Toutes les biographies de Gustave Eiffel (1) relèvent l'importance de l'année 1889 : c'est à la fois, celle de la gloire, avec l'inauguration de la "tour de 300 m" et celle, où entrepreneur des écluses du canal de Panama, il se trouve compromis dans le scandale qui marque l'échec de ce grand projet. Elles évoquent moins l'événement suivant qui en est peut-être une conséquence, et qui est l'origine de ce fonds : le 31 décembre 1889 la société en commandite G. Eiffel et Cie (2) cessait d'exister. Gustave Eiffel faisait apport à une nouvelle société, la Compagnie des établissements Eiffel (3), de ses ateliers de Levallois-Perret, de ses agences et représentations aux colonies et à l'étranger, de ses nombreux brevets et des commandes en cours.
Trois ans plus tard, en 1893, une assemblée générale extraordinaire décidait une réduction de capital et Gustave Eiffel se retirait du Conseil d'administration qu'il avait jusque là présidé. En même temps, la société prenait la nouvelle dénomination de Société de construction de Levallois-Perret (4), elle serait désormais dirigée par un collaborateur de longue date de Gustave Eiffel : Maurice Koechlin.
En 1937 (Gustave Eiffel était mort en 1923), l'entreprise reprenait le nom d'Eiffel sous la nomination d'Anciens établissements Eiffel, puis en 1960 de Etablissements Eiffel, pour devenir en 1965 la Société Eiffel. Elle a été mise en liquidation en 1975.
La modification de structure intervenue en 1890 n'affectait pas l'activité des ateliers de Levallois-Perret qui poursuivirent les travaux entrepris précédemment et continuèrent l'exploitation des brevets, essentiellement ceux de la construction de ponts préfabriqués dits "démontables ou économiques". Les près de quatre-vingt-dix ans d'activité qui ont suivi ont confronté l'entreprise aux modifications des conditions économiques et techniques qui ont affecté le secteur des travaux publics, dans la première moitié du XXe siècle.
La Société de construction de Levallois-Perret travailla d'abord dans le domaine qui avait été celui de Gustave Eiffel : grands ouvrages d'art pour les routes et les réseaux de chemin de fer, elle construisit aussi plusieurs ponts sur la Seine pour le métro de Paris. Mais, à mesure que l'équipement se complète, les grands chantiers se font plus rares en métropole. L'empire colonial, en revanche, offre alors aux industriels français de larges débouchés : la société avait repris l'agence de Saigon, elle en ouvre une à Madagascar, elle eut ensuite un représentant à Dakar, elle travailla également aux Antilles et à la Réunion. Dans ces pays neufs elle recherchait la clientèle des pouvoirs publics pour les grands ouvrages mais aussi celle des grandes exploitations agricoles et des entreprises industrielles (5). C'est principalement à cette clientèle coloniale que sont destinés les ponts "portatifs ou économiques" dont Gustave Eiffel avait déposé les brevets.
La fabrication et la vente de ces ponts démontables avaient une grande importance dans la marche de l'entreprise : ils assuraient un travail permanent aux ateliers et un volume d'affaires constants entre les commandes de grands ouvrages. La société en disposait toujours d'un stock disponible (6) ; après, éventuellement, l'étude des modifications de détails nécessaires, l'ouvrage était expédié au client en pièces détachées avec une notice de montage (7).
La guerre de 1914-1918 diminue considérablement les commandes de la métropole mais les travaux et fournitures se maintiennent outre-mer. L'immédiat après-guerre est l'occasion d'un regain d'activité dans le nord-est de la France avec la reconstruction des ouvrages détruits. Toutefois, à partir de ce moment les grands chantiers deviennent plus rares. La construction des réseaux de chemins de fer est achevée en métropole et dans les colonies même la majeure partie de l'infrastructure routière et ferroviaire est installée. Il reste cependant davantage de possibilités dans ces pays neufs qui s'ouvrent alors à l'industrialisation (8). A partir de cette date les Anciens établissements Eiffel s'adressent surtout au marché colonial qui commande désormais moins de grands ouvrages d'art et plus de hangars, d'ateliers, de pylônes pour lignes de transport d'électricité.
Ce changement dans les fabrications n'a sans doute pas été provoqué par les seuls facteurs économiques. L'industrie du bâtiment connaît alors une mutation technologique importante : Hennebique a construit le premier pont en ciment armé en 1897 et on a de plus en plus souvent recours à ce nouveau matériau (9). Quoique les Anciens établissements Eiffel aient toujours eu dans leur activité les travaux d'entreprise générale, ils étaient cependant très spécialisés en construction métallique. Ceci explique que la plus grande part de leurs commandes soit désormais constituée par ces installations industrielles qui précisément demeuraient du domaine métallique.
Pendant la Seconde Guerre mondiale les ateliers connaissent une longue période de quasi inactivité , faute, à la fois, de commandes et de matières premières. A partir de 1945 plusieurs chantiers importants s'ouvrent successivement : il s'agit, cette fois encore, de reconstruire et de réparer les ouvrages bombardés, on exécute enfin les projets étudiés avant la guerre et différés par elle. Le redressement économique, enfin, suscite la mise en chantier de grands travaux. Mais les techniques de la construction, par l'emploi du béton, ont désormais presque complètement éliminé le métal de la construction des grands ouvrages d'art. Le montage de l'ossature du béton armé nécessite parfois le recours au constructeur métallique, mais celui-ci n'est plus le principal maître d'oeuvre.
L'adaptation à ces conditions nouvelles se traduit concrètement par les modifications introduites dans l'organisation de l'entreprise à partir de 1957.
Cette année là les Anciens établissements Eiffel quittent les vieux ateliers de Levallois-Perret pour installer la fabrication dans une usine moderne au Blanc-Mesnil (10), dans la banlieue est de Paris, en même temps le siège social est transféré au 23 rue Dumont d'Urville à Paris.
Désormais spécialisée dans la construction des pylônes, de hangars, d'ateliers et de ponts roulants, la société cherche à élargir son activité à la construction de bâtiments publics et à usage industriel. Elle réalise ainsi la patinoire de Boulogne-Billancourt (11), l'usine d'embouteillage de Contrexéville (12) et le pavillon de la France à l'exposition universelle de Bruxelles de 1958 sur un projet audacieux de Guillaume Gillet (13). Néanmoins, même si le montage de charpentes et d'ossatures métalliques y tient encore une grande place, il ne s'agit plus là de bâtiments métalliques proprement dits.
Cette orientation nouvelle est à l'origine de la création en 1958 d'une filiale, la Société Eiffel d'entreprise générale qui a pour objet tous les travaux d'entreprise générale, la société mère ne conservant pour elle que l'activité construction métallique.
La construction métallique elle-même fait l'objet d'une réorganisation par la conclusion d'un accord en 1960 avec les Etablissements Baudet- Donon-Roussel pour la création d'une filiale Eiffel-Baudet-Donon-Roussel (14). Les Etablissements Eiffel réservent à cette nouvelle filiale tous les travaux de construction métallique en France ; ils n'exercent plus désormais leur activité que dans les pays d'outre-mer où les agences qu'ils ont implantées continuent d'être actives dans le secteur des travaux publics, à la fois dans le domaine de la construction métallique et dans celui de l'entreprise générale. Mais les pays d'outre-mer accédant alors à l'indépendance s'ouvrent à la concurrence internationale qui menace les intérêts des sociétés françaises, même celles implantées depuis longtemps.
En 1965 le groupe fait l'objet d'une nouvelle réorganisation : la Société Eiffel d'entreprise générale fusionne avec la Société parisienne d'études et de construction (15) et avec la Société africaine de construction (16) puis avec les Etablissements Eiffel pour constituer la Société Eiffel.
En 1976 le liquidateur a proposé les archives de l'entreprise au ministère de la Culture. L'ensemble représentait environ 400 mètres linéaires entreposés dans un local que la société possédait en Haute-Marne. Pour des raisons d'ordre matériel les Archives nationales n'ont pu en recueillir qu'une partie après un tri sommaire sur place. Ainsi, les documents recensés dans cet inventaire ne constituent pas la totalité des archives de la Société Eiffel et, en particulier, les dossiers techniques ne permettent pas de constituer une liste exhaustive des travaux exécutés ou étudiés.
L'inventaire a été réalisé par E. Carouge.
Dates extrêmes des documents :
1875-1969
Communicable suivant les délais légaux
Le fonds a été divisé en deux grandes parties : les documents administratifs et les documents techniques ; on a respecté au sein de chacune de ces parties la division par entreprise.
Les documents administratifs sont ceux de la gestion des entreprises. Il faut noter que, outre des renseignements strictement administratifs, on peut également y trouver des renseignements sur les travaux, en particulier dans les séries de correspondance et de devis.
Les archives de la Société de construction de Levallois-Perret, des Anciens établissements Eiffel, des Etablissements Eiffel, puis de la Société Eiffel ont été placées en tête. Ensuite viennent celles de la Société Eiffel d'entreprise générale, puis celles de la Société générale de construction de Paris-Argenteuil et des quatre entreprises qui lui ont été associées.
La Société générale de construction de Paris - Argenteuil a son origine dans les ateliers créés en 1824 par Pierre Joly à Argenteuil dans la rue qui porta ensuite son nom, des fusions successives avec les Etablissements Paillard-Koessler et, en 1923, avec la Société Leroux et Gâtinois (17) ont abouti à la création des Etablissements Joly d'Argenteuil et Leroux et Gâtinois réunis qui deviennent en 1926 la Société générale de construction Paris-Argenteuil (18). Cette même année 1926, la réinstallation des usines libère les locaux d'Argenteuil et une filiale, la Société immobilière de la rue Pierre Joly est créée pour assurer la gestion de cet ensemble immobilier. Des éléments des archives de toutes ces entreprises se retrouvent dans le fonds Eiffel.
La Société Dumont-Pérousse qui vient ensuite, est la société immobilière propriétaire des immeubles du 23 rue Dumont-d'Urville et du 22 rue La Pérouse à Paris (16ème arrondissement) où les Anciens établissements Eiffel puis les sociétés qui en sont issues ont installé leur siège social après leur départ de la rue Gustave Eiffel à Levallois-Perret (19).
On trouvera ensuite les archives de la Société africaine construction J. Anselmi qui fusionne avec la Société Eiffel d'entreprise générale en 1965. La Société congolaise de construction et de travaux publics était liée à la précédente ; Pierre Vallée, président-directeur-général de la Société Eiffel d'entreprise générale en fut administrateur et président.
Toutes ces séries présentent des lacunes importantes et on peut regretter, en particulier, la minceur des dossiers d'assemblées générales et de conseils d'administration. Toutefois, certains documents, tant par leur nature que par la période chronologique qu'ils couvrent sont particulièrement intéressants : toutes les séries de correspondance (152 AQ 6 à 9, 152 AQ 130 à 131), principalement la correspondance avec l'agence de Saigon ; les documents comptables offrent aussi un ensemble assez complet pour la période postérieure à 1918 (152 AQ 12 à 105) (20). Il convient de mentionner à part la série des inventaires au 31 décembre qui s'ouvre avec celui de 1889 et continue jusqu'en 1951, avec des lacunes il est vrai (21)(152 AQ 106 à 115).
La série des documents techniques regroupe les dossiers ouverts au nom de chaque ouvrage construit ou étudié. Nous possédons les dossiers techniques de trois entreprises : la Société de construction de Levallois-Perret (puis Anciens établissements Eiffel et Etablissements Eiffel), la Société Eiffel d'entreprise générale et la Société générale de construction Paris-Argenteuil. Pour chacune de ces entreprises, on a choisi de classer les dossiers dans l'ordre chronologique qui est celui qui rend le mieux compte de l'évolution des travaux entrepris.
Pour la première fois, il s'agit d'abord des archives du bureau des études. Ces dossiers sont donc constitués de notes de calculs des ouvrages, de notices descriptives, de plans et épures et métrés (22). Les dossiers des ouvrages les plus importants peuvent également comprendre de la correspondance avec le client, les projets élaborés par lui ou des dossiers de concours et des notes au sujet des modifications qu'il demande ; mais cette correspondance reste toujours du domaine technique qui est précisément celui du bureau des études (23). Les renseignements complémentaires sont à chercher dans les séries de documents administratifs : correspondance avec les agences outre-mer, le cas échéant, et registres de devis. Le changement de forme sociale n'ayant pas interrompu la marche de l'entreprise, cette série commence en fait avant 1889 avec les dossiers de quelques unes des réalisations les plus prestigieuses de Gustave Eiffel : le pont Maria Pia sur le Douro, le pont d'Empalot sur la Garonne ; le viaduc de la Tardes, le pont de Cubzac, la coupole de l'observatoire de Nice, le pont sur le Tage (24). Le bureau des études tenait également à jour la documentation sur les ponts préfabriqués de façon à pouvoir fournir aux clients ultérieurs, sans étude particulière, des ponts d'un type déjà étudié auparavant. Cette documentation remontait pour les modèles les plus anciens, aux débuts de l'entreprise. D'après certaines mentions d'archivage portées sur les dossiers, il semble qu'on ait procédé à un reclassement par types de ponts immédiatement après la Seconde Guerre mondiale : ces dossiers ont donc été insérés à cette place dans la liste chronologique qui se trouve ainsi interrompue.
La composition des dossiers techniques change vers 1954, époque à laquelle a dû intervenir une réorganisation des services. Les registres de devis s'arrêtent à cette date et on voit alors apparaître dans les dossiers d'ouvrages, à côté des plans et notes de calculs, des documents relatifs au suivi administratif de la soumission ou du marché, la correspondance avec les fournisseurs, sous-traitants ou entreprises associées, et de devis. La construction se fait alors plus complexe et exige le concours simultané de plusieurs entreprises (25). Cette coopération est un facteur de procédures administratives et gonfle les dossiers de documents non techniques.
Les dossiers de la Société Eiffel d'entreprise générale, issue des Anciens établissements Eiffel à l'époque de cette modification, présentent les mêmes caractères. Il s'agit désormais de dossiers technico-commerciaux et non d'archives de bureau d'études ; ce sont généralement des propositions au client dans lesquelles on trouve en particulier, outre des plans, un devis descriptif et un devis estimatif.
L'inventaire se termine par une série de "plans". Il s'agit de documents qui devraient théoriquement être joints aux dossiers de la Société de construction de Levallois-Perret et des Anciens établissements Eiffel ce que leur format rendait pratiquement irréalisable, ils étaient d'ailleurs, sans doute pour la même raison, archivés à part dès l'origine. Certains correspondent à des ouvrages dont le dossier figure dans la première série des documents techniques et, dans ce cas, la cote de ce dossier a été mentionnée après l'analyse des documents. Ces plans représentaient une proposition considérable des documents donnés aux Archives nationales. Il s'agissait pour l'essentiel des plans dits "de détails" destinés à la fabrication par l'atelier des pièces nécessaires au montage des ouvrages métalliques (26) et qui n'offraient de ce fait qu'un intérêt limité. La plupart ont donc été éliminés. On n'a conservé que les plans d'ensemble ou de parties d'ensemble et à titre de spécimen, la série, assez complète, des plans de détails du viaduc de Garabit (152 AQ 306 à 329).
On pourra trouver des compléments d'information dans les séries F14 du Centre historique des Archives nationales, S des archives départementales et les séries des Travaux publics des du Centre des archives d'Outre-mer. Les papiers de l'architecte Guillaume Gillet, auteur des plans du pavillon de la France à l'exposition de Bruxelles et de plusieurs autres projets sur lesquels la société a travaillé, sont également déposés au Centre historique des Archives nationales sous la cote 367 AP, ce fonds comprend un grand nombre de documents des Anciens établissements Eiffel. Les archives de la Compagnie française de construction métallique sont conservées au Centre des archives du monde du travail sous la cote 1995002
On trouvera aussi dans le fonds 65 AQ des Archives nationales les statuts de la Compagnie des Etablissements Eiffel et les procès-verbaux d'assemblées générales de 1891 et 1892 et de 1897 à 1900.
La bibliothèque de l'Ecole nationale des Ponts et chaussées
conserve une assez abondante documentation imprimée sur
les ouvrages de Gustave Eiffel et en particulier des catalogues
de ponts portatifs : l'un publié par Gustave Eiffel
en 1887 (17367/C.926), l'autre par les Anciens établissements
Eiffel (in-4. 31038).
Arc biais : arc dont l'axe longitudinal diffère de l'axe général de l'ouvrage
Ame (d'une poutre) : barre métallique utilisée comme pièce principale d'une poutre
Arbalétrier : grosse pièce oblique constituant un côté d'une ferme
Attache : petite pièce servant à fixer des éléments de charpente
Avant-bec : dispositif de lançage des tabliers
Cahier des clauses et spécifications spéciales : cahier des charges particulier à un chantier déterminé et donnant le détail des caractéristiques que devra obligatoirement présenter l'ouvrage à construire
Caisson : carapace en bois, en métal, ou en béton armé, permettant de faire des travaux dans le lit d'une rivière
Chariot de visite : dispositif mobile prévu dans une construction pour en permettre l'inspection et l'entretien
Console : saillie destinée à soulager la portée d'une ferme de grande ouverture
Contreventement : assemblage de pièces destiné à empêcher la déformation de la construction
Contrefiche : dans une ferme, pièce perpendiculaire à un arbalétrier
Coupe : représentation par le dessin d'un objet (édifice, mécanisme) supposé coupé par un plan quelconque de manière à montrer la disposition des pièces, ou des organes intérieurs selon ce plan
Couvre-joint : languette dont on recouvre les joints des éléments juxtaposés et non assemblées
Croisement : attache utilisée pour fixer des éléments de charpente métallique qui se superposent en se croisant
Culée : appuis extrêmes d'un ouvrage destiné à résister aux poussées latérales
Darse : bassin ouvert d'un port
Devis descriptif : document établi par le constructeur, décrivant l'ouvrage à construire
Devis estimatif : document établi par le constructeur donnant pour chaque partie de l'ouvrage le détail et le prix des opérations nécessaires à la construction
Devis programme : document établi par le maître d'ouvrage décrivant l'ouvrage qu'il se propose de faire construire
Diagramme : plan représentant la disposition des éléments d'un ouvrage métallique
Elévation : représentation d'un ouvrage projeté sur un plan vertical parallèle à l'une des faces de cet ouvrage
Entretoise : pièce destinée à en relier deux autres et à les maintenir dans une position invariable
Entretoisement : système d'entretoises
Epure : représentation graphique des résultats d'un calcul
Fer en I, en T, en U, plat : pièce de métal oblongue définie par la forme de sa section
Ferme : assemblage d'éléments de charpente destiné à soutenir la couverture de l'espace compris entre deux murs ou deux piliers
Flèche : déplacement consécutif au fléchissement
Fléchissement : déformation d'une pièce ou d'un ouvrage sous l'effet d'une charge
Fonçage (de pieux) : opération qui consiste à enfoncer dans le sol les pieux destinés à soutenir un ouvrage
Fonte d'ornement : élément décoratif rapporté sur un ouvrage métallique
Fourrure : pièce de métal destinée à remplir un vide dans un assemblage
Lançage : construction d'un ouvrage en porte-à-faux
Longeron : pièce maîtresse de l'ossature d'un ouvrage
Métré : devis général et détaillé, avec classement méthodique de la nature, de la valeur, de l'étendue des divers travaux exécutés. En construction métallique, métré du métal : nomenclature détaillée et méthodique des pièces du métal nécessaires à la construction d'un ouvrage
Musoir : extrême pointe d'une digue ou d'une jetée
Moment fléchissant : somme des moments des forces qui, appliquées à un ouvrage ou à un élément de charpente, provoquent une flèche dans cet ouvrage ou cet élément.
Note de calcul : présentation raisonnée des calculs de la conception d'un ouvrage
Notice descriptive : notice de présentation des parties et des caractéristiques générales d'un ouvrage qu'on se propose de construire
Ouverture (d'un arc) : dimension de l'espace compris entre les retombées
Palée : rangée de pieux enfoncés en terre pour soutenir un ouvrage ; assemblage métallique établi sur ces lieux pour soutenir le tablier d'un pont
Pièce de pont : pièce maîtresse d'un pont
Pile : construction métallique ou de maçonnerie formant pilier et destinée à supporter le tablier d'un pont
Pont-fer : pont destiné à permettre le passage d'une voie de chemin de fer
Pont-route : pont destiné à permettre le passage d'une route
Portée (d'un pont) : espace franchi par un pont
Retombée (d'un arc) : naissance de l'arc à l'endroit où l'axe de la partie cintrée rencontre celui des parties verticales
Saut-de-mouton : pont destiné à permettre le passage d'une voie ferrée ou d'une route au-dessus d'une autre
Semelle : pièce qui contribue à l'assujettissement des arbalétriers
Sommier : point d'application des efforts dans une charpente
Soumission : déclaration écrite par laquelle un entrepreneur s'engage à se charger, à certaines conditions, d'un ouvrage ou d'une fourniture faisant l'objet d'un concours ou d'un appel d'offres ; ensemble des documents justificatifs (notes de calculs, devis descriptif et estimatif, plans) joints à cette déclaration
Sonnette : machine à soulever le mouton pour enfoncer des pieux
Surcharge : charge imposée à un pont par la circulation qui passe sur la voie qu'il supporte
Tablier : dans un pont, plate-forme sur laquelle est établie la voie
Travée : partie d'un pont comprise entre deux piles
Treillis : ensemble rigide formé de pièces entrecroisées
Tympan : partie d'un pont à arc comprise entre l'extrados de l'arc et le tablier qu'il supporte
Wharf : appontement qui s'avance dans la mer et où accostent les navires qui ne peuvent atteindre le côté
(1)
Citons notamment : Jean PREVOST, Eiffel, Paris, 1929 ;
François PONCETON, Eiffel, le magicien du fer, Paris,
1939 ; Maurice BESSET, Gustave Eiffel 1832-1923, Paris,
1957 ; Gilbert CORDIER, A propos de l'oeuvre de Gustave
Eiffel. Documentation et réflexions sur les circonstances
et les méthodes de la construction métallique au
XIXe siècle, Paris, ministère de la Culture
et de l'environnement, 1977, multigr.
(2)
Créée en 1863.
(3)
Statuts déposés chez Me Dufour, notaire à
Paris le 28 février 1890 : le siège de la société
était 35 rue Pasquier à Paris.
(4)
En 1897 le siège fut transféré 42 rue Fouquet
à Levallois-Perret où se trouvaient les ateliers.
(5)
Cf. Pierre GUILLAUME, le Monde colonial, Paris, 1974, p.245 :
"la grande innovation de ce second XIXe siècle
est, qu'à côté des biens de consommation,
les biens d'équipement, matériel ferroviaire, surtout,
prennent une importance majeure".
(6)
Voir 152 AQ 193, dossier 3.
(7)
Dossiers techniques des ponts préfabriqués :
152 AQ 228-232.
Beaucoup de ces ponts ont servi à équiper des routes
ou des voies ferrées secondaires, surtout aux colonies.
La précision de la fabrication et l'assemblage par boulons
au lieu de rivets permettaient de confier le montage, au demeurant
relativement simple, à des ouvriers non spécialisés.
Voir à ce propos la notice "Application du nouveau
type de ponts portatifs de M. Eiffel aux chemins de fer à
voie de 100 m de Java" (152 AQ 156, dossier 1) ;
on retrouve un écho de cette préoccupation commune
à tous les administrateurs outre-mer dans le devis programme
des ponts "pour diverses routes de la colonie de Madagascar" :
"l'assemblage sur place des panneaux entre eux et avec
les pièces de pont et plus généralement de
toute la charpente métallique sera réalisé
au moyen de boutons ; cette opération devra
être aussi simple que possible" (152 AQ 191, dossier
1).
Voir aussi : ROUSSEAU, Rapport au ministre de l'intérieur
sur les nouveaux ponts portatifs et économiques (système
Eiffel), Paris, 1885 ; THAREAU (G.) Ponts démontables
(système Eiffel) Emploi aux rétablissements des
voies ferrées, Paris, 1886.
(8)
Cf. Pierre GUILLAUME, op-cit., pp.245-250.
(9)
Cf. Jacques FOUGEROLLE, l'Evolution du béton armé
dans Cent ans de béton armé, supplément
à la revue Travaux, n 194 bis, Paris, 1949, pp.63-77
et Maurice BESSET, Eiffel
(10)
Ce bâtiment est pris à bail de la Société
générale de construction Paris-Argenteuil, cf. infra.
(11)
152 AQ 156, dossier 1.
(12)
152 AQ 257, dossier 4, à 152 AQ 258.
(13)
152 AQ 260-263 ; les archives de Guillaume Gillet sont déposées
au Centre historique des Archives nationales où elles sont
conservées sous la cote 367 AP.
(14)
EBDR devenue ensuite Compagnie de travaux métalliques ;
cette société avait son siège 139-141 rue
de Saussure à Paris, elle a ensuite été absorbée
par la Compagnie française d'entreprises métalliques.
(15)
Cette société, qui avait également son siège
23 rue Dumont d'Urville, n'apparaît qu'à cette occasion
dans les archives, on ignore quels liens l'unissaient aux Etablissements
Eiffel
(16)
Des membres de la direction de la Société Eiffel
d'entreprise générale étaient administrateurs
de cette société qui avait son siège à
Pointe-Noire (Congo) ; cf. infra.
(17)
Statuts chez Me Bossy, notaire à Paris, le 11 juillet 1913 ;
voir Archives nationales 65 AQ Sb 1182
(18)
Assemblée générale extraordinaire du 21 juin
1926, 152 AQ 138, dossier 4.
(19)
En 1965 la Société Eiffel est domiciliée
131 avenue de Wagram. La Société Dumont-Pérousse
est une filiale des Anciens établissements Eiffel.
(20)
La comptabilité a été réorganisée
en 1952 : à partir de cette date le journal général
est une simple centralisation, le détail des opérations
ne figure que dans les journaux auxiliaires.
(21)
Principalement la période 1923-1940 pour laquelle ne subsiste
que l'année 1934.
(22)
Documents récapitulant la totalité des pièces
de métal nécessaires à la construction.
(23)
Certains dossiers sont incomplets, réduits par exemple
aux seules "pièces écrites" (notes de
calculs, notes descriptives) ou aux plans de détails.
(24)
Les plans de la tour Eiffel, qui faisaient partie du fonds, ont
été vendus par le liquidateur à la Société
de la Tour Eiffel.
(25)
Cf. en particulier le dossier de la construction de l'usine d'embouteillage
de Contrexéville en 1955-1958 (152 AQ 257, dossier
4 à 152 AQ 258), du pavillon de la France à l'exposition
de Bruxelles en 1958-1959 (152 AQ 260-263) et du pont
sur le Tage à Lisbonne en 1957-1960 (152 AQ 267-270).
(26)
La préparation minutieuse et la fabrication des pièces
en atelier aux cotes les plus précises est la grande innovation
de Gustave Eiffel dans le domaine de la construction métallique.
Ce procédé, qui devait permettre la vente des ponts
préfabriqués, était aussi celui de la construction
des grands ouvrages pour lesquels le travail sur le terrain se
réduisait à des opérations de montage. Cette
technique, appliquée à la tour Eiffel, fit l'étonnement
des contemporains, surpris pour le "calme" du chantier
et la rapidité de la construction.
Cf. Charles BRAIBANT, Histoire de la Tour Eiffel, Paris,
1964, pp. 77-79 et Gilbert CORDIER, A propos de l'oeuvre de
Gustave Eiffel..., p.387.