du 13 septembre au 11 décembre 2006
Anne Cindric : détournements de fonds publics
L’exposition permet de découvrir quelques-uns des documents les plus extraordinaires des Archives nationales, dignes des fantasmes les plus fous d’Alexandre Dumas. Mais cette fois-ci, l’entrée dans cette véritable "caverne d’AliBaba" se fait avec de nouvelles clefs. Accompagnée d’une brève notice historique ainsi que d’une « légende », éclairante et poétique, conçue par l’écrivain Marianne Costa, chaque document est relié à une œuvre de la plasticienne Anne Cindric, nourrie de son passage par l’appareil d’Etat et profondément inspirée par notre histoire nationale. Confrontation et dialogue, ce sera Anne Cindric versus Archives nationales et baiser amoureux du Prince Charmant sur les lèvres de la Belle au Bois Dormant.
Il s’agit de digérer notre patrimoine, de se familiariser avec le pouvoir, de galoper comme un gamin dans les corridors de notre histoire, transporté dans un horrifique mais merveilleux conte de fées. Anne Cindric pioche allégrement dans notre « Yourte nationale », détournant productions étatiques, mêlant le sang aux pourpres officielles, le barbare au civilisé, l’organique à l’organisé, le gore au précieux. Alors que les repères des identités nationales apparaissent brouillés, un regard décalé et familier est posé sans moralisme sur ce qui constitue une nation, avec tout ce que cela peut représenter de tragique, de dérisoire et de sublime. Pour que l’alchimie de "l’appropriation" opère, l’exposition s’articule autour de trois thèmes. Talismans de l’identité nationale française : l’exception culturelle française est reliée à la règle, l’écrit, la politesse et l’élégance. L’envers du décor, c’est le poids de l’étiquette, la dictature de la norme, la cascade des mépris et le règne du monopole. Totems du pouvoir : il s’agit de redonner un corps au pouvoir, perçu comme froid et désincarné. Sans jugement de valeur, la Raison d’Etat côtoie l’Etat de Droit, ses fastes, le "côté obscur de la force". Affaires de famille : l’histoire de France apparaît comme une merveilleuse famille universelle, où se trament drames et réconciliations : mariage, héritage, parricide, inceste, jalousie… En fin de parcours, chacun aura fait le tour du propriétaire et peut-être, l’Etat ce sera Nous !
Du 9 mai au 7 août 2006
France-Bavière : allers-retours, 1000 ans de relations franco-bavaroises
Aucun territoire allemand du saint Empire romain germanique ne fut un allié aussi indéfectible du royaume de France que la Bavière. La nature particulière de ce lien eut d’abord des raisons politiques, puisque la Bavière voyait en la France un contrepoids puissant à son ambitieux voisin autrichien. C’est cet équilibre que vint rompre l’aventure napoléonienne. Ce que le politique avait édifié sous l’Ancien Régime, la religion, la culture et l’économie le renforcèrent et le relayèrent jusqu’à la période contemporaine. Ce sont ces allers et retours permanents et à double sens entre la France et la Bavière que cette exposition a l’ambition d’illustrer à travers près de 200 documents originaux et objets d’exception choisis tant dans les collections allemandes (Bayerisches Nationalmuseum, Bayerische Verwaltung der staatlichen Schlösser, Gärten und Seen/Residenz München, Bayerische Staatsbibliothek, Staatliche Graphische Sammlung, etc.), que françaises (Archives nationales, archives du Quai d’Orsay, archives du ministère de la Défense, Bibliothèque nationale de France, musée du Louvre, musée national du château de Versailles, musée d’Orsay, etc).
Octobre 2005 à janvier 2006
Paris 1730, d'après le plan de Turgot
En 1734, Michel Etienne Turgot, alors prévôt des marchands, décide pour promouvoir l’image de Paris auprès des élites (parisiennes, provinciales et étrangères) de faire réaliser un nouveau plan de la capitale. Son objectif est de donner une représentation théâtrale de la Ville, plutôt que de publier un nouveau plan, scientifiquement fondé. Turgot aime son sujet ; il est convaincu comme beaucoup de ses contemporains que Paris est la plus belle capitale du monde et il cherche dans une opération de propagande à conforter cette suprématie.
Du 23 juin au 28 novembre 2005
La part visible des camps, Photographies du camp de concentration de Mauthausen (1938-1945)
À l’occasion de la commémoration du soixantième anniversaire de la libération des camps de concentration, le site de paris des Archives nationales a souhaité s’associer à l’initiative des amicales française et espagnole des anciens déportés du camp de concentration de Mauthausen en accueillant une exposition de photographies consacrée au camp de concentration de Mauthausen et à ses "kommandos". Cette exposition révèle au grand public, pour la première fois en France depuis 1945, un corpus de photographies exceptionnel dans l’histoire de la déportation et du système concentrationnaire nazi. Prises par l’administration SS du camp et sauvegardées grâce à l’action de détenus, les quelque 800 photographies présentées constituent en effet un témoignage unique et d’une très grande valeur sur l’histoire et le fonctionnement d’un des camps les plus emblématiques de la répression nazie. Elles permettent aussi d’appréhender, à travers les visages des déportés, les conditions inhumaines de leur quotidien ainsi que les humiliations et les violences dont ils ont été les premières victimes. Conçue comme une œuvre de mémoire, l’exposition des amicales française et espagnole de Mauthausen apporte aussi un éclairage nouveau sur l’histoire du camp de concentration de Mauthausen et son réseau concentrationnaire en réunissant plusieurs collections conservées tant en France - le CHAN est dépositaire du fonds de l’Amicale nationale des déportés, familles et amis de Mauthausen et ses "kommandos" depuis le 22 juin 2001, qu’en Espagne et en Autriche.
Du 16 juin au 31 août 2005
Cinq projets architecturaux pour un nouveau site des Archives nationales
Le 9 mai 2004, le Président de la République annonçait la décision de construire un nouveau centre pour les Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine, (Seine-Saint-Denis) consacrant ainsi l'engagement de l'État en faveur du patrimoine, de la mémoire, de l'histoire de la nation. Le nouveau bâtiment, d'une capacité de 320 kilomètres linéaires, est destiné à collecter et à conserver les archives des administrations centrales de l'État depuis 1790 et pour les trente ans à venir, mais aussi à communiquer sur ce fonds exceptionnel. Il vient s'ajouter aux centres de Paris et de Fontainebleau, qui, loin de disparaître, évolueront en lien avec ce nouveau projet. L'horizon temporel qui s'ouvre devant nous à Pierrefitte est de 30 ans. Cela peut sembler court au regard de l'âge des archives conservées, les plus anciennes remontent aux Mérovingiens (VIIe siècle). Mais c'est tout de même une durée qui situe l'enjeu de prospective lié à la réalisation de ce nouveau site. La diversité des solutions proposées lors du concours d'architecture du nouveau site des Archives nationales est fidèle à cette belle définition de Jean Favier, historien et directeur général des Archives de France jusqu'en 1994 : "Le bâtiment d'archives est le lieu où s'actualise l'histoire à l'horizon des hommes".
du 9 mars au 6 juin 2005
Napoléon(s): de la propagande à la légende (2e choix de 100 documents)
du 25 novembre 2004 au 28 février 2005
Napoléon(s): de la propagande à la légende (1er choix de 100 documents)
Certains mythes historiques sont le produit de la propagande : c’est le cas de la légende napoléonienne que son héros lui-même s’est chargé de dessiner et d’imposer à ses contemporains comme à la postérité. L’immense répercussion du mythe qu’il a forgé est à compter au rang des plus grands succès de la carrière de Napoléon Bonaparte. Il n’a pas inventé le culte de la personnalité, ni la plupart des moyens de propagande dont il s’est servi, mais les a le premier utilisés de manière consciente et systématique pour agir sur l’opinion publique, afin d’affermir son pouvoir et de modeler son image posthume, ne reculant pas au besoin devant la falsification…
La postérité se contentera de faire des variations, sur chacun des thèmes fournis par Napoléon sans en inventer de nouveaux, comme si l’habile manipulateur d’hommes avait su satisfaire à l’avance tous les appétits de gloire, toutes les nostalgies patriotiques, tous les rêves épiques, tous les intérêts politiques. L’héritier de la Révolution, l’homme providentiel, le maître du monde, le petit caporal, le christ à Sainte-Hélène, tel s’est voulu Napoléon, offrant ainsi un étendard aux courants politiques les plus divers (des Républicains à la droite extrême), une source d’inspiration aux artistes, un modèle aux autocrates des siècles suivants, un argument de vente aux fabricants ou, à l’opposé, une figure de croquemitaine cumulant des haines aussi acharnées que les admirations. Ainsi verra-t-on en lui l’incarnation de « l’énergie », de « l’ordre », du "peuple", du "génie français", de " l’âme du monde", du "condottiere", de l’ "Antéchrist", un "Néron corse", "un composé de vices et de méchancetés" etc. Les ambiguïtés et les contradictions de ces images s’expliquent par le pragmatisme (pour ne pas dire le cynisme) de Napoléon : son action est toute commandée par les circonstances et non par des idées ou un système. Les circonstances l’inciteront à mettre en avant telle ou telle facette de son personnage, à adopter telle ou telle posture (et de la posture,on glisse facilement à l’imposture), composant un répertoire inlassablement repris, avec souffle ou sur le mode du radotage, par les thuriféraires de celui qui a fini par apparaître comme le paradigme même du Grand Homme.
Le musée évoquera la légende à l’aide d’une centaine de documents originaux, pièces d’archives, œuvres d’art, objets, luxueux ou dérisoires. Bien plus qu’une célébration commémorative autour de la figure impériale, il s’agit d’offrir au public une préfiguration des salles du futur musée qui seront consacrées aux mythes fondateurs de notre mémoire commune. Notre ambition est de présenter autrement les sources de l’histoire : exposition expérimentale, de laquelle on tirera, en questionnant le public, des enseignements pour les thèmes et la muséographie du futur musée.
Du 31 mars au 27 septembre 2004
Le musée sort de sa réserve
Conçu par Léon de Laborde, directeur général des archives de l’Empire, le musée de l’Histoire de France ouvrit ses portes en 1867. Plus d’un millier de documents originaux, considérés comme les plus significatifs du passé national et tirés des fonds des archives y étaient exposés selon un ordre strictement chronologique, des Mérovingiens à la Révolution française. Plusieurs réaménagements affectèrent le musée jusqu’à la fin du XXe siècle : tous eurent pour conséquence la réduction significative du nombre de pièces, certains permirent l’introduction de documents plus récents. En 1995, il fut décidé de vider complètement les espaces du musée, pour des raisons d’ordre tant scientifique (les documents trop longtemps exposés en souffraient) qu’esthétique (la présentation muséographique, vieillie, ne répondait plus aux attentes du public). La direction des Archives de France et les Archives nationales site de paris ont fait de la renaissance du musée une priorité. Un projet scientifique et culturel a été élaboré pour définir un nouveau parcours permanent qui sera mis en place à partir de 2006. Dès le mois d’avril 2004, les principales orientations de ce projet ont été présentées dans l’hôtel de Rohan, à l’appui d’une centaine de documents et d’objets originaux. Ces trésors de l’histoire de France, dont le public était privé depuis des années, sortent enfin des réserves du Musée.
du 4 février au 3 mai 2004
Papiers de Chine
Dans le cadre de l’année de la Chine en France d’octobre 2003 à juillet 2004, les Archives nationales présente un choix de documents originaux.
Du 4 février au 3 mai 2004
Hôtel de Rohan (Cabinet des Singes)
Ancien oratoire des cardinaux de Rohan, le cabinet des Singes est l’œuvre, entre 1749 et 1752, du peintre ornemaniste Christophe Huet, passé maître dans l’art de ces décors d’inspiration chinoise. Au bas de scènes champêtres et galantes, s’ébrouent des singes facétieux, tandis qu’insectes, oiseaux et rinceaux fleuris ornent à la façon des grotesques de l’Antiquité puis de la Renaissance le registre inférieur des panneaux. Dans cet écrin, seront présentés des documents des 18e, 19e et 20e siècles (photographies, médailles, timbres, traités, aquarelles, plans) des Archives nationales, illustrant les relations entre la France et la Chine et mettant en évidence la réelle fascination qu’elle exerce depuis des siècles sur les Français.
du 3 avril au 22 juin 2003
1945, Regards et Écrits sur la guerre
War Story : Mikael Levin Allemagne, avril-mai 1945 : Buchenwald, Leipzig, Dachau, Itter : Eric Schwab (AFP)
En 1945, Meyer Levin (Etats-Unis, 1905-Israël, 1981), écrivain et correspondant de guerre américain, suit les troupes de son pays à travers l’Europe. Sa mission est de retrouver les vestiges des communautés juives. Il partage sa jeep avec un photographe français, Éric Schwab, correspondant de guerre pour l’AFP et qui a reçu l’accréditation de l’armée américaine. La quête de ce dernier est aussi personnelle. Il recherche sa mère, déportée en 1943 qu’il retrouvera au camp de Theresienstadt. Dans son autobiographie, In Search, publiée en France, Meyer Levin raconte ces longs mois passés entre Paris et Prague : la bataille des Ardennes et l’ouverture des camps de concentration y côtoient les signes avant-coureurs de la guerre froide. En 1995, le fils de Meyer, le photographe Mikael Levin part sur les traces de son père et refait son voyage. Il photographie ce qui reste des camps, la mémoire des atrocités, l’état de l’Europe aujourd’hui, comparant sans cesse son expérience personnelle à celle, antérieure de cinquante ans, de Meyer. Au regard contemporain de Mikael Levin répondent des témoignages d’époque sur le "périple" de Meyer Levin et d’Eric Schwab au moment de l’ouverture des camps d’Allemagne en avril-mai 1945. Viennent en premier lieu les photographies d’Éric Schwab, toujours pudiques et respectueuses, puis des documents d’archives extraits des fonds des Archives nationales et en relation directe avec les lieux et les événements.
Du 26 février au 26 mai 2003
Abd el-Kader, l'homme et sa légende
Abd el-Kader (1808-1883) est pour certains un exemple, pour d'autres un héros, voire un saint. L'abondance des témoignages contemporains et des études historiques dessinent une figure d'exception aux dimensions mythiques ou mystiques derrière laquelle il est parfois difficile de distinguer l'homme dans sa complexité et ses ambiguïtés. Du vivant de l'émir déjà se mettent en place tous les éléments de sa légende (chevalier de l'Orient, père de la nation algérienne, politique visionnaire), voire de son hagiographie (élu de Dieu, guide spirituel, promoteur de l'œcuménisme) et ce n'est pas le moindre des paradoxes de constater que les images d'Épinal et les clichés littéraires promis à un long avenir apparaissent d'abord dans le camp du colonisateur français. Le musée souhaite montrer comment, au-delà d'un destin historique d'exception, la geste d'Abdel-Kader fascine encore aujourd'hui sur les deux rives de la Méditerranée, comment elle surgit, qui la diffuse, l'entretient, l'enrichit et quels quiproquos elle peut générer. À l'heure de bouleversements profonds dans le rapport séculaire entre Islam et Chrétienté, ou, si l'on préfère, entre Orient et Occident, le destin de l'émir peut-il indiquer la voie d'un dialogue, ou, loin de toute exemplarité, ne nous renseigne-t-il que sur la capacité des hommes à se forger des héros ?
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