EQUIPE DES PRETRES-OUVRIERS RHONE-ALPES

1998025



Activité : Organisation religieuse et philosophique



Historique

 

L'existence de prêtres-ouvriers dans la région de Saint-Etienne est extrêmement liée à l'histoire de l'Eglise catholique locale, implantée dans l'un des plus anciens foyers de la révolution industrielle. L'histoire ouvrière y est très riche, depuis les affrontements de 1848 jusqu'à la crise de Manufrance, symbole de l'aggravation de la situation économique.

En 1969, le Conseil diocésain de la Mission ouvrière de Saint-Etienne, réunissant les délégués de l'Action catholique ouvrière et de l'Action catholique étudiante, ceux des Jeunesses ouvrières chrétiennes, les religieuses et prêtres en milieu ouvrier, exprime sa conviction du rôle nécessaire de prêtres au travail. L'évêque décide alors l'envoi de prêtres-ouvriers, comme signe de la volonté commune d'évangélisation du monde ouvrier, renouant avec l'envoi des premiers prêtres-ouvriers qui avait eu lieu après la seconde guerre mondiale. En effet, la région stéphanoise avait alors connu des prêtres-ouvriers dont l'influence a durablement marqué la réalité ouvrière : Joseph Gouttebarge, militant infatigable, et Maurice Combe, qui ont tous deux vécu douloureusement l'interdiction des prêtres-ouvriers en 1954, motivée par la conviction papale d'une incompatibilité entre le travail en usine et le sacerdoce. Il faut attendre 1965, et les effets du concile Vatican II, pour que l'Assemblée plénière de l'épiscopat français, en accord avec le pape, décide que de nouvelles équipes de prêtres-ouvriers peuvent naître.

A Saint-Etienne, la réflexion du Conseil diocésain de Mission ouvrière a conduit à la naissance d'une équipe de cinq prêtres, venus du ministère paroissial. Cette équipe a tout de suite une dimension régionale, car deux des membres travaillent dans des villes voisines. De nouveaux membres rejoignent ensuite l'équipe. L'équipe de vie commune (quatre membres) est élargie d'une équipe de réflexion, à laquelle participent aussi des stagiaires du Prado. Henri Sabot, délégué à la Mission ouvrière, vit dans l'équipe sans être prêtre-ouvrier. L'équipe se réunit alors deux fois par semaine pour la révision de vie et la célébration de l'eucharistie ; une fois par mois se réunit une équipe élargie à Roanne, Brassac et Clermont-Ferrand.

En 1972 puis en 1978, l'équipe exprime le désir que soit créée une deuxième équipe, plus jeune, et évoque alors le sens de sa vie, de son travail et de ses engagements :

« On entend dire parfois qu'il n'y a plus de classe ouvrière, voire de vie ouvrière. Le compagnonnage quotidien du travail fait bien ressortir l'inexactitude d'une telle affirmation. Nous voudrions réveiller l'attention sur les conséquences physiques, morales, spirituelles qu'apporte chez des milliers de gens de nos quartiers, une vie soumise tous les jours aux conditions de travail et de salaire ; nous parlons des travailleurs manuels. Le partage de leur vie nous amène à voir les conséquences de la recherche prioritaire du profit, un profit qui écrase des hommes, mutile initiatives, responsabilité, dignité, et même le corps humain. Les victimes du profit sont les pauvres d'aujourd'hui : "On n'est que des ouvriers" disent-ils. QUEL SACERDOCE existera avec et parmi eux ?

Ce qui fait l'essentiel de la vie d'un PO, c'est l'évangélisation du monde ouvrier et la construction de l'Eglise parmi les travailleurs et avec eux. Cette évangélisation se fait dans et par le travail. Le ministère de prêtre-ouvrier n'est ni extraordinaire, ni une simple expérience, ni un moyen d'équilibre personnel. La présence de PO ou d'équipes PO a un sens pour un grand nombre de travailleurs, qui ne sont pas forcément en lien avec l'Eglise ; nous avons pu le vérifier dès notre entrée au travail, par l'accueil que nous avons reçu et par le souvenir conservé des premiers PO à Saint-Etienne. (...)

La reconnaissance des travailleurs ne suffirait pas à justifier l'existence des prêtres-ouvriers. Cette existence de PO a sa source dans la mission de l'Eglise (...) Notre mission serait tout aussi incomplète si nous n'avions pas la conviction que l'évangélisation est en même temps l'affaire de tout baptisé : d'où l'importance pour nous des militants en ACO, JOC, JOCF, ACE, des aumôniers de ces mouvements, et de tout prêtre, religieux et religieuse en contact vrai avec les travailleurs. C'est bien là, dans cette mission commune que nous voulons vivre davantage notre ministère de prêtre. »

Equipe de prêtres-ouvriers de Saint-Etienne,
lettre collective, 10 mai 1978




Modalités d'entrée

 

Les documents ont été déposés au Centre des archives du monde du travail par Maurice Aoustet, membre de l'équipe des prêtres-ouvriers de Saint-Etienne.

Dates extremes des documents : 1968 - 1997
Communicable sur autorisation


Bibliographie

André DEPIERRE, Histoire et signification des prêtres-ouvriers, Documents ACO n66, 1972.

 

Emile POULAT, Naissance des prêtres-ouvriers, Casterman, 1965.

 

Jean VINATIER, Les prêtres-ouvriers, le cardinal Liénart et Rome, Les éditions ouvrières, 1985.

 

"Aujourd'hui les prêtres-ouvriers", numéro spécial de La foi d'un peuple, publication de la Mission ouvrière, 1986.

 

Jacques PREVOTAT, Etre chrétien en France au XXe siècle, Paris, 1998.

 

Robert WATTEBLED, Stratégies catholiques en monde ouvrier dans la France catholique d'après-guerre, Editions ouvrières, 1990.

 

"Cinquantenaire du livre La France, Pays de Mission ? " : numéro spécial de Témoignage chrétien, 1994.


EQUIPE DES PRETRES-OUVRIERS RHÖNE-ALPES : présentation du fonds

 

Les archives contiennent des notes conservées par l'équipe depuis sa création en 1969, ainsi que des notes manuscrites d'Henri Sabot, délégué à la Mission ouvrière au plan diocésain, puis national.
Ces différents documents concernent donc la vie de la Mission ouvrière dans la région Rhône-Alpes, les rencontres régionales de l'équipe et les rencontres auxquelles elle participe au plan national. S'y ajoutent quelques textes à caractère plus personnel.