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Le projet architectural

Le bâtiment des Archives nationales en mai 2012 Photo Gilles Raynaldy
Photo Gilles Raynaldy - mai 2012

L’organisation fonctionnelle et volumétrique
La construction est constituée de deux types de bâtiments distincts.

Le premier, imposant, massif, semble tourner le dos à la zone des Tartres. Ce bâtiment, classé Immeuble de Grande Hauteur, est dédié à la conservation et comporte 220 magasins d'archives répartis sur onze niveaux, permettant ainsi de recevoir les 320 km de rayonnages d’archives programmés ainsi qu'une salle de lecture au rez-de-chaussée.

Le second bâtiment, léger, en transparence, comme suspendu, renferme les bureaux professionnels liés à l’activité des archives, les locaux administratifs, les espaces de conférences, l’accueil du public. Il est tourné du côté de la ville, vers la rue Émile Zola et la zone pavillonnaire.

L’ensemble est nommé « satellites » et est composé de plusieurs entités :
- au rez-de-chaussée, quatre volumes aux proportions variables se succèdent, reliés par des passerelles. Ils ont tous une même hauteur de cinq mètres. Cette hauteur répond aux besoins qu’impliquent les espaces d’accueil, la salle d’exposition, de conférence, de repos et divers espaces dédiés au public.
- - au R+2, R+4 et R+5 , des volumes à géométries variées se superposent à ceux du rez-de-chaussée.
Ces satellites, à tous niveaux, sont répartis le long du bâtiment de conservation mis en communication par d’autres passerelles.

Les matériaux
Les façades du monolithe sont pensées comme une peau recouvrant l’ensemble de son volume. Cette peau d’aluminium (finition anodisée, brillant naturel) et de verre sera largement opaque. Certaines zones sont vitrées afin de permettre l’apport de la lumière du jour dans la salle de lecture, dans les deux grandes failles qui rythment le parcours à l’intérieur de ce monolithe, ainsi que certains locaux situés au rez-de-chaussée et au R+1.

Les façades des « satellites » sont en opposition largement vitrées, excepté le bâtiment de livraison (rez-de-chaussée, au nord) traité par bardage en aluminium anodisé naturel.

Les menuiseries aluminium des façades vitrées sont de teinte gris aluminium. Aux étages, la structure porteuse constituée d’une poutre treillis dite en « losanges » est en avant de la façade sur tout le pourtour des bâtiments. Des passerelles relient les satellites et l’IGH sont totalement vitrées. Elles sont totalement vitrées au niveau rez-de-chaussée de même que celles reliant les bâtiments satellites du R+2. Aux étages, vers l’IGH, elles sont majoritairement opaques, de même nature que les losanges de l'IGH.

La sous-face des satellites et de l’ensemble des passerelles est traitée par des lames métalliques de couleur grise aluminium. Les couvertures des satellites sont traitées avec des gravillons de couleur claire.

Des escaliers extérieurs à usage exclusif d’issue d’évacuation (uniquement depuis le niveau R+2 des satellites) sont réalisés entièrement en acier finition galvanisé (structure, garde-corps, marches). La façade du bâtiment IGH remonte bien au-dessus du niveau de sa terrasse afin de dissimuler les équipements techniques et les édicules divers.

Un bâtiment doté d’une bonne inertielimitant le recours aux systèmes de climatisation
Dès le début de la programmation du centre des Archives nationales de Pierrefittesur-Seine, une attention particulière a été portée aux logiques de développement durable. L’accent a été mis sur la conception d’un bâtiment doté d’une forte inertie thermique, afin de minimiser le recours aux systèmes techniques de traitement d’air pour assurer la stabilisation des ambiances, avec un recours faible aux puissances de froid et chaud installées.

Le bâtiment des magasins de conservation, en béton avec isolant thermique extérieur, répond à ces attentes. Les performances du bâtiment de conservation le placent dans le groupe des bâtiments de conservation les moins énergivores.

Les satellites qui abritent l’essentiel des fonctions tertiaires, sont pour leur part dotés d’un triple dispositif de protection solaire (vitrage à très faible facteur solaire, brise-soleil intégrés à la façade, stores extérieurs) et d’ouvrants.

Au cours de la construction, une attention particulière a été portée à la qualité des matériaux et des techniques constructives concourant au respect de ces performances et cela en concertation avec l'entreprise titulaire du marché travaux.

Les aménagements extérieurs
Le projet de Florence Mercier, paysagiste, apporte l'écrin végétal au bâtiment de verre et de métal, agrémenté de bassins d'eau en pied des satellites et de l’IGH. Ces bassins d’agrément sont de faible profondeur. Les bordures sont en béton de couleur contrastée par rapport au traitement du sol extérieur et du fond foncé des bassins. Elles permettent d’appréhender facilement les limites puisque aucun élément périphérique ne vient les clôturer. Ces bassins prennent place entre le bâtiment IGH et les satellites d’une part, et en pied des façades (principalement ouest) des satellites d’autre part. Deux artistes du 1 % exposent à l'extérieur du bâtiment : Une œuvre de Pascal Convert est retenu pour les chemins accessibles au public.
Le visiteur découvrira une multitude de dalles de verre lumineuses encastrées dans le sol. Les visages en bas-reliefs moulés dans le verre, aux contours tantôt flous tantôt nets, dessinent un chemin semblable à un jeu de piste. Une sculpture d'Antony Gormley, rotation aléatoire de polygones, est retenue pour le bassin situé entre le hall et l'espace de lecture. La transparence de l'œuvre, sa perspective creusée, crée un nuage qui se réplique dans l'eau, et une vue encadrée du paysage.