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LES 20 ANS DU CARAN - 1987-2007 - Voir le diaporama

Une longue genèse
La première salle de lecture des Archives nationales, ouverte en 1847 dans l’hôtel d’Assy, rue des Francs-Bourgeois, offrait aux chercheurs 24 places. C’est en 1902 que put être ouverte, au rez-de-chaussée du palais Soubise, ce qui allait rester pour des générations de chercheurs et d’archivistes la "salle Soubise". Vaste (elle pouvait accueillir 52 chercheurs), lumineuse, la nouvelle salle de lecture bénéficiait en outre de deux innovations considérables : le chauffage central et le téléphone. La salle Soubise répondit aux besoins du public jusqu’au milieu des années 1950.
Une deuxième salle de lecture, destinée à la consultation des cartes et plans, fut ouverte en 1957, puis, à partir de 1964, plusieurs autres pour la consultation des inventaires, des microfilms et des minutes des notaires, et enfin, en 1969, la salle dite "Clisson", destinée à décharger la vieille salle Soubise. La situation s’aggravait naturellement au fil des années : de 1960 à 1985, le nombre des chercheurs fréquentant les Archives nationales fut multiplié par cinq, le nombre des articles communiqués par dix.

L’invention du Caran
Au fil de la réflexion conduite sur le programme du nouveau bâtiment, cette grande salle de lecture se transforma en un ensemble complexe, regroupant sur un même site des espaces de consultation diversifiés, pour les documents originaux, les microfilms et – déjà ! – les documents électroniques, un espace de documentation, qui allait devenir la Salle des inventaires, et des espaces de consultation spécialisés, notamment pour les collections sigillographiques.
Jean Favier proposa le nom de "CARAN", acronyme de "Centre d’accueil et de recherche des Archives nationales".
Un concours d’architecture, organisé rapidement, aboutit dès la fin de l’année 1983 au choix du projet présenté par Stanislas Fiszer.

Les travaux
le CARAN fut inauguré le 23 mars 1988 par François Léotard, Ministre de la culture et de la communication.
Quelques mois plus tard, le CARAN devait recevoir une consécration internationale avec la visite de deux mille archivistes de cent trente pays différents venus assister à Paris, du 26 au 28 août 1988, au XIe Congrès international des archives.
En 2001, des travaux importants furent engagés pour étendre le guichet de liaison, électrifier la totalité des places de la salle des inventaires et de la salle de lecture, moderniser le système de vidéo-surveillance et réaménager le rez-de-chaussée.

Intérieur du bâtiment
Le bâtiment possède un hall de vastes proportions. Les teintes claires du béton et les larges ouvertures sur le jardin de Rohan, par lesquelles la lumière entre à flots, confèrent à cet espace une grande luminosité.
L’escalier conduisant au premier étage et la passerelle suspendue viennent en scander la perspective et lui conserver des dimensions à échelle humaine.
Deux "boîtes en métal et en verre" (expression de l’architecte) ont été aménagées dans l'espace. Au rez-de-chaussée le bureau de délivrance des cartes de lecteurs, tandis qu’au premier étage a été installé un espace multimédia où le chercheur dispose d' accès à Internet et peut consulter documents numérisés et bases de données des Archives nationales.
À l’étage, la salle de lecture a sensiblement les mêmes proportions que le hall.
Elle offre plus de trois cents places dans un environnement chaleureux, au mobilier spécialement conçu pour assurer aux chercheurs le confort nécessaire à leurs travaux, et bénéficie, grâce au soin apporté à sa conception, d’une excellente insonorisation.
Le petit CARAN, relié au grand CARAN par deux passerelles, abrite des locaux techniques au rez-de-chaussée, deux services spécialisés ouverts au public, le centre d’onomastique et le centre de topographie historique de Paris, au premier étage;

Quand les conservateurs manifestaient
Lors de son arrivée au CARAN, le 23 mars 1988, le ministre François Léotard fut accueilli par une manifestation des conservateurs d’archives. Il faut dire que, quelques jours plus tôt, le ministère avait annoncé une importante revalorisation de la carrière des conservateurs de musées, au grand dam des archivistes ou des conservateurs d’autres spécialités qui se voyaient oubliés. Le message fut bien reçu et la demande, jugée légitime, aboutit à la publication du nouveau statut des conservateurs du patrimoine, le 16 mai 1990.

Façade
La façade sur la rue des Quatre-Fils est en béton préfabriqué, dans une tonalité de celles des pierres du dépôt Napoléon III.
Au centre de la façade, dans l’axe de la rue Charlot, un relief en bronze encastré, œuvre de Yvan Theimer représentant deux fois deux personnages surmontés du cheval Bayard.

Quatre frère et un cheval
La rue des Quatre-Fils doit son nom, selon la tradition, à une auberge dont l’enseigne représentait les quatre fils Aymon montés sur le cheval Bayard et fuyant la colère de Charlemagne. Cette image renvoie à une légende qui connut un vif succès au Moyen Âge et jusqu’au XVIe siècle. Le frère d’Aymon, Beuve, vassal révolté contre Charlemagne, a été tué par trahison. Lorsque Aymon vient présenter ses fils à la Cour, les quatre frères, insultés par un neveu de l’empereur, décident de venger la mort de leur oncle. Grâce à leur cheval Bayard, doté de qualités surnaturelles et qui peut les porter tous les quatre sans que sa vitesse en soit diminuée, les fils Aymon se réfugient auprès de Yon, roi de Bordeaux. Pour le remercier de sa bravoure dans la guerre contre les Sarrasins, Yon accorde à l’aîné, Renaud, sa soeur en mariage et l’autorise à construire le château de Montauban. Charlemagne assiège le château mais les quatre frères, se nourrissant du sang de leur cheval et secourus par l’enchanteur Maugis, résistent si longtemps que l’empereur doit se résoudre à conclure la paix, sous condition que le cheval lui soit remis et que Renaud parte en Terre sainte.
Charlemagne, désireux de se venger du cheval, le fait jeter dans la Meuse, une pierre au cou.

La façade sur jardin
Elle reprend et adapte aux dimensions du bâtiment le dessin de l’hôtel de Rohan. "Comment contribuer à la reconstruction de l’espace interne du jardin de Rohan ? (...) Les deux corniches de Rohan nous donnent les cotes en hauteur.
Le découpage en carrés réguliers, une surface plus neutre, une symétrie continue"(Stanislas Fiszer).
En avant de la façade, une ancienne porte monumentale du hangar à machines de l’Imprimerie nationale, dans lequel le dépôt Langlois avait été aménagé en 1928, a été conservée et témoigne de l’histoire du site.

Création contemporaine
1 % du coût des travaux fut consacrée à la commande d’œuvres d’art spécialement conçues pour être intégrées au bâtiment.

Application informatique "Caran"
Application informatique qui assure la gestion des inscriptions des lecteurs, des communications et du courrier des Archives nationales.

L'architecte
Stanislas Fiszer est né en 1935 à Varsovie.
Ancien professeur à l’École d’architecture de Nancy, il est depuis 1993 membre titulaire de l’Académie d’architecture.
Sa carrière d’architecte s’est déroulée simultanément en France et en Pologne.