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Notre bâtiment

De la « Filature Monstre » au Centre d’Archives : 150 ans d’histoire

Le modèle anglais.

C’est en 1841 que Louis Motte, fils d’une famille de marchands-fabricants tourquennois, épouse Adèle Bossut, fille du maire de Roubaix. L’année suivante, sur les conseils de sa mère Pauline Motte-Brédart, Louis Motte part en voyage d’étude en Angleterre. De Manchester, capitale du textile anglais, il revient porteur de nouvelles ambitions pour l’industrie cotonnière roubaisienne inspiré du dynamisme industriel que connaît alors ce pays.

Le 26 janvier 1843 une société sous seing privé est constituée par Louis Motte et deux membres de sa belle-famille pour l’exploitation d’une filature de coton sous la raison sociale « Motte-Bossut et Cie ».

Durant deux ans, un immense bâtiment de cinq étages, vite baptisé « l’usine monstre », va être construit en face de l’usine actuelle, de l’autre côté du boulevard du Général-Leclerc, ancien canal de Roubaix aujourd’hui comblé, à l’angle de la rue de la Poste. De cette usine, il ne reste aujourd’hui qu’un fragment de mur d’enceinte, pourtant elle représente pour l’époque un symbole des innovations technologiques venues d’outre-Manche, comme ces métiers à filer à très hautes performances : les « self acting mules ».

Malgré plusieurs incendies, la filature se développe considérablement. En moins de dix ans, elle triple sa capacité de production et emploie plus de 500 ouvriers.

Le château d’industrie

Face à la hausse de la production, une annexe est élevée de l’autre côté du canal en 1864 qui abrite aujourd’hui les ANMT. Elle possède déjà ses principales caractéristiques architecturales : sa tour, sa cheminée, ses fenêtres et ses créneaux qui lui valent le surnom de « château d’industrie ». Outre l’architecture, c’est aussi l’emprise de l’usine et de la famille sur le territoire de la ville qui suscite cette analogie féodale.

image des batiments

Mais en juillet 1866 « l’usine monstre » est entièrement détruite par un incendie et ne sera cette fois-ci pas reconstruite car l’annexe présente de meilleures possibilités d’extension et bénéficie d’un procédé « fire proof » d’origine anglaise basé sur l’exclusion totale de matériaux inflammables, comme le bois, grâce à un système de voûtains de briques reposant sur des poutres en fer et des colonnes de fonte. Cette structure offre également l’avantage de ménager de grands espaces adaptés aux nouveaux métiers à tisser mécaniques.

L’extension va se poursuivre tout au long du XIXe siècle de part et d’autre de la rue des Filatures, jusqu’en 1891 où celle-ci est fermée par la construction du corps central de l’usine, formant ainsi un ensemble industriel de plus de 100 mètres de longueur.

Sacralisant « l’espace » Motte-Bossut, l’accès de l’usine est flanqué en 1905 de deux tours crénelées qui marquent l’accès principal à l’usine.

Touchée de plein fouet par la récession du secteur textile, l’usine doit cependant arrêter son activité en 1981, ce qui n’a pas empêché son inscription en 1978 à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, véritable reconnaissance patrimoniale de l’architecture industrielle dont le Nord Pas-de-Calais peut s’enorgueillir.