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Parcours de l’exposition

1911-1944 « L'agrégé sachant écrire»
4 octobre 1944 Georges Pompidou est mis à disposition du général de Gaulle

1911-1944 « L'agrégé sachant écrire» Photo : © Archives nationales

Brillant élève des lycées d'Albi et de Toulouse (hypokhâgne à Pierrede- Fermat), Georges Pompidou « monte à la capitale » pour faire sa khâgne au lycée Louis-le-Grand. Cette expérience le marque profondément, comme en témoignent les amitiés nouées sur les bancs de ces lycées, tout particulièrement à Paris. Intégrant l'École normale supérieure en 1931, il termine ses études en majorant la promotion 1934 de l'agrégation de lettres. Ses années khâgneuses et normaliennes posent les germes de sa conception du progrès, fondée sur une alliance entre classicisme et liberté, qu'il partage avec Claude Cahour qu'il épouse le 29 octobre 1935. Devenu professeur, Georges Pompidou témoigne d'une grande liberté d'esprit, héritée de ses années étudiantes, tout en conservant en tête les leçons de son professeur d'histoire en hypokhâgne : « Respect de notre France si diverse et instinct de sa nature essentielle ». À la faveur de l'ébullition nationale dans laquelle baigne la rentrée scolaire 1944, ce professeur en apparence tranquille souhaite mettre ses qualités au service du général de Gaulle, chef de la France libre, qui incarne à ses yeux la renaissance de la France. Par l'entremise de son camarade de khâgne René Brouillet, il entre le 4 octobre 1944 au cabinet du Général.


1944-1967 Le compagnon du Général
18 février 1961Georges Pompidou est mandaté pour rencontrer les délégués du Front de libération nationale algérien.

Affiche du bal de l'Ecole normale supérieure - 1964

De son entrée au Gouvernement provisoire de la République française (octobre 1944) à son départ deMatignon (juillet 1968), Georges Pompidou s'impose au terme de deux décennies comme le collaborateur le plus proche du général de Gaulle, qui lui confiera le premier des trois exemplaires de son testament politique daté du 16 janvier 1952. Chargé de mission au cabinet du chef du Gouvernement provisoire de la République française (1944-1946), Georges Pompidou devient chef de cabinet du Général au Rassemblement du Peuple français (1948-1953), puis son directeur de cabinet à Matignon (juin-décembre 1958). Refusant de poursuivre dans ces fonctions à la présidence de la République, il reste pourtant l'un des fidèles parmi les fidèles aux yeux du fondateur de la Ve République. Preuve en est le mandat confidentiel que le chef de l'État lui confie le 18 février 1961 pour rencontrer les émissaires du Front de libération nationale algérien et négocier l'indépendance de l'Algérie. Au lendemain de la crise algérienne et dans le cadre de la consolidation du régime naissant, Georges Pompidou devient Premier ministre le 14 avril 1962, fonctions qu'il occupe jusqu'au 10 juillet 1968, durant plus de six ans, ce qui constitue encore aujourd'hui un record de longévité à ce poste. À la faveur des scrutins qui jalonnent le second mandat de Charles de Gaulle, Georges Pompidou émerge également comme le meneur charismatique de la famille gaulliste.


1968-1969 Rupture et continuité
27 mai 1968 Conclusion des accords de Grenelle



© INA


© INA
1968-1969 Rupture et continuité - Photo : © Archives nationales

Ni « baron » ni serf, Georges Pompidou est l'un des rares cadres gaullistes à pleinement saisir les mutations profondes qui agitent la société française à la fin des années soixante. Conscient de ce changement d'air du temps, il envisage la négociation comme unique voie de sortie à la crise de Mai 68. Les accords de Grenelle sont signés le 27 mai 1968. C'est selon lui la seule manière de gagner la paix civile en France, de répondre aux exigences de progrès social et de sauvegarder les acquis politiques bâtis pendant une décennie. Le Premier ministre préfère l'esprit du gaullisme à sa lettre. Cette conception progressiste constitue son ultime émancipation politique. Remercié par le général de Gaulle le 10 juillet 1968, il amorce sa « traversée du Cantal » suivant l'expression de Jean Foyer. Cette épreuve est aussi l'occasion pour lui de s'affirmer comme le dauphin du Général, en s'affichant comme le seul esprit capable au sein de la famille gaulliste de réaliser la synthèse entre tradition et modernité au lendemain de Mai 68. Sa déclaration de Rome, en janvier 1969, formalise cette ambition. Son élection à la magistrature suprême, le 15 juin suivant, concrétise son destin national. En 1969, Georges Pompidou est intronisé « héritier du Général » en devenant son successeur et en poursuivant l'enracinement de la Ve République.


1969-1974 L’héritage du président
2 avril 1974 Georges Pompidou succombe à la maladie de Waldenström

1969-1974 L’héritage du président - Photo : © Archives nationales

Le décès du Président, événement par excellence associé à la figure de Georges Pompidou, rompt brutalement son mandat le 2 avril 1974. L'émotion nationale qui entoure l'annonce de sa mort aurait rétrospectivement fait oublier son oeuvre qui n'en fut pas moins le fruit d'un entreprise délicate. Tout l'enjeu de la Présidence Pompidou aura été de garantir l'héritage du gaullisme dans la durée en l'adaptant aux évolutions de son temps. La conviction pompidolienne dans le progrès s'est traduit dans plusieurs dimensions, au premier rang desquelles la modernisation économique et l'industrialisation du pays. Le paysage en porte témoignage : les politiques de la ville et des transports sont largement lancées à cette période ; l'art moderne a en outre bénéficié d'un parrain politique éclairé, qui a programmé la construction du Centre Beaubourg pour sacraliser officiellement ce courant artistique. En géopolitique, la relance européenne s'est imposée comme le socle de la Communauté économique européenne à travers l'approfondissement et l'élargissement : l'entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché commun est une étape fondamentale qui concrètise la synthèse des idées des pères fondateurs de l'Europe et des thèses gaullistes en la matière. L'entreprise présidentielle de Georges Pompidou apparaît comme un mariage de tous les instants entre proximité du quotidien et foi en l'avenir.

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