Société de construction des Batignolles

89 AQ




Historique


Le 18 février 1846, grâce à l'appui d'un certain nombre de banquiers qui, avec James de Rothschild, qui apportait cent mille francs, avaient fondé la Compagnie des chemins de fer du Nord (1), l'année précédente, un jeune ingénieur, Ernest Gouin, ancien élève de Polytechnique qui depuis 1840 travaillait aux ateliers des chemins de fer du Paris Saint-Germain, installait aux Batignolles une société en commandite par actions dénommée Ernest Gouin et Cie. Son objet initial était la construction de locomotives à vapeur. Il s'agissait, en effet, dans l'esprit des commanditaires de créer pour la Compagnie du Nord des ateliers mécaniques comme en possédaient, à l'époque toutes les grandes compagnies ferroviaires (2).

Mais la crise financière de 1847 ralentit les commandes des grandes compagnies et fit comprendre à Ernest Gouin qu'il devait diversifier les activités de sa société. Il élargit alors son champ d'action en introduisant en France la construction de ponts métalliques dont le premier fut celui d'Asnières en 1852, en créant un service d'études et d'exécution.

En raison de ses succès en matière d'ouvrages métalliques, la société se vit bientôt confier l'exécution des maçonneries, puis des fondations, enfin des accès. Dès 1862, elle s'attaqua à la construction de lignes de chemin de fer, tandis que six ans plus tard, elle inaugurait la réalisation de travaux d'assainissement en exécutant le siphon de pont de l'Alma.

A partir de 1870, elle est l'une des entreprises les plus actives en matière de chemin de fer (3) et son développement rapide l'amena, l'année suivante, à se transformer en société anonyme sous le nom de Société de construction des Batignolles, raison sociale qu'elle conserva jusqu'en 1969, date à laquelle elle fusionna avec la Société parisienne pour l'industrie électrique (SPIE) pour prendre le nom de Spie-Batignolles. Nous n'allons pas suivre pas à pas toutes l'histoire de cette société (4) qui, à partir de la mort de son fondateur en 1885, sous l'impulsion de son fils, Jules Gouin, puis de ses descendants, consacra sa force à l'extension dans le monde dans toutes sortes de travaux publics. Il faut cependant encore noter qu'elle rompit définitivement avec son objet initial en 1928 en fermant ses ateliers de construction mécanique de l'avenue de Clichy (5), aux Batignolles, dont elle fit apport, une fois transférés à Nantes, à sa filiale, la Compagnie générale de construction de locomotives Batignolles-Châtillon (6) qu'elle avait fondé en 1917. Nous ne citerons pas non plus toutes les réalisations auxquelles elle attacha son nom ; il suffit au lecteur de se rapporter aux brochures et plaquettes publicitaires que cette entreprise réalisa (7). Un certain nombre de ces travaux sont d'ailleurs énumérés dans l'étude des dossiers techniques des Batignolles qui figure plus bas.



Modalités d'entrée


En 1958 la société, sur les instances de M. Bertrand Gille, conservateur à la sous-section des archives économiques des Archives nationales, accepta de déposer une partie de ses papiers dans les locaux de cette administration.
L'inventaire a été réalisé par M. Garrigue.

Dates extrêmes des documents : 1846-1941
Communicable sur autorisation



Présentation du fonds


Nous nous sommes efforcés de suivre un plan logique pour classer ces papiers. Malheureusement les versements échelonnés et la masse considérable des documents n'ont pas permis de rédiger un inventaire suffisamment rigoureux.

Certaines anomalies sont à signaler. Les inventaires d'archives, qui concernent essentiellement les dossiers techniques et qui devraient les précéder, figurent presque en tête du fonds. En effet ces petits opuscules reliés ont été cotés dès l'entrée du fonds aux Archives nationales avec les autres documents qui pouvaient être mis à la disposition du public sans délai, ne demandant pas de travail d'inventaire.

Il existe, de plus, un supplément qui comprend essentiellement la compatibilité locale de divers chantiers, qui aurait trouvé une meilleure place après la comptabilité générale ou dans chaque chantier. Enfin quelques dossiers épars qui se trouvaient dans les dossiers de chantiers, mais concernaient la société dans son ensemble ont été regroupés à la fin.


Ces réserves faites, le plan de l'inventaire est le suivant :
89 AQ 1 à 19/1 Procès-verbaux de conseils et assemblées et statuts
89 AQ 19/2 à 19 bis Actionnaires
89 AQ 20 à 110 Inventaire d'archives
89 AQ 111 à 589 Correspondance
89 AQ 590 à 847 Comptabilité générale
89 AQ 848 à 2738 Dossiers techniques des chantiers
89 AQ 2739 à 3109 Comptabilité des chantiers et divers
(8)
89 AQ 3110 à 3210 Participations et filiales
89 AQ 3211 à 3217 Divers (domaine, accident du travail, documentation publicitaire et coopérative)

En tête viennent les documents sociaux : procès-verbaux des assemblées (1847-1951) et du conseil d'administration (1873-1953) qui ont été microfilmés et donnent une vue générale et complète de l'activité de cette société. Les originaux ont été conservés par la société Spie-Batignolles.

Grâce aux registres de déclaration de cessions et de transferts d'actions et aux registres des actionnaires, on peut entreprendre une étude assez complète de l'actionnariat des Batignolles de 1874 à 1928 et plus partielle jusqu'en 1944.

Il est inutile de revenir sur les inventaires d'archives si ce n'est pour signaler qu'ils ne couvrent pas tous les travaux pour lesquels nous avons conservé des dossiers techniques et que leur utilisation est très difficile, car ils ne présentent les travaux dans aucun ordre, méthodique, alphabétique ou géographique, mais suivant les diverses armoires dans lesquelles les dossiers ont été archivés.

La correspondance, elle, est fort incomplète et très tardive : celle de l'administration déléguée couvre treize années (1926-1939) et celle du secrétariat général qui ne touche que neuf années ne débute qu'en 1947 (1947-1956).

La comptabilité générale est représentée par les bilans tardifs (1916-1941), mais les pièces à l'appui de ces bilans existent depuis 1879 (1879-1944) De plus, nous avons le journal (1846-1943) et le grand livre (1846-1944) depuis la fondation de l'entreprise.

Il n'est pas question de redire ici toute l'importance des types de documents dont nous venons de parler brièvement, par contre nous pensons qu'il peut être utile au lecteur d'avoir un aperçu plus substantiel de ce qui fait l'originalité de ce fonds, les dossiers techniques de chantiers (9).

Avant d'esquisser une étude quantitative de ces documents, il est bon de noter que les archives qui ont été déposées ne forment qu'une partie de papiers de la société. En effet, lorsque l'on se reporte aux listes de travaux, on voit tout de suite que pour certains nous ne possédons rien ou bien un maigre dossier. Aussi la liste des principaux travaux que nous avons dressées, n'est-elle pas exhaustive ; elle est une simple indication pour le chercheur sur les travaux pour lesquels les Archives nationales offrent le plus grand nombre de renseignements. Il n'est que de se reporter aux brèves lignes d'introduction sur les débuts de la société pour voir que les premiers grands travaux que les Batignolles réalisèrent ne figurent pas dans les dossiers que nous avons inventoriés ; nous ne trouvons rien sur la construction du pont d'Asnières, rien sur le siphon du pont de l'Alma ou la ligne de chemin de fer de Saumur à Poitiers ; nous n'avons que les dossiers fragmentaires sur la construction de la ligne de Bône à Guelma (10), celle de Saint-Louis à Dakar (11) ou sur le pont de Tunis (12). En fait les travaux anciens sont fort mal représentés. Le fonds que nous conservons est riche surtout pour les années 1920-1950.

Malgré leurs lacunes ces dossiers techniques ne couvrent pas moins de 250 mètres linéaires dont nous allons nous efforcer de donner par grandes masses la répartition géographique. En effet, nous avons adopté un classement topographique de ces dossiers par ordre alphabétique de continents, de pays et de noms de lieux. Lorsque des travaux portent sur l'ensemble d'un pays, ils ont été classés soit au nom commun qui désigne l'ouvrage exécuté, soit au nom même du pays avec une mention particulière de ces réalisations à l'index des noms de lieux. C'est ainsi que l'on trouve les réalisations ferroviaires soit au mot « chemin de fer » soit au nom du pays.

Il n'y a rien de bien étonnant à ce que ce soit pour la France que nous ayons le plus grand nombre de dossiers : 47% de l'Europe qui elle-même forme 51% de l'ensemble des papiers techniques. Trois réalisations dominent l'ensemble : les fortifications de Bersillies (13), le barrage de Suresnes (14) et les travaux de reconstruction de ponts après la Deuxième Guerre mondiale (15). Au total des travaux du milieu du 20e siècle et dont la masse d'archives conservées n'est pas très importante (16). Là encore, les grands ponts construits au 19e siècle ou les lignes de chemin de fer sont à peu près absents.

Le reste de l'Europe offre d'importantes réalisations. En tête viennent les constructions de lignes ferroviaires : chemins de fer de Yougoslavie (17), de Grèce(18) et de Suisse(19). Mais nous trouvons aussi un grand port avec celui de Gdynia en Pologne (20), de vastes travaux d'assainissement dans les plaines de Pantchévo en Yougoslavie (21) et la réalisation de deux ponts monumentaux en Russie, l'un sur la Néva (22), l'autre à Saint-Pétersbourg (23).




Liste des principaux travaux (24)

1. Chemin de fer de Brazzaville à l'océan (Congo) 153 art.
2. Port de Tamatave (Madagascar) 104 art.
3. Port de Pointe-Noire (Congo) 84 art.
4. Chemin de fer yougoslaves 69 art.
5. Complexe industriel de Port-Gentil (Gabon) 59 art.
6. Port de Gdynia (Pologne) 58 art.
7. Travaux de fortification de Bersillies (France) 52 art.
8. Assainissement de Santiago du Chili (Chili) 51 art.
9. Chemin de fer en Grèce 50 art.
10. Chemin de fer suisses 48 art.
11. Barrage de Suresnes (France) 46 art.
12. Reconstruction de ponts en France 43 art.
13. Chemin de fer tunisiens 34 art.
14. Assainissement des terrains de Pantchévo (Yougoslavie) 32 art.
15. Port de Guayaquil (Equateur) 30 art.
16. Déplacement de la ligne de Chemin de fer dans la traversée de Nantes (France) 30 art.
17. Port de Djibouti (Côte française des Somalis) 26 art.
18. Barrage d'Assouan (Egypte) 24 art.
19. Barrage de Foum-el-Gherza (Algérie) 23 art.
20. Pont sur la Néva (Russie) 18 art.
21. Pont Trotsky à Saint-Pétersbourg (Russie) 16 art.
22. Chemin de fer algériens 16 art.
23. Ateliers de Nantes (France) 15 art.
24. Barrage de Pébernat (France) 15 art.

Mais la société des Batignolles sut aussi profiter des larges possibilités qu'offrait l'empire colonial, et particulièrement celui que possédait la France en Afrique. L'ensemble des dossiers concernant l'Afrique forme 34% des dossiers techniques. Cinq grandes réalisations représentent 60% des archives de ce continent. Au premier rang se trouve l'ensemble très riche touchant la construction de la ligne de chemin de fer de Brazzaville à l'Océan (25). Viennent ensuite quatre importantes réalisations portuaires : Tamatave (Madagascar) (26), Pointe-Noire (Congo) (27), Port-Gentil (Gabon) (28), Djibouti (Côte française des Somalis) (29). L'élévation de deux barrages à Assouan (Egypte) (30) et à Foum-el-Gherza (Algérie) (31) est encore à mettre à l'actif de cette entreprise. L'activité des Batignolles dans cette partie du monde ne peut pas se mesurer à ses seules réalisations : il n'est que de voir le grand nombre d'études qu'ils firent, les nombreuses propositions qu'ils présentèrent, en particulier pour les constructions portuaires, pour saisir l'importance qu'ils apportaient à tout ce qui touchait les travaux publics en Afrique. C'est ainsi que pour les ports d'Abidjan, de Dakar, de Mers el-Kébir, d'Agadir ou de Bizerte, pour ne citer que les plus célèbres, elle dressa des avant-projets.

Les archives concernant l'Amérique du Sud ne représentent que 9% des dossiers techniques. Le seul ensemble complet que nous possédions est celui des travaux d'assainissement de la ville de Santiago (32). Bien loin derrière viennent l'aménagement du port de Pernambouc (Recife) (33) et l'installation de ponts métalliques pour le chemin de fer de Rio do Sul (34). Si les réalisations semblent médiocres, nous voyons par contre la Société des Batignolles se charger de contrats d'étude : à Guyaquil, en Equateur, où elle envoya tout un personnel, installa un véritable chantier pour dresser le projet de construction de ce port dont elle n'exécuta point les travaux (35). Le reste des papiers américains est formé d'une multitude de notes, de documentation, de correspondance et de rapports de mission touchant des travaux auxquels elle s'est intéressée sans parvenir à s'en voir confier la réalisation.

Enfin dans cet ensemble l'on trouve une documentation toute particulière : c'est celle émanée d'Adolphe Guérard, inspecteur général des Ponts et chaussées, ancien ingénieur en chef du port de Marseille. Cet homme fut pendant la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle l'ingénieur-conseil de la Société des Batignolles. Nous lui voyons ce titre dans les travaux du port de Valparaiso. De plus, sa notoriété fit que des gouvernements ou des sociétés le chargèrent d'étudier des travaux portuaires : en Uruguay il fut chargé d'une mission par la Compagnie des chemins de fer de Santa Fé (36), à Panama, il représenta la France (37), pour le port de Montevideo, il fut le conseiller technique du gouvernement (38). En raison de son lien avec la Société des Batignolles, il dut lui léguer l'ensemble très riche de ses papiers sur les réalisations portuaires auxquelles il apporta son aide ou sur lesquelles il rassembla une documentation souvent très fournie. Ses dossiers ne portent pas d'ailleurs que sur les ports américains, mais du monde entier, et le lecteur qui désirerait avoir une vue générale de cette documentation devra se reporter à l'index des noms de personnes. Au total les dossiers américains reflètent la position de cette société sur ce continent : elle a recherché et entrepris des pourparlers importants, mais n'a pu en réaliser qu'un assez petit nombre.

C'est en Asie que nous avons les archives les plus pauvres ce qui reflète la difficulté que la société des Batignolles eut pour s'implanter dans cette partie du monde. Les dossiers contiennent essentiellement de la documentation sur divers pays et les travaux qui y sont prévus. Ils renferment, en outre, toute une correspondance dans laquelle nous voyons les contacts qu'elle essaya de nouer en vue de participer à l'adjudication de grands travaux. A ces renseignements se joignent huit dossiers personnels d'Adolphe Guérard (39), dont nous avons parlé plus haut. Ce ne sont pas seulement les aléas de la chance qui peuvent expliquer le peu de documents qui nous sont parvenus. En effet, maintes fois nous voyons les Batignolles entreprendre des études préliminaires, présenter des propositions, mais se faire évincer ensuite par une autre société. On compte une dizaine de travaux fort divers qu'elle n'a pu remporter (40). Les seules études importantes pour lesquelles nous ayons des renseignements quelque peu étoffés sont : l'établissement de devis estimatifs pour les barrages de Bakhra (41) et l'aménagement de la Damodar Valley (42), d'une part, l'étude pour l'installation d'un chemin de fer en Iran de l'autre (43). Les réalisations pour lesquelles nous avons conservé mieux que des bribes se résument à la fourniture et à la pose de tabliers métalliques de ponts pour les lignes de chemin de fer chinoises (44) et indochinoises (45). Au total nous sommes en présence d'une documentation très fragmentaire et qui offre difficilement la possibilité de se faire une idée complète de la façon dont fonctionnèrent les chantiers sur ce continent.

En essayant de donner quelques renseignements sur l'importance numérique des dossiers techniques et leur répartition géographique nous avons été amenés à distinguer déjà les réalisations des contrats d'études, les archives de chantier de la documentation. Il nous faut préciser ces notions de la documentation et voir quel genre de documents recouvre l'appellation dossiers techniques.

D'une part, en effet, nous trouvons des archives secrétées par la société elle-même. En tête viennent les études proprement techniques : c'est à dire les croquis, les plans, les avant-métrés, les notes de calcul qui aboutissent à la mise sur pied d'avant-projets et de projets qui sont présentés aux adjudications de travaux. Tous ces documents offrent un grand intérêt pour l'historien des techniques. Ces dossiers émanent soit du bureau technique de l'entreprise, soit des missions d'ingénieurs envoyés sur place, soit des chantiers eux-mêmes. C'est ainsi qu'il faut rechercher des documents non seulement dans les dossiers proprement techniques, mais dans les rapports de mission et dans les annexes à la correspondance des chantiers. A ces études s'ajoutent bien souvent des études sur l'organisation et la gestion des futurs chantiers : études financières, de personnel, du déroulement des travaux, études de matériel aussi.

On trouve aussi des papiers plus dynamiques qui mettent en lumière l'activité déployée par cette entreprise : la correspondance et les notes échangées avec les autorités ou les sociétés qui commandent les travaux, avec le ou les associés, avec les fournisseurs ; les contrats, marchés et conventions signés avec ceux qui ont lancé des appels d'offre ou avec les petits entrepreneurs ou tâcherons qui sont chargés, à leur tour, de réaliser une petite partie des travaux sous son contrôle ; enfin, les archives émanées des chantiers eux-mêmes. On y trouve un ensemble de notes, de correspondance, de renseignements sur le personnel, la gestion comptable, l'avancement des travaux, illustré bien souvent par des articles de presse et des photographies.

Mais ces dossiers offrent aussi toute une documentation extérieure. Ce sont les dossiers officiels que la société se fait envoyer et qui portent sur des travaux auxquels parfois elle ne s'est intéressée que peu de temps. Certains sont d'un grand intérêt car ils relatent parfois des études antérieures fort anciennes. La société des Batignolles a d'ailleurs elle-même compris tout l'intérêt documentaire de ces pièces officielles puisqu'elle a voulu les regrouper dans des séries à part telles les « affaires diverses » et « sans suite » (46). Le lecteur pourra aussi trouver ce genre de documents dans la rubrique que nous avons placé en tête de chaque pays et sous le terme de « généralités » ou « d'affaires générales ».

Ces dossiers techniques peuvent être complétés par le supplément qui les suit. Il est formé essentiellement d'archives comptables de quelques chantiers très importants pour lesquels nous possédons les dossiers techniques ou bien de comptabilité de chantiers récents dont ils forment l'unique source de renseignements aux Archives nationales. En dehors du grand livre, de bilans, de situations et d'inventaires, nous voyons un grand nombre de pièces de caisse, de pièces comptables et de comptes rendus mensuel. Ces documents présentent un grand intérêt pour un historien : en effet, en l'absence des livres d'embauche et de paie et de renseignements sur le personnel, tous documents que nous avons très rarement, ils offrent matière à des études sur les salaires et le mode de vie des ouvriers d'un chantier de travaux publics. On trouve en effet les feuilles de salaires, des relevés de dépenses de nourriture, d'achats pharmaceutiques ou de frais de médecin.

Nous avons enfin rassemblé un ensemble de dossiers qui touchent aux filiales et participations des Batignolles et quelques papiers qui ne trouvaient place dans aucune partie de l'inventaire et qui ont trait au domaine, aux accidents du personnel, aux brochures éditées par la société sur ses réalisations et à la fondation d'une coopérative (47).

Reste à dire quelques mots sur l'index alphabétique et le glossaire dont nous avons doté cet instrument de travail (48).

Dans le cours de l'inventaire des dossiers techniques et du supplément nous avons respecté les divisions politiques, les noms de villes tels qu'ils existaient au moment des travaux et tels qu'ils figurent sur les entêtes des dossiers secrétés par la société. C'est ainsi que l'on trouve la construction du port de Pointe-Noire en Afrique-Equatoriale française et non au Congo. Aussi avons-nous cru bon de faire un répertoire géographique des noms de lieux figurant dans l'index en les insérant dans les divisions politiques actuelles.



Dans un souci de ne pas alourdir le texte, par de trop fréquentes notes en bas de page et au renvoi de l'une à l'autre, nous avons identifié les sociétés et les personnages cités dans le corps de cet ouvrage dans ce même index. Nous avons cru nécessaire d'y insérer des rubriques-matière qui permettent essentiellement de regrouper les divers types de travaux qui apparaissent dans ce fonds. C'est la même préoccupation qui nous a poussé à faire un glossaire des termes techniques auquel le lecteur pourra se reporter pour trouver la définition de certains mots techniques.


Nous avons insisté au cours de cette introduction sur la richesse et le grand intérêt de ce fonds, sans en cacher cependant les lacunes. Bien qu'il ne soit pas possible ici de donner toutes les autres sources auxquelles il faudrait se reporter pour compléter cette documentation, nous voulons attirer l'attention des chercheurs sur quelques séries ou fonds des Archives nationales susceptibles d'apporter des compléments.


Dans les archives publiques, il sera bon de se reporter à la sous-série F14 du Centre historique des Archives nationales(ce lien ouvre une autre fenetre), intitulée travaux publics, dans laquelle figurent notamment de nombreux renseignements sur la construction de lignes de chemin de fer de France et dans les anciennes colonies.

Parmi les fonds privés, celui de la compagnie des chemins de fer du Nord (48 AQ) et le très riche fonds Rotschild (132 AQ) permettraient d'éclairer la naissance de cette société et son activité comme constructrice de locomotives. Les archives de la Banque nationale de crédit (120 AQ) qui était actionnaire de la Société des Batignolles, seraient à consulter pour certaines affaires, telle le chemin de fer de Paris à Nanterre (49) ou la Société des torpilles de Saint-Tropez (50). Le fond 65 AQ, ensemble documentaire imprimé sur diverses sociétés, renferme enfin nombre de renseignements sur les filiales et participations de la société des Batignolles et sur sa fusion avec Spie.




(1)
Voir 48 AQ.

(2)
Voir GILLE (Bertrand), Histoire de la maison de Rothschild, Paris Droz, 1965, t. 1er, p.398.

(3)
En 1871 elle construit la ligne de Saumur à Poitiers ; en 1872 un chemin de fer en Roumanie ; en 1874 la ligne de Saint-Louis à Dakar.

(4)
Voir L'oeuvre d'un siècle (1846-1946), la société de construction des Batignolles, Paris, 1952, in-4, 84p.

(5)
Voir 89 AQ 3211-3212.

(6)
Voir 89 AQ 3113-3114.

(7)
Voir 89 AQ 3116, dossier 2.

(8)
On trouve aussi quelques dossiers techniques de chantiers plus récents versés en même temps que la comptabilité.

(9)
Pour les travaux les plus importants, une introduction particulière a été rédigée qui donne des explications sur les origines des travaux et leur historique et l'intérêt des documents répertoriés.

(10)
89 AQ 1199 à 1203.

(11)
89 AQ 1161-1162.

(12)
89 AQ 1430 à 1432.

(13)
89 AQ 1776 à 1828.

(14)
89 AQ 2130 à 2176.

(15)
89 AQ 1934, dossier 2 à 89 AQ 1937 ; 89 AQ 1954 à 89 AQ 1964 ; 89 AQ 2002 à 89 AQ 2015 ; 89 AQ 2109 à 89 AQ 2124.

(16)
voir la liste des principaux travaux.

(17)
89 AQ 2514 à 2583.

(18)
89 AQ 2217 à 2269.

(19)
89 AQ 2448 à 2496.

(20)
89 AQ 2314 à 2372.

(21)
89 AQ 2585 à 2616.

(22)
89 AQ 2406 à 2422.

(23)
89 AQ 2429 à 2445.

(24)
Il s'agit des travaux pour lesquels nous avons conservé le plus grand nombre d'articles provenant des dossiers techniques.

(25)
89 AQ 848-1001.

(26)
89 AQ 1309-1413.

(27)
89 AQ 1008-1092.

(28)
89 AQ 1093-1152.

(29)
89 AQ 1163-1189.

(30)
89 AQ 1267-1291.

(31)
89 AQ 1222-1245.

(32)
89 AQ 1522-1572.

(33)
89 AQ 1505-1510.

(34)
89 AQ 1494-1495.

(35)
89 AQ 1578-1608.

(36)
89 AQ 1626, dossier 2.

(37)
89 AQ 1613, dossiers 3 et 4.

(38)
89 AQ 1614-1625.

(39)
89 AQ 1687 à 89 AQ 1689 ; 89 AQ 1699 à 89 AQ 1704 et 89 AQ 1705.

(40)
voir par exemple 89 AQ 1647 à 89 AQ 1649, 89 AQ 1693, 89 AQ 1706 à 89 AQ 1707, 89 AQ 1718 à 89 AQ 1723, 89 AQ 1643 ou 89 AQ 1646.

(41)
89 AQ 1637-1642.

(42)
89 AQ 1650-1657.

(43)
89 AQ 1679-1685.

(44)
89 AQ 1628-1629.

(45)
89 AQ 1666-1674.

(46)
89 AQ 2655 à 2680.

(47)
Il existe aussi des tubes contenant des plans et calques de divers travaux qui ont été versés en même temps que le fonds. Leur consultation est très difficile en raison de leur peu de maniabilité et de leur fragilité des supports sur lesquels figurent les plans.

(48)
Devant le peu d'intérêt des bordereaux d'archives, nous ne les avons pas notés dans cet index.

(49)
89 AQ 2029 à 89 AQ 2034, dossier 1.

(50)
89 AQ 3183-3199.