Une
Journée Alain Sarfati de controverse à Roubaix
"Je
voudrais faire de cette journée une occasion de débat,
autour de l'architecture.
Je
souhaite que cette journée soit l'occasion d'une controverse
autour du temps dans l'architecture, du temps de l'architecture.
Faire
de l'architecture un sujet de controverse.
Inutile
de chercher une définition du temps qui soit plus directement
attachée à l'architecture, son temps peut être
tout simplement de la pérennité, de la durée
ou de l'éphémère de l'immédiateté,
de la répétition métaphore de l'industrie ou
du changement.
Il
s'agit d'un temps ordinaire, encore que celui que j'ai en tête
pourrait tout simplement être le futur antérieur.
Si
le temps me paraît aujourd'hui plus que jamais sujet à
réflexion, c'est qu'il est le grand absent d'une réflexion
sur l'architecture. Siegfried GIEDION en écrivant son livre
"espace, temps, architecture" fait peu de place au temps.
Ce
couple d'oppositions a envahi le champ de la ville, souvent à
notre insu au point que bien des situations sont déroutantes
et paradoxales : faut-il construire des tours, réduire la vitesse
du centre en ville, ... et la transparence, la performance technique
en architecture, ont-ils encore du sens ?
La
problématique de l'architecture dans son rapport avec le temps,
l'histoire, les techniques, les usages, est aujourd'hui, dans une
tourmente, celle de l'image, de la représentation qui précéderait
le projet et qui dans sa précipitation se substitue à
l'architecture.
Faut-il
réagir ? Le monde accélère en certains lieux
et freine ailleurs. Si la table rase était une façon
de supprimer les obstacles et les entraves au développement
et à l'avancée des techniques, aujourd'hui, le monde
réagit en regardant un passé rassurant, un village qui
aurait une âme serait la seule alternative aux formes directement
issue de la machine, sans temps, sans culture.
L'architecture
est au coeur de cette alternative. Doit-elle relever de cette course
effrénée qui produit de l'image éphémère
? Doit-elle s'inscrire comme un témoin durable dans le temps
? Doit-elle prendre un sens social : celui de la ville, celui de la
démocratie ?
Le
Centre des archives du monde du travail à Roubaix, m'apparaît,
dans cette perspective, comme un lieu idéal pour ouvrir cette
controverse que je voudrais durable pour être sûr que
la modernité soit toujours à venir."