Logo des ANMT

Document du mois de décembre 2018

mois précédent    retour           

Construire pour le sport : l’exemple du vélodrome du Croisé-Laroche par l’entreprise Paindavoine.

1987_6_1456_4752_38Projet de couverture par toitures roulantes pour le vélodrome
du Croisé-Laroche (Nord) : plan calque, échelle 1/200,
86 x 80 cm, octobre 1932.
ANMT, Paindavoine Frères, ingénieurs-constructeurs,
1986 006 1456.
                FRANMT_1987_6_1456_4752_38
Pour le dernier document de cette année consacrée aux relations entre le sport et le travail, nous vous proposons de revenir sur le rôle joué par les entreprises de construction dans l’aménagement des installations et équipements sportifs.

Fondée à Lille en 1860, l’entreprise Paindavoine est spécialisée en France et à l’étranger dans les constructions métalliques d’installations industrielles, d’ouvrages d’art, de bâtiments publics, etc. Elle construit aussi dans l’entre-deux-guerres, et après, de nombreuses installations sportives : tribunes, vestiaires, toitures d’hippodromes, stades, piscines municipales ou scolaires, etc. Elle est ainsi sollicitée en octobre 1932 pour le projet de construction d’une toiture roulante métallique sur le vélodrome du Croisé-Laroche (Marcq-en-Barœul, Nord), dont seul ce plan calque subsiste.

En bois et mesurant 250 m, ce vélodrome vient alors d’être construit. Il a été inauguré dès mars 1932 et des courses y ont déjà eu lieu, dont une fatale pour le cycliste Aubert Winsingues, qui décède d’une chute à l’âge de 26 ans le 31 mai 1932. Un toit intégral doit pouvoir mettre à l’abri des intempéries les cyclistes comme les spectateurs.

Plus connu sous le nom de « vélodrome des Trois Villes », cet équipement sportif était situé au carrefour en « Y » du « Grand boulevard », au lieu-dit Le Croisé-Laroche, aux confins de Lille, Roubaix et Tourcoing, dans un quartier que l’urbanisation venait tout juste de gagner. Le « Grand boulevard », ouvert en 1909, avait été pensé initialement comme une « œuvre d’hygiène sociale » à destination d’une population fortement industrielle et en pleine expansion. Même si la bourgeoisie préemptera finalement une partie des espaces, l’aménagement du vélodrome trouve sa cohérence dans le projet originel. Il en constitue ainsi son pendant affecté aux loisirs, dans une région où le vélo est roi, à l’instar de Roubaix qui a déjà son vélodrome depuis la fin du XIXe siècle.

Le vélodrome du Croisé-Laroche ne survit toutefois pas très longtemps : il est détruit en 1940. L’entreprise Paindevoine cessera quant à elle ses activités en 1965.

Le fonds :

Le calque que nous présentons ce mois-ci fait partie d’un ensemble de plus de 15 000 plans établis par l’entreprise Paindavoine SA (Lille) de 1907 à 1965. Constitué essentiellement de dossiers d’affaires, le fonds mesure plus de 170 mètres linéaires.
Il a été confié en 1987 par Jacques Paindavoine, descendant des fondateurs, au Centre des archives du monde du travail de Roubaix, devenu Archives nationales du monde du travail en 2007.
Anciennement dépôt, le fonds a finalement fait l’objet d’un don en 2005.

 
FRANMT_1987_6_1456_4752_31Projet de couverture par toitures roulantes pour le vélodrome du Croisé-Laroche (Nord) : plan calque, échelle 1/200, 86 x 80 cm, octobre 1932.
ANMT, Paindavoine Frères, ingénieurs-constructeurs, 1986 006 1456.

                           FRANMT_1987_6_1456_4752_31