LA
FORMATION.
Au XIXe
siècle, lapprentissage du travail
de bureau se fait « sur le tas ». Il
suffit de maîtriser lecture, écriture et calcul,
principales épreuves du certificat détudes
primaires (1). On peut ensuite grimper les échelons selon
ses capacités et ses ambitions.
![]() Oh ! moi, vous savez, la dactylographie ne m'a jamais beaucoup intéressé. |
La mécanisation rend nécessaire une véritable formation professionnelle : dactylographie et sténographie ne peuvent sapprendre « sur le tas ». Les premières formations sont dispensées par les fabricants de machines à écrire. |
Puis les associations professionnelles,
patronales ou ouvrières, et les syndicats demployés
mettent en place des cours du soir. Les écoles professionnelles
publiques sont rares en France (2). Pour pallier les
manques de lInstruction publique, les municipalités
organisent des cours de commerce
: français commercial, orthographe, langues, comptabilité
et tenue des livres, dactylographie, sténographie... De
leur côté, les plus grosses entreprises organisent
la formation de leurs employés.
La qualité de lenseignement professionnel nest
pas toujours réelle. Certaines écoles pratiques
de commerce et dindustrie, par exemple, continuent en 1910
à enseigner la belle écriture, la calligraphie,
faute dun nombre suffisant de machines à écrire.
Chaque formation délivre ses propres diplômes et
certificats. Il faut attendre 1911 pour que lEtat institue
le « certificat de capacité professionnelle ».
En 1919 la loi Astier organise officiellement lenseignement
« technique » (3). Le certificat
daptitude professionnelle, CAP, remplace alors le certificat
de capacité professionnelle. On créé des
CAP spécifiques pour les différents emplois de bureau :
sténo-dactylo, rédacteur, commis de banque, dassurance,
de commerce....
LE
PLACEMENT ET LE RECRUTEMENT.
Au
début du XXe siècle,
pour entrer dans une entreprise, il est bon de se faire parrainer
par un employé. Les grandes entreprises organisent aussi
des examens dentrées : dictée,
exercices de calcul, épreuves professionnelles permettent
de sélectionner les candidats.
Ces méthodes de recrutement sont « complétées
par une conversation avec le chef de service qui, avant dadmettre
un candidat, cherche à discerner chez lui lintelligence,
la vivacité desprit ou tout simplement le désir
sincère de travailler » (4). Une bonne présentation
- politesse et propreté - est indispensable.
Pour
trouver un emploi, on peut également sadresser à
un bureau de placement privé quil faut payer
ou à une association corporative. On peut
passer une annonce dans un journal professionnel. Après
1920 se développent les bureaux publics de placement
et les centres dorientation professionnelle.
Alors que progresse la réflexion sur lorganisation du travail, les conseils aux employeurs se multiplient, les tests se développent, les méthodes de recrutement se rationalisent : lembauche se veut désormais scientifique.
(1) Le certificat détudes primaires est institué par les lois de Jules Ferry sur la scolarité obligatoire en 1882-1884.
(2) Elles sont par contre nombreuses en Allemagne.
(3) Tout jeune apprenti et travailleur de moins de 18 ans, dans les ateliers et les bureaux, doit obligatoirement suivre des cours.
(4) Jean Bedour. Quand jétais assureur... Chronique dun demi siècle, Paris, Librairie de largus, 1980, p 37.