La duplication



De la presse à copier au papier carbone Du drap à copier au duplicateur rotatif Du duplicateur au photocopieur

La duplication des documents a toujours été un problème essentiel dans tout bureau. Or, avec la révolution administrative, la quantité de documents à reproduire ne cesse d’augmenter : il faut garder le double des lettres adressées à la clientèle ou aux fournisseurs ; il faut aussi pouvoir envoyer la même circulaire en grand nombre.

DE LA PRESSE A COPIER AU PAPIER CARBONE.

Au début du XIX
e siècle, la seule technique de duplication est la copie manuscrite : le commis aux écritures passe ses journées à recopier sur d’énormes registres les lettres reçues ou à envoyer.

presse à copierL’obligation légale de tenir un registre copie de lettres entraîne la multiplication des procédés de duplication. C’est à la fin du XIX
e siècle que l’emploi de la presse à copier se généralise aux Etats-Unis puis en France (1). Les lettres originales sont écrites avec une encre « communicative » et peuvent donc être décalquées ; l’employé humidifie légèrement quelques pages du copie de lettres, place une lettre par page et met derrière chaque lettre un carton protecteur. Puis le copie de lettre est mis sous presse pendant quelques minutes. On peut ensuite retirer le registre de la presse, enlever les lettres et laisser sécher.

papier carboneUne étape décisive est l’invention du papier carbone au début du XIX
e siècle ; son utilisation pour les copies manuscrites est délicate car il faut une écriture régulière et appuyée ; son emploi ne se généralise donc qu’avec la machine à écrire. Machine à écrire et papier carbone remplacent alors la presse à copier.

 

DU DRAP A COPIER AU DUPLICATEUR ROTATIF.

On peut utiliser aussi le drap à copier : la lettre originale écrite à l’encre grasse est décalquée sur un tissu humide posé sur une matrice constituée de gélatine ; le texte s’imprime alors sur cette pâte. On peut ensuite le reproduire en plusieurs dizaines d’exemplaires en posant successivement des feuilles de papier sur la matrice.

drap à copier

A ce procédé succède le duplicateur à stencils à plat. Le stencil est un papier spécial qu’on transperce finement en écrivant avec un crayon à pointe d’acier ; l’encre appliquée avec un rouleau passe à travers les trous ainsi obtenus ; le texte s’imprime alors sur la feuille blanche placée sous le stencil. L’appareil donne des copies nettes mais le procédé est très lent.

duplicateurLe duplicateur à stencils rotatif vient régler le problème de la vitesse ; il peut être manuel ou électrique.

 

 


DU DUPLICATEUR AU PHOTOCOPIEUR.

D’autres procédés sont mieux adaptés à la duplication en très grand nombre, tels le Multigraph, qui est en fait une machine à composer et à imprimer, ou l’offset qui utilise le cliché photographique.

Quant au photocopieur, son principe, fondé également sur la photographie, date de 1900. Il nécessite bains de développement et de fixation puis séchage du cliché obtenu. Le Néofot et le Fotocopist des années 30 utilisent conjointement les techniques de la photographie et l’électricité. Mais vers le milieu des années 60, Rank Xerox révolutionne la photocopie en introduisant un procédé de reproduction « à sec » : la photocopie se banalise.

En même temps que progresse la duplication, se transforment les techniques de la correspondance commerciale. Les machines à dupliquer font gagner temps et argent. Elles ne nécessitent pas une main d’œuvre qualifiée puisque, selon la publicité, même une femme peut s’en servir !

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(1) alors que cette presse est inventée dès 1780 par James Watt !