Nom du fonds :

METALEUROP - NORD

Entrées :

2006 002, 2008 004, 2010 010

Niveau de description :

fonds

Fonds rattachés :

sans

Dates extrêmes :

  • 2006 002 : 1914-2002

  • 2008 004 : 1920-2006

  • 2010 010 : 1943-2002

Importances matérielles :

  • 2006 002 : 174,8 m.l. (995 unités documentaires, 956 cartons ARMIC, 24 registres, 12 liasses)

  • 2008 004 : 198,50 m.l. (643 unités documentaires, 297 cartons ARMIC, 211 cartons Cauchard, 102 registres)

  • 2010 010 : 0,40 m.l. (7 unités documentaires, 1 carton ARMIC)

Statut :

fonds privé en déshérence, propriété de l'État.

Modalités d'entrée :

préemption de l'État pour cause de déshérence

Conditions d'accès :

librement communicable et reproductible, sauf mentions précisées sous la cote (25 ans : secrets industriels et commerciaux ; 50 ans : secret Défense, vie privée ; 75 ans : documents judiciaires)

Instruments de recherche :

(Pdf 1275Ko)

2006 002 : bordereau d'entrée Metaleurop Nord

(Pdf 0642Ko)

2008 004 : bordereau d'entrée Metaleurop Nord

(Pdf 0098Ko)

2010 010 : bordereau d'entrée Metaleurop Nord et CFE-CGC du site

Brochure thématique :

Généalogie


Présentation de l’entrée :

Ce fonds est entré aux Archives nationales du monde du travail entre 2006 et 2010. Le fonds, laissé en déshérence sur le site par le syndic-liquidateur et en danger par suite du chantier de démolition, a été préempté par l'État (Archives nationales). En conséquence, il n’y a ni contrat de dépôt, ni lettre de don. Le fonds a été trié et préclassé par l’Association Chœurs de Fondeurs rassemblant quelques salariés (ouvriers, administratifs et ingénieurs) sur le site de Metaleurop Nord. Ce travail a été réalisé sur place en coopération avec les ANMT.


Notice historique :

Metaleurop Nord était une société filiale de Metaleurop SA qui exploitait une fonderie située sur les communes de Noyelles-Godault et de Courcelles-lès-Lens (Pas-de-Calais). Elle a été liquidée en mars 2003 et rasée entre 2003 et 2006 après la liquidation.


L’histoire du site industriel de Noyelles-Godault commence en 1894 quand la Société française de Malfidano, filiale du groupe sarde Malfidano, s’installe sur le commune de Noyelles-Godault (Pas-de-Calais), où les capacités de production minière métallurgique supérieures à celles existantes en Sardaigne permettent d’assurer un développement de la société. Une première fonderie de plomb ouvre en 1914, elle est rachetée en 1920 par la Société minière et métallurgique de Penarroya (Sud de Séville, Espagne) qui souhaite s’étendre hors d’Espagne. Cette implantation à Noyelles-Godault représente une excellente situation géographique : l’acheminement des minerais pouvait se faire par la ligne de chemin de fer nouvellement ouverte Séville-Lille, le charbon sur place était utilisé en grande quantité pour la transformation des minerais importés, le canal de la Haute Deûle permettait aussi le transport par le réseau des canaux et fleuves aboutissant aux grands ports de la Manche et de la Mer du Nord. Durant la Première Guerre mondiale, la fonderie est incendiée et les dommages de guerre permettent la reconstruction des ateliers et installations vers 1921 et en 1924 la tour de plomb de chasse de 60 mètres de haut en profil de minaret.


En 1934, Penarroya décide la construction d’une nouvelle fonderie de plomb avec une cheminée de 102 mètres, autre symbole de l’usine. Son activité commencée en 1936 est malmenée par la Seconde Guerre mondiale qui apporte aussi son lot de dommages.


Les conditions de travail du zinc sont extrêmement dures, en particulier à cause des très hautes températures. Il faut 3 fondeurs pour manier un creuset de 2 mètres et de 60 kilos, sorti rouge du four. La tenue devant le four comporte une « violette » ou morceau de rideau trempé dans l’eau et mis sur le visage, tandis que le sac porté sur les épaules est refroidi par projections de seaux d’eau. Les ouvriers, spécialisés dans cette tâche épuisante, travaillent très vite et le plus souvent de 5 à 9 heures du matin. Vers 1936, la fonderie requiert un demi-millier de personnes que le patronat va chercher dans les usines de Mégrine en Tunisie et du Laurium en Grèce, faisant partie du réseau Penarroya. Ces travailleurs immigrés restent alors sur place.


En 1958, Penarroya acquiert la licence d’exploitation du brevet anglais Imperial Smelting Process (I.S.P.) encore en début d’industrialisation en Angleterre : cette nouvelle technologie de production de zinc, toujours par pyrométallurgie, apporte des améliorations sur tous les aspects : productivité, conditions de travail, niveau de production beaucoup plus élevé, mais au prix d’efforts considérables pendant de nombreuses années à partir de son démarrage le 15 mai 1962. Cette nouvelle fonderie de zinc est implantée sur la commune de Courcelles-les-Lens à la limite de Noyelles-Godault.


Grâce aux efforts continus de recherche minière et de recherche métallurgique, Penarroya découvre, au début des années 70, la mine de St Salvy Noaillac dans le Tarn avec son minerai 40 fois plus riche en germanium que le minerai moyen entrant alors à Noyelles alors qu’un procédé de production de germanium breveté par la suite est mis au point à Noyelles-Godault et au Centre de Recherches de Trappes. Avec le démarrage de production d’oxyde de Germanium le 30/09/76, c’est une nouvelle diversification qui voit le jour à Noyelles et qui permet au site industriel d’être le 1er producteur mondial pour cet élément moins connu que le plomb et le zinc dans le tableau de Mendeleïev. Avec la production d’indium, autre métal spécial en 1982, Noyelles-Godault se diversifie dans l’hydrométallurgie (métallurgie par réactions chimiques dans l’eau) et dans les technologies de pointe correspondantes.


En 1988, suite à la fusion de Penarroya et de la branche « Non ferreux » du groupe allemand Preussag, Metaleurop voit le jour après de nombreuses discussions pour tenter de créer un grand groupe européen de production de métaux non ferreux autour du plomb, du zinc et des métaux connexes.


1994 voit la filialisation du site industriel sous le nom de Metaleurop Nord, peu de temps après les tragiques accidents industriels, en particulier celui du 16 juillet 1993 qui fit 10 morts et un blessé grave au Raffinage du zinc.


La liquidation début 2003 de l’usine Metaleurop Nord, première usine de fonderie de plomb et de zinc d’Europe, installée à Noyelles-Godault (Pas-de-Calais), représente l’arrêt d’une production plus que centenaire, conduit à un conflit social majeur des salariés brutalement mis au chômage et amène, dans une ville qui a déjà connu la fin de l’industrie charbonnière régionale, une crise économique considérable.


Pour cette usine qui ne voulait pas mourir, le Centre des archives du monde du travail (CAMT, devenu depuis le 1er janvier 2007 un service à compétence nationale dénommé Archives nationales du monde du travail, ANMT) décide en 2005 avec le repreneur, la Société SITA (du groupe Suez), spécialisée dans le retraitement des déchets industriels, de participer à un programme original de sauvetage d’archives encore sur le site en cours de reconversion. Ce fonds d’archives, laissé en déshérence sur le site par le syndic-liquidateur et en danger par suite du chantier de démolition, a été préempté par l'État. En conséquence, il n’y a ni contrat de dépôt, ni lettre de don.


La préparation du fonds s’est faite sur le site même de l’usine. Une équipe s’est constituée avec le soutien scientifique des Archives nationales, associant les ex-salariés de Metaleurop Nord en reconversion, l’Association Chœurs de fondeurs veillant sur les intérêts des ex-salariés, le repreneur SITA et les anciens cadres de l’entreprise. Les archives techniques de production des laboratoires et bureaux d’études, les dossiers de personnels, la comptabilité ont été triés sur place et classés, aboutissant à la sélection, à la rédaction d’un bordereau d’entrée et à la conservation des archives historiques aux Archives nationales à Roubaix.


Présentation du contenu :

Ce fonds concerne les archives de Metaleurop Nord (la comptabilité, le personnel, le service technique, les dossiers de liquidation) et un résidu d'archives du local CFE-CGC du site (cote 2010 010 001).