expositions passées

site de Pierrefitte-sur-Seine

du 21 janvier - mi avril 2013
Archives sur tout, archives sur rien

du 12 décembre 2012 au 11 février 2013
La Lituanie dans les cartes du XVe au XVIIIe siècle

Exposition du 17 octobre 2012 au 14 janvier 2013
La demeure médiévale à Paris

Exposition du 3 octobre au 26 novembre 2012
Sauvez les enfants, 1938-1945

Du 4 juillet au 17 septembre 2012
Esprit (s) des lieux Du Trocadéro au palais de Chaillot

Du 13 avril au 16 juillet 2012
Des minutes qui font l'histoire, cinq siècles d'archives notariales à Paris

Du 31 mai au 2 juillet 2012
" Mémoires sensibles !"

Du 4 avril au 12 juin 2012
Exposition Benoit Grimbert. Stains - Pierrefitte-sur-Seine - Saint-Denis

Du 28 septembre au 23 janvier 2012
Fichés ? Photographie et identification du Second Empire aux années 60

Du 15 juin au 29 août 2011
Georges Pompidou 1911 - 2011

Fontainebleau - 18 septembre 2010 au 15 juin 2011
Représenter le territoire

Du 2 mars- 23 mai 2011
L'affaire des Templiers

Du 19 janvier au 24 avril 2011
Dans l'atelier des Menus Plaisirs du roi. Spectacles, fêtes et cérémonies aux XVIIe et XVIIIe siècles

Du 5 novembre au 13 décembre 2010
"Le roi est mort ! Vive le roi ! " 1610 : autour de l'assassinat d'Henri IV

Du 17 juin au 20 septembre 2010
L'Élan du 18 juin

Du 31 mars au 28 juin 2010
"Exotiques expositions...; Les expositions universelles et les cultures extraeuropéennes. France, 1855 - 1937"

Du 18 novembre 2009 au 15 février 2010
La Révolution à la poursuite du crime

Du 19 novembre 2008 au 15 juin 2009
Mémoire d'avenir 1808 - 2008
Filles de la Révolution française, les Archives nationales conservent les papiers des différents gouvernements qui se sont succédés, du VIIe siècle après Jésus-Christ jusqu'à aujourd'hui. À la pratique du secret d'État, en vigueur sous l'Ancien Régime, a succédé depuis 1794 la publicité des archives de l'État français, principe garant de tout régime démocratique. En 2008, les Archives nationales célèbrent les deux cents ans de leur installation par Napoléon, au coeur de Paris, dans les bâtiments princiers qui les abritent encore, et s'apprêtent à édifier un nouveau bâtiment à Pierrefitte-sur-Seine. Celui-ci conservera et communiquera sur place l'ensemble des archives produites par les organes centraux de l'État, de 1790 à nos jours, les archives antérieures à la Révolution restant sur le site du Marais. La concomitance de cet anniversaire et de cette naissance est l'occasion pour les Archives nationales de présenter au public une exposition exceptionnelle de 250 pièces originales, pour la plupart jamais encore montrées. Il s'agit, en une scénographie contemporaine enrichie de nombreux audiovisuels, de raconter l'histoire de cette prestigieuse institution, de préciser son rôle, de faire connaître ses trésors, ses lieux et ses savoir-faire entre haute tradition et vertige technologique. Qui parmi nos concitoyens sait qu'il possède le droit, reconnu par une des lois les plus libérales en la matière, de consulter aux Archives nationales des documents aussi mythiques qu'un papyrus du bon roi Dagobert, que la dernière lettre de Marie-Antoinette, que la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, que le testament de Napoléon ou la constitution de la Ve République ? Ce sont quelques-unes de ces pièces qui seront mises sous les yeux du visiteur, fût-il en herbe, sans qu'il soit besoin pour cela d'être historien ou spécialiste. Le propos de cette exposition est donc d'ouvrir les portes, d'ouvrir les cartons, d'ouvrir les esprits, de combattre une certaine invisibilité et parfois même une certaine méconnaissance ou crainte du public. Non seulement révéler l'envers du décor d'une maison séculaire, mais expliquer au citoyen en quoi elle assume une des fonctions essentielles de l'État. Il ne s'agit pas moins que de dépoussiérer l'image des archives, de faire prendre conscience de leur rôle irremplaçable pour l'écriture de l'histoire, mais aussi de préciser les enjeux de pouvoir et de démocratie qui se profilent derrière leur collecte, leur préservation et leur communication. Car les archives ne servent pas qu'à écrire l'histoire : elles peuvent et doivent faire l'objet d'une appropriation individuelle et collective, tout autant émotionnelle que rationnelle.

du 3 février 2008 au 22 septembre 2008
Florilège. 30 documents qui ont fait la France
« C’est grain par grain que l’on goûte le passé » (Marcel Proust)

Conserver, communiquer, valoriser les collections : c’est à cette triple exigence, inscrite au cœur de tout service d’archives, que répondait, il y a 140 ans déjà, l’inauguration concomitante des "Grands dépôts" des Archives nationales et de leur "musée de l’Histoire de France". Conçu par Léon de Laborde, ce musée des Archives ouvrit ses portes en 1867 dans les salons rocaille d’un des plus beaux hôtels particuliers du Marais, l’hôtel de Soubise. Il avait pour but de présenter au public, à cette « foule intelligente, avide de connaître toutes choses » qu’évoque le marquis de Laborde, une sélection rigoureuse de pièces exceptionnelles, racontant l’histoire de France selon un ordre strictement chronologique, des Mérovingiens jusqu’à Napoléon Ier. L’ensemble de ces pièces avaient été extraites de leurs fonds d’origine : cette pratique, en contradiction avec le principe de respect des fonds cher aux archivistes, fut interrompue après la Seconde guerre mondiale, ce qui explique que la collection du Musée ne contienne qu’un faible nombre de documents contemporains. À sa création, le musée des Archives était marqué par une conception positiviste de la discipline historique, mais aussi par un souci patriotique, volontiers cocardier : il s’agissait en effet de consolider et de glorifier l’identité nationale, de célébrer les hauts faits d’un peuple et les héros de son histoire, face à l’Allemagne de Bismarck. Révélatrice, par ses choix, d’une certaine conception de la mémoire, construite autour d’un panthéon de quelques monuments écrits, la collection du musée des Archives a fait l’objet en 2006-2007 d’une vaste campagne de numérisation, qui, à terme, devrait permettre à chacun, via Internet, de feuilleter ce qui s’apparente à un merveilleux livre d’histoire, invitation à un passionnant voyage dans le temps. À l’issue de cette campagne, les Archives nationales ont donc décidé de présenter sous la forme d’une exposition et d’un beau livre édité par la Réunion des musées nationaux, 50 de ces pièces d’exception qui ont fait la France. Objet unique, objet historique, objet politique, le document d’archives est aussi parfois un objet d’art ; toujours, il est créateur d’émotion. La qualité des pièces présentées à l’occasion de l’exposition « Florilège. 50 documents qui ont fait la France » permet d’embrasser toutes ces dimensions : merveille des bulles d’or impériales, chatoiement des registres enluminés, qualité des signatures qui ressuscitent leurs auteurs illustres, solennité d’un texte constitutionnel ou d’un édit, sensibilité d’une écriture et de ses repentirs ou de ses tressaillements dus à l’âge (testament de Louis XIV), à la fièvre du moment (Serment du Jeu de Paume) ou à la crainte de braver l’interdit (dernière lettre de Marie-Antoinette)… Les Archives, lieux de mémoire, lieux d’écriture de l’Histoire, sont d’abord lieux de vie : « ces papiers, ces parchemins […] ne demandaient pas mieux que de revenir au jour. Ces papiers ne sont pas des papiers, mais des vies d’hommes, de provinces, de peuples […] » (Jules Michelet, Histoire de France, livre IV).

du 2 avril 2008 au 13 juillet 2008
Entre Jaurès et Matisse : Marcel Sembat en Georgette Agutte à la croisée des avant-garde
Le 4 septembre 1922, Marcel Sembat, homme d'État et collectionneur d’art, meurt d’une attaque cérébrale. Georgette, sa femme, qui est peintre et signe ses toiles de son nom de jeune fille, Agutte, écrit à leur neveu : « Je ne puis vivre sans lui. Minuit. Douze heures qu’il est mort. Je suis en retard. » et se tire une balle dans la tête. Le retentissement de cette double disparition est énorme dans la société de l’époque. L'Humanité écrit : "Tous deux, lui dans la bataille des partis, elle dans la bataille de l’art, étaient à l’avant-garde". Lors de la cérémonie commémorative organisée le 18 décembre 1922 dans l’immense salle du Gaumont Palace, Léon Blum déclare : "Marcel et Georgette Sembat étaient socialistes comme ils étaient artistes : ils étaient artistes par les mêmes dons, par les mêmes penchants qui avaient fait d’eux des socialistes". Les Archives nationales se proposent de tirer de l’oubli injuste, dans lequel ils ont peu à peu plongé, ces deux personnages étonnants, l’un avocat, journaliste, franc-maçon, député socialiste, membre fondateur de la SFIO, ministre des Travaux publics du gouvernement d’Union sacrée au début de la première guerre mondiale, orateur redouté, intellectuel éclectique et insatisfait de lui-même, l’autre femme peintre discrète, vivant dans l’ombre du grand homme, l’ouvrant aux tendances les plus modernes en art, entretenant une féconde amitié avec Matisse et de nombreux peintres fauves. Pour eux, changer le monde et changer l'art se confondent. Plus de 200 pièces de nature très variée, des lettres autographes aux toiles peintes en passant par des affiches, des journaux, des photographies, des sculptures et des céramiques, nous permettront de cerner un peu mieux la personnalité de ce couple fusionnel uni jusque dans la mort, et de nous interroger sur les rapports qu’entretiennent art et politique dans la société française du début du XXe siècle. Ce sera également l’occasion pour le visiteur de découvrir en Marcel Sembat une personnalité tourmentée, inquiète, résolument moderne par ses goûts esthétiques et ses préoccupations intellectuelles ou sociales, certes, mais aussi par le désir presque mallarméen, toujours déçu, de réaliser l’œuvre décisive qui chaque fois se dérobe, de fondre action et réflexion dans un impossible accomplissement universel.

du 15 septembre 2007 au 7 janvier 2008
Les présidents de la Ve, Moisan et l'histoire de France
"Bouffonnes archives" (Baudelaire)
Apparue avec la Renaissance et ses affrontements religieux, la caricature utilisée à des fins idéologiques prend son essor à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre, où règne une liberté d’expression alors unique en Europe. Cependant, c’est avec l’invention en 1798 du procédé lithographique, plus économique que la gravure traditionnelle, et la naissance vers 1830 d’une presse moderne que la caricature politique s’impose. De grands noms, Gavarni, Daumier, Cham, André Gill, lui donnent alors ses lettres de noblesse, au point que Baudelaire écrit : « c’est véritablement une oeuvre curieuse à contempler aujourd’hui que cette vaste série de bouffonneries historiques qu’on appelle La Caricature [journal fondé en 1830 par Charles Philipon], grandes archives comiques, où tous les artistes de quelque valeur apportèrent leur contingent. C’est un tohu-bohu, un capharnaüm, une prodigieuse comédie satanique, tantôt bouffonne, tantôt sanglante, où défilent, affublées de costumes variés et grotesques, toutes les honorabilités politiques ». A l’aube du XXe siècle, le remplacement du dessin par la photographie pour rendre compte de l’actualité la plus brûlante oriente définitivement la caricature vers une lecture plus critique et donc plus journalistique des faits contemporains. Ainsi naît le « dessin éditorial » que cultive dès 1915 Le Canard enchaîné dont Roland Moisan (1907-1987) devient à partir de 1955 le dessinateur vedette. Centrées sur la personne du chef de l’Etat, ses caricatures alimentent deux rubriques : l’une intitulée « La Cour » sous le général de Gaulle, puis « La Régence » sous Georges Pompidou, l’autre qui paraît en dernière page sous la forme d’une grande fresque fourmillante de détails, de personnages et de flashbacks historiques. Mais, si la Ve République et ses nouveaux monarques restent le sujet de prédilection de Moisan, ils ne sont jamais (mal)traités en soi, indépendamment de toute référence au passé : nourri par l’imagerie d’Épinal de nos livres d’histoire et une sérieuse culture académique, Moisan multiplie les clins d’oeil (de Gaulle à Colombey tel Jeanne d’Arc à Domrémy, Mitterrand en Henri IV et Rocard en Janus mi-Sully, mi-Ravaillac), tisse les généalogies (Louis XIV et Napoléon se réincarnant en autant de de Gaulle ou de Mitterrand), pointe les filiations, goûte les raccourcis… L’Histoire de France est un grand livre toujours ouvert, une grande "Mare aux Canards", dans laquelle Moisan batifole avec délice, jonglant avec ses héros, ses mythes, ses monstres sacrés, ses faits divers ou majeurs, ses fulgurances comme ses parts d’ombre. L’exposition : Que dit le volatile ? confronte trente-trois dessins originaux de Roland Moisan avec une cinquantaine de documents, tout aussi originaux, des Archives nationales. Le propos est de mettre en regard de chaque dessin un document qui soit contemporain non pas de l’événement caricaturé, mais de celui que Moisan parodie, en piochant dans le riche passé de la France. Véritables "monuments figurés", dignes de "prendre leur rang dans les archives nationales " (Champfleury, 1865), les caricatures de Moisan ressortent doublement de la discipline historique : s’inspirant d’images colportées par des générations de manuels scolaires, elles servent à leur tour de sources, au même titre que les documents officiels avec lesquels elles sont ici confrontées.

du 4 avril au 1er juillet 2007
Trésor des chartes des rois de France : la lettre et l'image, de saint Louis à Charles VIvolonté royale s’exprime par la production d’actes sur parchemin, appelés diplômes, chartes ou lettres, rédigés et calligraphiés par des scribes. Avec l’élargissement territorial du royaume et le perfectionnement d’une administration tant judiciaire que fiscale, cette production connaît une inflation telle que sous les fils de Philippe le Bel (1314-1328), pas moins de 15 000 actes sont fabriqués par les services officiels ! Avant le XIIe siècle, seul le sceau du roi et son monogramme (combinaison de certaines lettres de son prénom) atténuent l’austérité du texte. Il faut attendre le règne de saint Louis (1226-1270) pour que les premiers décors figurés fassent leur apparition dans les actes royaux, sans doute sous l’influence des manuscrits littéraires. Ce sont d’abord des visages d’hommes et de femmes, des grotesques, figures imaginaires et hybrides, des animaux, sortis tout droit du bestiaire de la chasse (lapins, chiens, sangliers, ours, renards) ou ramenés de lointains exotiques (singes) et chimériques (dragons). Parmi tous ces motifs, insignes et emblèmes du pouvoir royal (fleurs de lis, couronne, dauphin de France, dragon et griffon) occupent une place privilégiée sous le règne de Charles V (1364-1380) qui dote la personne du souverain d’une aura symbolique sophistiquée qui perdurera bien au-delà du règne de Charles VII. Alors que nombre d’expositions ont été consacrées à l’ornementation du livre au Moyen Âge, l’exposition « La lettre et l’image » est la première à s’intéresser aux décors des actes officiels de la monarchie française à ses débuts. 175 pièces et documents originaux d’exception permettent d’illustrer la naissance et l’enrichissement progressif d’un vocabulaire iconographique propre à tous les artistes médiévaux, quels que soient la technique et le support utilisés : manuscrits enluminés, vitraux, ivoires, décors sculptés, objets de culte ou de dévotion, monnaies, pièces d’orfèvrerie, tissus. Autour, notamment, du sceptre de Charles V à l’effigie de Charlemagne et de l’anneau de saint Louis, exceptionnellement prêtés par le musée du Louvre, l’exposition présente pour la première fois les plus beaux actes des rois de France, véritables joyaux du fameux « trésor des chartes » des Archives nationales, ces coffres dans lesquels les souverains gardaient précieusement les textes fondamentaux de la monarchie française telles que les constitutions et les ordonnances décidant de la succession au trône.

du 18 avril au 1er juillet 2007
Le temps suspendu : Les Archives nationales vues par Patrick Tourneboeuf
Les Archives nationales, un vaste quadrilatère de 3 hectares, en plein coeur du Marais. Au-delà des espaces extérieurs et des salles communément visitées, à quoi ressemblent ces lieux magiques que sont les Archives nationales ? Nous sommes dans un univers clos au coeur d’une grande ville. Un monde de mystères, de rites et de codes. Regard posé, curieux et témoin :les images naissent de manière systématique, là où la tracedu vivant côtoie l’aspect figé et esthétique du patrimoine. À l’aube du bicentenaire (2008) de l’installation des Archives à l’hôtel de Soubise et du déménagement d’une partie de leurs collections à Pierrefitte-sur-Seine, le photographe Patrick Tourneboeuf a parcouru ce labyrinthe en travaillant à la chambre et en a rapporté un témoignage unique et inédit, levant ainsi le voile sur des lieux si secrets. Montrer la face cachée de dépôts extraordinaires. Mettre en lumière les traces du passage de l’homme dans ces kilomètres de rayonnages de papier. Les images rapportées de cette exploration semblent surgir des passerelles entre présent et passé… A travers un parcours d'une dizaine de grands formats présentés au rez de chaussée et dans le hall de l'Hôtel de Soubise, les visiteurs pénétreront dans le monde des archives. Le regard d’un historien, grand connaisseur des archives, vient croiser celui du photographe dans la préface du livre publié aux éditions Filigranes. Pierre Nora apporte son témoignage de "chercheur", d’"arpenteur" d’archives , avec la passion et la ferveur de Michelet en son temps. Ainsi, photographe et historien entraînent le visiteur dans « les entrailles de la bête »…et ressuscitent notre mémoire collective. Né en 1966, Patrick Tourneboeuf est membre du collectif de photographes "Tendance Floue". Il est représenté en France par la Galerie Emotion et aux Etats-Unis par MB Fine Art. Patrick Tourneboeuf photographie les hommes à travers ce qu’ils laissent derrière eux. Les espaces qu’ils investissent et parfois abandonnent. Les stigmates qu’ils ne veulent plus voir. Pour que le vide des images révèle la présence de l’humain, il poursuit cette tentative de faire apparaître ces lieux si communs que le regard les ignore. "Cicatrice", sur les traces du mur de Berlin et " A la mémoire du jour J", sur les plages du débarquement en Normandie, fixent à travers le modelé du temps une mémoire oublieuse. Au Petit Palais, au Grand Palais, au château de Versailles ou aux Archives nationales, Patrick Tourneboeuf réveille les murmures de ces endroits vides et pourtant bruissants des histoires passées.

du 11 octobre 2006 au 8 janvier 2007
Marie-Antoinette : pièces à conviction
Pour certains personnages, l’histoire semble un procès toujours ouvert, où les condamnations sans appel sont bientôt suivies de réhabilitations éclatantes et tout aussi provisoires. Que penser, par exemple, de la reine Marie-Antoinette : affameuse du peuple ou mère de ses sujets ? Femme d’état énergique ou personnalité falote écrasée sous le poids de sa couronne ? Autrichienne obtuse ou incarnation de l ’élégance française ? Passéiste bornée ou fragile figure romantique trop tôt venue ? Dépensière capricieuse ou héroïne stoïque de la monarchie suppliciée ? Jamais à la hauteurs des circonstances, qu’il s’agisse de régner ou de mourir, ou manipulatrice experte faisant front jusqu’au bout ? Pour tenter de distinguer, sous l’amas des images déposées par les pamphlétaires, les mémorialistes, les historiens, les peintres, les écrivains, les cinéastes sur la mémoire de la reine, un peu de vérité, ou si cela est trop présomptueux, un peu d’authenticité, les Archives nationales ont choisi de présenter au public pour la première fois la majeure partie des documents originaux ayant trait à Marie-Antoinette qu’elles conservent, comme autant de pièces essentielles de ce procès en cours, ou comme autant de reliques. Une gazette des atours, des lettres d’amour caviardées ou d’autres, d’intrigue politique, qui pesèrent lourd dans sa condamnation à mort, un journal de chasse, des interrogatoires, des cartes à jouer annotées, une boucle de cheveux de Louis XVII glissée dans un billet, une dernière missive écrite en cellule, quelques heures avant son supplice et arrachée à sa rédactrice par les gardiens. Ce qui reste d’une reine. Ce qui reste d’une femme. 60 pièces à conviction présentées dans leur nudité, leur ambiguïté, leur cruauté, leur crudité. Non pas les portraits mille fois vus, les interprétations, les analyses ou les délires (qu’ils soient idolâtres ou haineux) mais le contact direct avec de très rares originaux, dont les péripéties de leur transmission jusqu’à nous sont elles-mêmes lourdes de sens. Peut-être importe-t-il moins, alors, de prendre parti que de s’étonner devant ce mystère qui est la part inaliénable de l’individu, quand bien même celui-ci a été confronté à des circonstances inouïes, quand bien même la célébrité a répandu universellement son nom et quand bien même chaque circonstance de son destin a été scrutée inlassablement par ses contemporains et la postérité. "J’attends de l’avenir un jugement équitable et cela m’aide à supporter mes souffrances". Marie-Antoinette, lettre de 1789.

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