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Il en faut de la place pour garder le temps


vidéo : © Forum des Images 2009

Il en faut de la place pour garder le temps

J'en n’avais jamais entendu parler.
Pour moi la mémoire collective, c'était les expos et les jours fériés,
C'était le Louvre, le musée de l'Homme et le samedi soir l'Arc de Triomphe,
C'était aussi les cours d'histoire et la moitié de la classe qui ronfle.

Alors ça a beau être grand, ça a beau être symbolique,
c'est compliqué de s'identifier aux icônes de la République,
et puis même si ce sont de grands hommes qui dessinent une nation,
pour la construire on aura toujours besoin de juristes, de boulangers ou de maçons.

C'est là, la différence entre un musée et les Archives nationales,
décider que l'Histoire est importante jusque dans ses moindres détails,
Soigner avec la même tendresse une lettre d'amour,
et les rapports de Napoléon, Imaginer une vie changer dans une demande de naturalisation.

Mais il en faut de la place pour garder le temps,
et 200 ans de détails, ça n' a pas l'air, mais c'est imposant,
alors aujourd'hui le sentiment qui domine c'est la fierté,
au moment de construire, la nouvelle armoire du passé.

Si il fallait raconter le 93... ça prendrait du temps.
Et aussi pas mal de statistiques, pas très glorieuses évidemment,
Parce qu'un département né sur les cendres d'une Révolution,
ça fait des enfants turbulents souvent victimes d'hypertension,

Ça crée aussi des hommes qui survivront aux bidonvilles,
des ouvriers aux doigts calleux, aux rides profondes, indélébiles,
Et puis des journalistes, des commerçants, des artistes, des avocats,
C'est peut-être un petit peu prétentieux mais, y a que chez nous qu'on trouve tout ça.

Alors merci, Merci de rendre hommage à notre Histoire,
De faire de la connaissance, bien plus qu'un droit, un devoir,
Par chez nous, ça manque souvent d'attaches, de racines,
Merci, de venir combler les blancs de nos origines.

Avec ce bâtiment, vous faites de la Seine Saint-Denis un écrin,
Sacré responsabilité, mais on en prendra soin,
Parce qu'en protégeant son passé on en devient fier,
Et qu'imaginer demain c'est plus facile, quand on a fait la paix avec hier.

Merci, enfin, de nous rappeler que ce terrain a eu une vie avant,
Et que d'ici à Pantin, pour alimenter Paris, il y avait du blé, il y avait des champs,
c'est pas seulement un terrain vague, des hommes ont cultivé ici,
et maintenant que le corps est rassasié, on va nourrir l'esprit.

Ami Karim