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Projet de l'architecte Massimiliano Fuksas

La masse d’archives à conserver, l’ampleur des surfaces, la diversité des paysages environnants ont constitué autant de défis pour les architectes appelés à concourir. Massimiliano Fuksas a bâti son projet sur une analyse de la géographie des lieux et des différentes échelles du site, à la recherche d’un dialogue avec la ville environnante. Le bâtiment est organisé en deux parties. A l’est, un bâtiment « bien ancré au sol, imposant, réfléchissant et précieux » héberge les magasins d’archives et la grande salle de lecture. Haut de Haut de 38 mètres, long de 160, il est habillé d’une peau en aluminium avec une trame en losange au niveau de la salle de lecture et des circulations.
À l’ouest, des volumes légers et transparents, suspendus, contiennent les espaces d’accueil et les bureaux. L’ensemble de ces volumes se multiplie dans un jeu de réflexion sur la façade en aluminium du bâtiment d’archives ainsi que sur les bassins d’eau.

L''architecte Massimiliano Fuksas
Architecte italien diplômé de l’université de Rome La Sapienza, Grand prix national d’architecture 1999. Commandeur dans l’ordre des Arts et des lettres en 2000. Directeur de la 7e Biennale d’architecture de Venise en 2000.
L’équipe de maîtrise d'œuvre est composée de Massimiliano Fuksas Architecture (architecte), Florence Mercier (paysagiste) ; BETOM (Bureau d'étude technique – économiste) ; ALTIA (acousticien).
www.fuksas.it

Quelques réalisations :
- La Maison des arts de Bordeaux (1995)
- Les tours jumelles de Vienne, en Autriche (1996)
- Le Centre de développement  Ferrari à Maranello, en Italie (2004)
- Les Zénith de Strsbourg et d'Amiens (2008)
- Le Centre Pereas pour la Paix à Tel Aviv, en Israël (2009)

Mai 2005 – concours d’architecture – texte de Massimiliano Fuksas
Le site des Tartres est un lieu de frontière, dans lequel différentes réalités se frôlent, chacune porteuse de ses propres échelles, caractéristiques et contraintes. La cohérence du projet dépendra de sa façon de concilier les différentes échelles identifiées. Ces zones périurbaines ont une âme, une culture et une expression qui n’appartiennent qu’à elles. Une âme aux marges de la ville, une âme née d’une culture qui voit coexister surtout des jeunes et des anciens, contrairement au centre-ville où vit désormais une population qui a entre trente et cinquante ans, généralement sans enfant. La ville d’aujourd’hui expulse les enfants et les plus âgés! Les banlieues abritent donc les enfants et les plus âgés ! le futur et la mémoire, raison pour laquelle elles sont plus vivantes, plus fortes que les centres-villes. Mais le problème est beaucoup plus crucial : ces espaces n’ont plus d’identité. Nous détruisons le monde non seulement en abattant les arbres mais aussi en oubliant de préserver l’identité de notre territoire. On peut partir de là pour travailler : la géographie des lieux.
La réponse du projet dans ce cas ne peut pas être de l’ordre du «design» ou du «maquillage» urbain. L’étude de son fonctionnement, le positionnement de ses accès, son orientation urbaine, sa lisibilité morphologique sont des enjeux importants afin que cet équipement ne soit pas conçu comme un énième élément isolé et introverti qui se juxtapose ou s’ajoute à la ville, mais qu’il devienne un véritable « générateur d’urbanité ». Redonner à l’architecture son rôle et sa fonction d’origine, être à la fois le produit représentatif et l’accompagnement fonctionnel de l’activité humaine (fonction éthique). Dans nos divers travaux d’architecture et d’urbanisme la préoccupation majeure est de percevoir et de concevoir le territoire comme un lieu cherchant à être doté de son identité spécifique ainsi que de révéler au Lieu sa géographie.
Ainsi tous nos projets sont-ils conçus comme des entités vivantes qui viennent s’insérer dans l’organisme que représente la nature ou la ville.
Cette démarche oblige l’investigation du contexte et permet l’intégration du projet dans le paysage sans tomber dans l’excès stérile. Dans la continuité de cette position se situe notre volonté de redonner à l’Architecture un impact humain se situant dans la réalité du présent. L’éthique remplace l’utopie. La première chose à faire est donc de fabriquer un paysage, une géographie. Géographie comme identité d’un lieu physique. Mais, au-delà de la réalité, au-delà des contraintes, il faut doter un projet d’une dimension poétique. Une architecture capable de créer des émotions…
La présence du rêve aussi est importante. Mais dans quelle mesure peut-on faire rêver les gens ? Peut-être en leur racontant des histoires, en employant des images : la figuration n’est peut-être pas le moyen le plus efficace de parler aux gens. La société, comme la ville, sont faites de conflits. Autant en prendre acte et travailler avec les matériaux qui sont à notre disposition.
Qu’il s’agisse de périphérie ou de centre-ville, le lieu, le contexte est extrêmement important. De même, comprendre les habitudes et tout ce que les gens aiment dans la ville est important. La ville, donc, dans toute sa complexité, avec ses tensions, ses contradictions, son histoire… Sans oublier la nature, le ciel, le vent… Les étoiles.

[Extrait de la notice du concours de M. Fuksas]

Croquis de M. Fuksas