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Archives nationales - Historique

Les origines - Le site de Paris ; une nouvelle institution
C’est la Révolution qui créa une administration spécifique des archives destinée à répondre à des besoins nouveaux nés des circonstances : il s’agissait en effet d’assurer la conservation des documents produits par les nouvelles administrations, de regrouper les fonds des administrations d’Ancien Régime, de prendre en charge les archives saisies comme biens nationaux (Église, Noblesse, etc.).
Le 12 septembre 1790, l'Assemblée constituante donne à ses archives le nom d'Archives nationales.
Quatre ans plus tard, par la loi du 7 messidor an II (25 juin 1794), la Convention précise leur rôle et institue un "dépôt central des Archives nationales". La loi affirme alors trois grands principes qui restent encore d’actualité :

> Le choix de l’hôtel de Soubise
Ce dépôt central connut diverses localisations : Tuileries, palais Bourbon, palais de Justice. En 1808, Napoléon Ier décida de les installer à titre provisoire en plein quartier du Marais, dans l’hôtel des princes de Rohan-Soubise, laissé vacant après sa mise en vente par les créanciers de la princesse de Guéménée. C’était l’un des plus beaux hôtels princiers de la capitale, élevé en 1705 avec un grand faste pour le prince François de Soubise par l’architecte Pierre-Alexis Delamair, puis complété et décoré par Germain Boffrand. Ce site résumait également la vocation historique des Archives nationales : l’hôtel avait, auparavant, été propriété du connétable de Clisson, puis de la famille de Guise. À l’intérieur du grand quadrilatère de l’ancien « Chantier du Temple », de l’autre côté des jardins, se dressait l’hôtel des cardinaux de Rohan, évêques de Strasbourg, édifié par le même Delamair, avec ses célèbres écuries. Les deux palais de Soubise et de Rohan-Strasbourg furent acquis en même temps par décret du 6 mars 1808 pour la somme de 690 000 francs payés à un spéculateur nommé Chandor ; mais en dépit de l’unité architecturale et historique des deux hôtels, le second fut affecté à l’Imprimerie impériale. Daunou, garde des Archives de l’Empire, fit procéder aux premiers transports de documents à l’hôtel de Soubise dès le mois de novembre 1808 : aux archives françaises vinrent s’ajouter les documents saisis dans les pays annexés, le Vatican, la Couronne de Castille, le Saint Empire.. Qui tous furent stockés dans les baraquements de plâtre hâtivement dressés dans la vaste cour d’honneur et sous ses péristyles.
> Installation des Archives nationales à l’hôtel de Soubise - 6 mars 1808

Du provisoire au définitif
’L' Empereur avait dans l’esprit un projet grandiose commandé à l’architecte Cellerier : la construction d’un vaste Palais des Archives dans l’ île aux Cygnes, face au futur Palais du roi de Rome qui devait s’élever sur les pentes de la colline de Chaillot. L’ île avait été réunie trente-cinq ans plus tôt à la rive gauche, à l’extrémité du Champ de Mars. Le site aurait permis d’accueillir les caisses d’archives par transport fluvial. La première pierre en fut posée le 15 août 1812, mais le projet ne fut pas réalisé. Les archives continuèrent donc à arriver à l’hôtel de Soubise, et remplirent les anciens appartements princiers jusqu’à saturation. Il fallut attendre le règne de Louis-Philippe pour que Daunou, toujours en place, propose la construction de bâtiments neufs appropriés à leur fonction de magasins dans les espaces libres des jardins. Menée par les architectes Dubois et Lelong, puis Lelong et Gréterin, l’entreprise s’acheva sous le Second Empire : les "grands dépôts" illustrent une volonté de mise en scène des documents d’archives ; l’évolution de leur architecture témoigne également de la progression de la réflexion sur les conditions de conservation.
Le marquis de Laborde, successeur de Daunou, fit également restaurer les appartements de l’hôtel où il installa un musée permettant de présenter des documents significatifs des fonds des Archives nationales. Plus tard, en 1902, une grande salle de lecture fut aménagée pour les chercheurs au rez-de-chaussée des appartements Soubise. L'ensemble était insuffisant : il s'agrandit progressivement par l'achat des hôtels particuliers qui longent la rue des Francs-Bourgeois, afin d'installer des bureaux. Surtout, en 1927, le directeur Charles-Victor Langlois obtint l'attribution aux Archives nationales de l'hôtel de Rohan jusqu'alors occupé par l'Imprimerie nationale et qui permit d'accueillir les archives des notaires de Paris. Ainsi était reconstituée l’unité du "quadrilatère". Les Archives nationales entreprirent d’importants travaux de restauration pour rendre à l’Hôtel de Rohan sa distribution d’origine. Des bâtiments de magasins nouveaux furent édifiés ultérieurement sur décision de Charles Braibant puis d’André Chamson (arch. Ch. Musetti). Enfin, un nouveau bâtiment, réunissant l’ensemble des salles de consultation, et qui reçut le nom de « Caran » (Centre d’accueil et de recherche des Archives nationales), fut construit en 1986-1988 le long de la rue des Quatre-Fils, pour compléter le dispositif (arch. St. Fiszer).

Site de Fontainebleau
Dans les années 60, la saturation du site de Paris et l’explosion du nombre de documents produits par les administrations conduisit à concevoir une extension des Archives nationales, la "Cité interministérielle des archives", pour accueillir des documents en attente de tri.

Bâtiments
En octobre 1962, une circulaire d'André Malraux, Ministre des Affaires culturelles, annonçait la création de la Cité interministérielle des archives et lançait une enquête pour mesurer les volumes en souffrance présents dans les administrations centrales. Il en résultait que la capacité nécessaire au futur dépôt devrait atteindre 800 kms linéaires. Fin 1967, le terrain libéré à Fontainebleau par le départ de l'état major de l'OTAN fut en partie affecté aux Archives de France. Elle commença à fonctionner en 1969. En mai 1972, un bâtiment provisoire fut installé en attendant la construction du programme de 10 unités de 80 kms linéaires adaptées à la conservation des archives. La première de ces unités fut inaugurée en 1978 ; elle s'accompagnait du développement d'applications informatisées pour la gestion des versements et des communications de ce nouveau dépôt. Une seconde unité de même capacité, entra en fonction en 1984.

Vocation initiale
Quand la Cité interministérielle des archives fut mise en place, il s'agissait, à l'instar de ce qu'ont réalisé d'autres pays (Royaume-Uni, Etats-Unis), d'accueillir en masse les versements des administrations centrales de l'Etat pour amplifier les actions entreprises depuis les années cinquante avec l'installation de Missions des Archives auprès des différents ministères. L'idée était de débarrasser systématiquement les bureaux administratifs des documents qui n'avaient plus d'intérêt quotidien mais une utilité épisodique pour les garder à la disposition des services producteurs dans des conditions de conservation et de gestion appropriées, puis d'éliminer à terme, aussi rationnellement que possible, les éléments dépourvus de valeur tandis que les éléments jugés de conservation durable seraient dotés des instruments de recherche nécessaires à la mise à disposition du public. Cette politique ne produisait pas les résultats escomptés : la sélection devait être effectuée à la source, pour éviter que les Archives nationales ne se trouvassent saturées de documents dépourvus d’intérêt historique à long terme. Fonctionnement En 1986, la Cité prit le nom de « Centre des archives contemporaines » pour mieux rendre compte de la réorientation de ses attributions. En 2007, l’union du site de Paris et du site de Fontainebleau au sein d’un même service à compétence nationale traduisit leur synergie. Dans la perspective de leur mise à disposition du public dès leur arrivée sur le site, les documents sont traités dans les ministères et systématiquement dotés de répertoires. Une collection de ces répertoires est constituée pour présentation tant sur le site qu'au CARAN. Une base de données documentaire PRIAM3 qui s'appuie sur un thésaurus commun à tous les ministères, est lancée pour y décrire tous les versements et fournir un accès aisé à l'ensemble des fonds. D’autres services délocalisés sont mis en place par le ministère de la Culture pour des fonds spécifiques. Les documents relatifs aux anciennes colonies et protectorats français sont conservés aux Archives nationales d'outre-mer, à Aix-en-Provence ; les archives d'entreprises et d'associations sont, pour l'essentiel, conservées aux Archives nationales du monde du travail à Roubaix.

2012, le site de Pierrefitte-sur-Seine
La saturation du site de Fontainebleau comme celui de Paris conduisent à divers projets. La construction d’unités supplémentaires à Fontainebleau est écartée en raison de l’isolement géographique du site et du coût des transports, qui pénalisent les chercheurs. Un projet de construction d’une « maison de la mémoire de la Ve république », à Reims, est engagé en 1994 mais abandonné dès 1998.
Le 9 mars 2004, Jacques Chirac, Président de la République, annonce la construction d’un nouveau site à Pierrefitte-sur-Seine. Le 10 mai 2005, l’architecte Massimiliano Fuksas est désigné lauréat du concours d’architecture. Le 11 septembre 2009, François Fillon, Premier ministre, et Frédéric Mitterrand, Ministre de la culture et de la communication, posent la première pierre du nouveau bâtiment.

La répartition des archives entre les trois sites :

Pour assurer la conduite du projet, les sites de Paris, Fontainebleau et Pierrefitte-sur-Seine sont administrativement regroupés au sein d’un même Service à compétence nationale (SCN) (arrêtés du 24 décembre 2006 et du 31 décembre 2007) Un projet scientifique, culturel et éducatif présente les orientations retenues après l’ouverture du site de Pierrefitte-sur-Seine.

Bibliographie :
-- Claire Béchu (dir.), Les Archives nationales. Des lieux pour l'histoire de France. Bicentenaire d'une installation, 1808-2008, Paris, Archives nationales-Éditions Somogy, 2008, 384 p., ill.
- Ouvrage en vente aux Archives nationales.
- Lucie Favier, La mémoire de l'Etat. Histoire des Archives nationales, préf. de René Rémond, Paris, Fayard, 2004, 466 p.
- Françoise Hildesheimer, Les Archives de France. Mémoire de l'Histoire, Paris, Champion, 1997, 109 p. (No hors-série de la revue Histoire et archives).
- Bibliographie spécialisée sur les archives contemporaines -
- Bibliographie d’archivistique sur le site de l’Ecole nationales des chartes.