

204 AQ

Haras Boussac

1994 003

Saint-Frères

1994 027

Établissements Peaudouce à Linselles (Nord)

Dates extrêmes :

1808-1978

Importances matérielles :

  • 1987 003 : 27 mètres linéaires (587 unités documentaires)

  • 1994 020 : 37 mètres linéaires (1001 unités documentaires)

Statut :

archives privées appartenant à l’État

Modalités d'entrée :

don

Conditions d'accès :

Selon les délais légaux

Instruments de recherche :

(pdf 457 Ko)

1987 003 : inventaire par C. Boissé.

(pdf 321 Ko)

1994 020 : classement réalisé en mars 1985 par M. E. Delabasse aux Archives départementales du Nord, puis revu, corrigé et complété en août 2009 par Reynald Parisse, ATASM, et Gersende Piernas, chargée d'études documentaires.

Brochures thématiques :

Activité textile

Généalogie


Présentation de l'entrée :

Le fonds Boussac a été donné au Centre des archives du monde du travail par la société en liquidation. Il se constitue de deux entrées 1987 003 et 1994 020, cette dernière ayant transité par les Archives départementales du Nord sous la cote 112 J. Il comporte trois sous-fonds :


Notice historique ou biographique :

Groupe Boussac

Le groupe Boussac est né en 1911 avec la création par Marcel Boussac du Comptoir de l'industrie cotonnière (CIC). Le CIC, devenu société anonyme en 1917, absorbe ou contrôle bon nombre d'entreprises. De même les Manufactures de Senones, acquises en presque totalité par Boussac en 1920, vont gérer totalement ou en partie de nombreuses filiales. Mais, auprès de ces deux sociétés-mères, figurent dans le groupe Boussac des entreprises d'importance variable, créées ou annexées à partir de 1914, la première étant à cette date la Société d'importation du Nord et de l'Est fondée avec P. Lederlin pour l'importation des matières premières. En 1916, Boussac crée la Société générale du coton industriel, pour l'exploitation des matières premières. En 1918, c'est la création de la Société d'impression du Nord et de l'Est, l'annexion de Warnod-Boigeol, et la fondation de l'Immobilière "La Fouilleuse" qui gérera la plupart des propriétés Boussac, notamment l'hippodrome de Saint-Cloud. En 1920 entrent dans le groupe la Filature de laine cardée de Drusenheim et l'importante Chemiserie Rousseau. De 1923 à 1925, Boussac négocie l'achat de la majorité des parts de la Filature de coton, lin et métis de Zyrardow en Pologne (les accords entre le groupe Boussac et les actionnaires polonais ayant été dénoncés en 1934, l'usine sera mise sous séquestre). En 1924, il fonde la Société commerciale pour l'Orient. Parallèlement à ces opérations, Boussac organise ses deux principales sociétés, CIC et Manufactures de Senones, entre 1925 et 1930.

Dès 1931, les acquisitions et créations reprennent hors de ces deux sociétés : en 1931, création de la Société industrielle textile et de la Société immobilière textile ; ; en 1932, fondation de Giliana à Constantine, de l'Omnium textile du Sud-Ouest, et achat de la manufacture de Buhl à Cernay ; en 1933, entrée dans le monde de la presse avec l'achat des Cahiers de la Jeunesse, achat de la Manufacture d'impression de Wesserling, création de Texta à Alger et de la Société économique textile du Nord (chaîne de magasins). Les établissements Laederich passent sous le contrôle du groupe en 1934 ; en 1935, Boussac reprend la société Mondia (voyages, tourisme, transports), et crée la Société française des ouates et cotons. Il fonde en 1936 la société financière Miradia. Les années 1935-1936 sont aussi celles de l'annexion des importants établissements Jalla, spécialisés dans les tissus éponge, et des filatures alsaciennes Kahn, Lang et Manuel.

En 1937, se créent les sociétés africaines Texaf et Cotonaf, et SO-CO Ltd ; en 1939, la Société d'impression coloniale. En 1942, M. Boussac annexe la Société Emile Fumat et frères, et vers 1944, la Société Emile Collot.

De 1944 à 1957, le groupe Boussac s'agrandit considérablement. Beaucoup des sociétés annexées ou créées n'ont rien à voir avec l'activité textile, notamment les sociétés civiles immobilières fondées pour la gestion de propriétés personnelles ou de biens mis au nom de sociétés du groupe. En 1944, sont créées la SCI du 32, avenue Montaigne, et la coopérative d'achats Toircoton, destinée à faciliter le ravitaillement du personnel du groupe. En 1946, Boussac négocie avec Bendix la création de "Bendix français" (Bendix Home Appliances France). La même année sont créées les SCI de la rue de Chézy et de Château-Bineau, et la Foncière des Aigles, qui gère le centre de vacances du groupe Boussac ; en 1946 sont également annexées la Société Nicolas Géliot (gestion d'actions) et la Société Christian Dior. Les tissages normands Desgenetais, où Boussac avait déjà d'importantes participations, sont absorbés la même année.

1947 est l'année de la création de Covel SARL, du Comptoir des cotonnades marocaines, de la Société générale des textiles, de Dior parfums (avec la participation de Moët-et-Chandon) et Dior USA, de Tissgar et Rosine Deltour Amérique, de la SCI Bellefonds-Rochechouart, ainsi que de l'annexion de la Manufacture alsacienne de tapis.

En 1948, sont rattachés les Moulinages du Cros, l'Organo-synthèse alsacienne. Plusieurs sociétés immobilières sont créées : celles des villas Clover et Teddy Chantilly, de la place Adolphe-Chéroux, et de l'Immobilière Alma.

En 1949, sont annexés les établissements Cobrat et Cie et les Magasins généraux de Marcq-en-Baroeul. La même année voit la création de sociétés financières (Elgia, SO-PAR-FIN-CO) ou immobilières (SCI du 72, avenue Foch).

En 1950, l'«empire textile» est constitué. Les sociétés annexées ou créées à partir de cette date sont en très grande majorité des sociétés immobilières et financières, gérant les biens de Marcel Boussac ou de son groupe, ou des sociétés exerçant leur activité hors du monde du textile.

En 1950, sont créées les SCI du 24, rue d'Artois et de la villa Les Glycines-Chantilly, ainsi que la Société commerciale aérienne du littoral, qui gère les avions destinés au transport des chevaux de M. Boussac et à l'usage de Dior Amérique.

1951 est une date marquante dans l'histoire du groupe Boussac: il prend le contrôle de l'Aurore et de ses satellites de presse (Paris-Turf,Sport Complet). La SCI du 13, rue François Ierest créée la même année.

En 1952, sont créées la Compagnie électro-domestique, la Société foncière et mobilière, la Société financière Parfinan. Robert Boussac, frère de Marcel Boussac, reprend la société d'éditions Robeyr (lectures pour la jeunesse et promotion en France des œuvres de O. Henry). Le groupe contrôle aussi les éditions Boucherit.

En 1953, le groupe rachète les établissements Vernet et crée la société de construction SO-PAR-CO-DHA, les sociétés immobilières de la villa Le Ravin et du 107, rue Armand-Sylvestre et une société d'archivage.

Puis, de 1954 à 1957, les rachats et créations se ralentissent: création de la SCI La Pergola et achat de Pierre Clarence (1954), création de Dior Ltd Londres et de la SCI Char-Bois (1955), de la société financière Jacomar (1956), de la société de recherches pétrolières Francarep (1957). On peut considérer que les dernières grosses opérations du groupe sont la prise de contrôle du Petit Parisien en 1956 et l'absorption du groupe textile Laederich en 1966.


En 1978, le groupe Boussac est racheté pour 700 millions par le groupe Agache-Willot, par le biais de la société Saint Frères. C'est la création de la société Boussac-Saint Frères, filiale qui réunit les activités industrielles d'Agache-Willot, et dont le siège social est à Lille. En 1981, un an après la mort de Marcel Boussac, Boussac-Saint Frères puis le holding Agache-Willot sont mis en règlement judiciaire, cette mesure concernant 80 usines réparties dans les Vosges, le Nord et la Normandie (22 000 salariés). Après un imbroglio juridique de plus de 3 ans, pendant lequel l'Etat soutient la poursuite des activités de Boussac-Saint Frères par le biais de l'Institut de Développement industriel, le groupe immobilier Ferret-Savinel et un consortium bancaire reprennent la majorité du holding.


Comptoir de l'industrie cotonnière - CIC -

En 1917, Marcel Boussac transforme sa première société, le Comptoir de l'industrie cotonnière (CIC, créé en 1911), en société anonyme dont il est administrateur unique. La société a pour objet l'achat, la vente et la transformation de toutes matières textiles. Un certain nombre d'usines, parmi les plus importantes des Vosges, passent dès 1917-1918 sous son contrôle, ainsi que la plus grande chemiserie de France (Etablissements parisiens Rousseau), dont Marcel Boussac a repris la majorité des actions.

De 1920 à 1925, Marcel Boussac se consacre à l'organisation du CIC, ainsi qu'à celle des Manufactures de Senones achetées en 1920. Le CIC se spécialise d'abord dans le traitement de l'écru (filature, tissage, teinture en fil et en bourre, apprêt, grattage), puis étend sa production à la couleur et à l'imprimé ; ses activités recouvrent aussi la confection (chemiserie, bleus de travail) et la vente de tissus (chaîne "A la toile d'Avion") ; dans les années 1920 la société commence aussi à s'intéresser à des textiles autres que le coton : soie, rayonne (prise de parts dans les sociétés Viet et Soie Vauban). Elle a des intérêts en Extrême-Orient (approvisionnement en caoutchouc, plantations de coton) et, dès 1921, sonde le marché polonais.

Dans les années 1940, le CIC est locataire de quatre usines ou groupes d'usines, situés dans les Vosges : les filatures de Thaon, les filatures et tissages de Nomexy, les anciens établissements Ziegler, la filature de Vincey (Société cotonnière de l'Est). Il a pour consignataires généraux la chaîne "A la toile d'Avion" et le Comptoir du textile à Paris, la manufacture de confection de ChÂteauroux, la Société textile des Vosges, la manufacture de Blainville en Meurthe-et-Moselle, les anciens établissements Touron à Troyes, les anciens établissements Jalla, la maison Tremblot-Matheron et l'ancienne maison Dehesdin et fils à Paris ; le CIC contrôle aussi la manufacture d'impression de tissus de Wesserling en Alsace. Une augmentation de capital (émission de 80 000 actions de 500 F) a lieu en 1943.

En 1947, le CIC devient une SARL au capital de 950 millions de francs, avec pour actionnaire unique M. Boussac, et prend le contrôle de 40 filiales manufacturières, dont les Manufactures de Senones. Son histoire se confond alors avec celle du groupe Boussac.



Manufactures de Senones (Vosges)

Les Manufactures de Senones (Vosges) sont à l'origine une société en commandite simple créée en 1871 par la famille Vincent-Ponnier. En 1919, elles prennent la dénomination "Manufactures de Senones" et se transforment en société anonyme. Elles sont alors gérées par MM. Benoist, Ponnier et Vincent. L'affaire est rachetée par le groupe Boussac en 1920.

La société a pour objet la filature du coton et autres textiles, le blanchiment, l'impression et la teinture de fils et tissus, l'achat, la vente et la transformation de ces matières. Elle se spécialise dans le "blanc classique" : calicots renforcés, percales, etc., et avait pour consignataire le tissage de Julienrupt, qui produit le linge de maison en métis et en lin.

Les Manufactures de Senones comptent plusieurs filiales : la filature, le tissage et la teinturerie de l'Abbaye et le tissage des Ajols (Vosges) ; la filature, la retorderie et l'usine de confection de Rambervillers (Vosges) ; la filature et le tissage des Enclos (Vosges) ; la filature et le tissage des Longuaux (Reims) ; le tissage des Meules (Vosges) ; le tissage de Julienrupt et l'usine de Géroville (Vosges) ; les tissages de Petite-Raon, des Gouttes et de Saulcy (Vosges) ; la blanchisserie et l'usine de confection de Moyenmoutier (Vosges) ; le tissage de Saint-Laurent et la filature de la Vaxenaire (Vosges) ; les établissements Petitnicolas à Senones ; la blanchisserie de Versailles. Certains de ces établissements louent leur usine aux Manufactures de Senones ; d'autres en sont consignataires généraux.

En 1946, la société se transforme en SARL ; en 1947, elle devient filiale du Comptoir de l'industrie cotonnière. Elle reprend le statut de société anonyme en 1963.


Présentation du contenu :

Entrée 1987 003: dossiers de consultations juridiques (1920-1930) ; documents concernant la production (études et essais de laboratoire, échantillons et modèles de tissus de 1930 à 1975) ; dossier du contentieux entre le groupe Boussac et la BNC sur un contrat de couverture, lors d'un effondrement du marché du coton (1930-1939) ; dossiers sur les filiales (1908-1978).


Entrées 1987 003 et 1994 020 : dossiers de restructuration du groupe textile (1975-1978) ; dossiers relatifs au patrimoine (expertises, estimations, plans et photographies de bâtiments, inventaires de matériel d'usines, dossiers relatifs au matériel de laboratoire, brevets, licences d'exploitation) ; documents concernant l'usine de Zyrardow et le procès qui opposa le groupe Boussac au gouvernement polonais, après la confiscation de l'établissement en 1935 ; dossier de la double fusion qui impliqua en 1947-1948 la SO.CO., les Cotonnières de Fives et d'Héricourt, la Cotonnière du Nord et de l'Est, la filature des Longuaux, les établissements Choquel et la société S.I.PAR.TEX ; archives familiales et personnelles concernant notamment le patrimoine foncier (le dossier de l'hippodrome du Croisé-Laroche) ; dossiers de contentieux ; dossier du procès de Louis Boussac pour dissimulation de bénéfices de guerre (1918-1924) ; dossiers de succession des proches de Marcel Boussac ; dossier du procès de Marcel Boussac concernant les bénéfices de guerre (1921-1922).


Entrée 1994 020 : livres de comptabilité de la plupart des sociétés du groupe depuis leur annexion, et parfois depuis leur création (1892-1978) ; registres du conseil et des assemblées de la Cotonnière de Fives de 1912 à 1939 ; correspondance de la direction avec les filiales de 1927 à 1931 ; dossier du procès qui opposa les Manufactures de Senones à la Blanchisserie et teinturerie de Thaon de 1926 à 1929 ; quelques contrats d'apprentissage et rapports de comité d'entreprise ; quelques documents sur les oeuvres sociales.