Syndicat des chemins de fer de Ceinture

75 AQ



Historique


Le Chemin de fer de Petite Ceinture fut créé par décret du 10 décembre 1851 afin de relier à l'intérieur du mur d'enceinte de Paris les grandes lignes de Paris à la province (1) et aussi dans un but stratégique, les cinq compagnies de chemin de fer intéressées, groupées en Syndicat (2), devaient obtenir deux ans après l'utilisation de la ligne entre les gares des Batignolles et d'Orléans, soit 16 km ; le décret du 22 janvier 1853 régla le fonctionnement du Syndicat de Petite Ceinture "rive droite" (3), et approuva les statuts de la société anonyme chargée de l'exploitation de la ligne sous la direction de ce Syndicat, composé de 10 personnes désignées par les cinq Compagnies.

Le chemin de fer de Ceinture "Rive gauche", concédé en 1865 à la Compagnie de l'Ouest, déjà concessionnaire de la ligne d'Auteuil, fut ouvert en 1867 seulement et son exploitation confiée à la Compagnie de l'Ouest ; sa longueur était de 10 kilomètres.

La même année, la Ville de Paris confiait au Syndicat de Petite Ceinture le raccordement du chemin de fer de la rive droite avec la gare du Marché-aux-Bestiaux de La Villette. Ce dernier, conçu à l'origine pour le transport des marchandises, fut ouvert en 1862 au service des voyageurs, à la demande du ministère des Travaux publics. La Petite Ceinture devait rendre de très grands services, notamment lors des Expositions universelles de 1889 et de 1900  (4), mais la construction du chemin de fer métropolitain lui porta un coup sensible (5) et cette concurrence provoqua la suppression du trafic voyageurs sur le PC (en 1918 sur la ligne d'Auteuil et en 1934 sur l'ensemble de la Petite Ceinture). Quant au trafic de transit-marchandises, il fut pratiquement supprimé à partir de 1927. Le déficit de l'exploitation, ainsi que la vétusté des installations avaient amené le Syndicat, depuis la fin de la guerre de 1914-1918, à envisager des solutions de rechange : à partir de 1931, les projets de réforme aboutirent tous à conclure dans le sens de la suppression du trafic, et le service voyageurs de la Petite Ceinture fut remplacé, en 1934, par une ligne d'autobus (6) dont l'exploitation fut confiée par la Compagnie du Nord à la Société des transports en commun de la Région parisienne ; le service débuta le 23 juillet 1934 et couvrit 30 km au lieu de 26, longueur de l'ancien PC (7).

Quant à la Grande Ceinture, plusieurs projets avaient été élaborés dès 1864 afin de créer hors de l'enceinte de Paris un chemin de fer permettant d'éviter le transit par les gares intérieures. Les Ponts et chaussées préconisaient un circuit non interrompu de voies, indépendantes des réseaux mais se raccordant aux lignes rayonnant autour de Paris ; l'Assemblée nationale adopta ce projet le 4 août 1875 sous la condition que les voies seraient doublées sur les parcours communs (8). Les quatre compagnies concessionnaires du chemin de fer de Grande Ceinture se formèrent en Syndicat la même année (9) (convention du 23 septembre 1875) et les lignes furent ouvertes en 1881-1882. Le Syndicat était géré par 8 administrateurs à raison de 2 pour chaque réseau, désignés pour 2 ans et indéfiniment rééligibles ; l'assemblée générale était composée des membres du Syndicat et de 4 administrateurs spécialement délégués par le Conseil d'administration de chaque Compagnie (10).

En 1880, l'exploitation commune des deux chemins de fer de Ceinture fit l'objet d'un arrangement entre les quatre compagnies, auxquelles s'adjoignit la Compagnie de l'Ouest. Il en résulta la création d'un Syndicat d'exploitation des deux Ceintures, formé des deux Syndicats délibérant ensemble sous l'autorité du président de la Grande Ceinture, ou, à défaut, de la Petite Ceinture rive droite (11).

Les deux Syndicats possédaient alors,
- la Grande-Ceinture (124 km), concédée au Syndicat de Grande Ceinture, et exploitée par la Compagnie de l'Est de Noisy-le-Sec à Juvisy via Achères, et par la Compagnie de l'Ouest pour l'autre section ;
- la Petite Ceinture Rive-droite (16 km), concédée au Syndicat de la Petite Ceinture ;
- la Petite-Ceinture Rive-gauche (10 km), concédée à la Compagnie de l'Ouest mais exploitée par le Syndicat de Petite-Ceinture.


Restait la ligne d'Auteuil-Pont Cardinet, sur laquelle le Syndicat des deux Ceintures n'avait qu'un droit de circulation.

Les cinq compagnies se partageaient les recettes ou le déficit de l'exploitation.

La réorganisation de la gestion, intervenue en 1911, mit à la tête des services des Ceintures un ingénieur en chef, qui devint liquidateur du Syndicat des deux Ceintures en 1934 (12). Sa dissolution laissa subsister le Syndicat de Grande Ceinture, dont les lignes furent désormais exploitées par la Compagnie de l'Est (section Noisy-Sucy), la Compagnie de l'Etat (section Juvisy-Argenteuil-Triage) et la Compagnie du Nord pour le reste des lignes (13).

Divers arrangements réglèrent la fourniture du matériel roulant et du personnel de conduite entre le Syndicat et les Compagnies ; l'existence de parcours communs devait susciter des discussions, en raison des exigences prioritaires des compagnies propriétaires des lignes. La gestion des gares communes, construites par les Compagnies mais utilisées par les Ceintures, souleva également des problèmes, car elles étaient soumises à un régime d'une complexité peu ordinaire, qui varia d'ailleurs fréquemment et fut remanié en 1926 ; huit gares communes existaient sur la Petite Ceinture et 9 sur la Grande (14).

L'exploitation de la Grande Ceinture, de même que celle de la ligne d'Auteuil ont été reprises par la SNCF lors de la nationalisation des compagnies de chemins de fer, dans des conditions que les limites du fonds 75 AQ inventorié ici ne nous permettent pas de préciser.



Modalités d'entrée


Parmi les documents déposés aux Archives nationales concernant l'exploitation des Chemins de fer du Nord (fonds 48 AQ) ont été retrouvées des liasses, relativement groupées, provenant du Syndicat des chemins de fer de Ceinture ; il a paru intéressant de les joindre aux rapports annuels imprimés (présentés aux assemblées générales) et aux procès-verbaux des Comités d'exploitation précédemment rassemblés (15) ; ainsi réunies, ces archives présentent un intérêt pour l'histoire du développement de Paris et de la région parisienne depuis le début du XIXe siècle.


Des indications sur l'origine de ce fonds et sur l'historique des chemins de fer de Ceinture ont déjà été données par M. G. Weill, directeur des services d'archives des Hauts-de-Seine, dans un article de la Gazette des Archives (1965, n°51, p. 233-240).


L'inventaire a été réalisé par G. Weill et F. Bosman.

Dates extrêmes des documents : 1852-1937
Librement communicable



Sources complémentaires


Ces archives des chemins de fer de Ceinture présentent des lacunes importantes, notamment en ce qui concerne les tarifs, les questions sociales, le personnel, la comptabilité, les voies, le trafic et les marchandises ; elles pourront être complétées par des documents préservés dans le fonds des Chemins de fer du Nord (Secrétariat) sous les cotes 48 AQ et 202 AQ. Le fonds du ministère des Travaux publics, au Centre historique des Archives nationales apporte, sous les cotes F14 12.476 à 12.479 les dossiers relatifs au contrôle de la gestion et des avances faites par l'Etat ainsi qu'aux projets de lois et de conventions et à la réorganisation ; les articles F14 9146 à 9152 regroupent les projets (faits par les Ponts et chaussées), études et correspondances antérieurs à la constitution des Syndicats de 1843 à 1873 (avec de nombreux plans). Aux Archives de Paris sont également conservés, dans les sous-séries D7 SI9 et V7 O10 des documents concernant les travaux, les alignements et les gares de Petite Ceinture, de 1869 à 1913 ainsi que deux dossiers de généralités concernant la Grande et la Petite Ceinture de 1845 à 1912,et un dossier relatif au personnel (1872-1893).





Bibliographie sommaire


A - Recueil de textes législatifs


Recueil des lois, et conventions relatives aux Chemins de fer du Nord, de l'Est, de l'Ouest, d'Orléans, de PLM, du Midi, de la ceinture de Paris (RD) et de la Grande Ceinture, 1883-1902, Melun, 1902, in-8.


Chemins de fer de Petite-Ceinture et de Grande-Ceinture de Paris, Recueil de documents, 1851-1929 (avec additions jusqu'en 1934), Melun, 1929, in-8.


Compagnie du chemin de fer de Ceinture de Paris : Décrets, cahier des charges, projets de statuts, règlements, 1851-1859, Paris, s. d.


Chemin de fer de Ceinture de Paris : Loi, ordonnance, arrêtés et décisions administratives, 1852-1866, Paris, 1865-1866, in-8.


Syndicat du Chemin de fer de Ceinture de Paris, Recueil de documents, 1875-1885, Paris, 1880-1885, in-8.


Lignes de Grande et Petite Ceinture, Recueil de renseignements divers (Plans de la ligne et des gares), s. l. n. d. (Paris 1914), in-8.


B - Ouvrages


BARTHELEMY, Remplacement par un service d'omnibus automobiles du service voyageurs du chemin de fer de la Petite Ceinture de Paris, Paris, 1934, in-8.


Chemin de fer circulaire de la banlieue de Paris, Mémoire, Paris, 1872, in-8, 230 p.


PICARD (Alfred), Les Chemins de fer français, Paris, 1884, 5 vol., in-4.


Syndicat du Chemin de fer de Ceinture de Paris, A. Broise, album de 20 photographies, Paris, 1889, in-fol.


Syndicat du Chemin de fer de Ceinture de Paris, A.Broise, album de 26 photographies, Paris, 1889, in-fol.




(1)
Recueil des lois et conventions relatives aux Chemins de fer du Nord, de l'Est, de l'Ouest, d'Orléans, de PLM, du Midi, de la Ceinture de Paris (RD) et de la Grande Ceinture 1883-1902, Melun 1902, in-8°. Voir aussi Funkelstein, Le chemin de fer de Petite-Ceinture, thèse de l'Institut d'urbanisme, Paris 1948, n°254.

(2)
Les compagnies étaient celles de Paris à Rouen, Paris à Orléans, Paris à Strasbourg et la Compagnie du Nord  la Compagnie du PLM interviendra ultérieurement.

(3)
A. Picard, Les Chemins de fer français, Paris 1884, 5 vol. in-4°, t. II p. 4-5.

(4)
Cette dernière année marqua la pointe extrême de son trafic voyageurs, 39 millions de personnes.

(5)
Un premier projet de métropolitain, rattaché à la Petite Ceinture, avait été rejeté par le Conseil municipal de Paris.

(6)
Sauf sur la section Pont-Cardinet-Auteuil encore exploitée aujourd'hui par la SNCF.

(7)
Historique des Ceintures, 75 AQ 49.

(8)
Voies appartenant à l'une des grandes compagnies, mais empruntées sur une certaine distance par le chemin de fer de Ceinture. Une ligne supplémentaire de Noisy-le-Sec à Epinay-sur-Seine fut également exigée ; quant à la section Villeneuve-Saint-Georges-Massy, elle fut divisée en deux lignes, l'une commerciale, l'autre stratégique.

(9)
Compagnies du Nord, Est, PLM et Paris-Orléans.

(10)
Cette organisation subsistera durant toute la durée du Syndicat de Grande Ceinture.

(11)
Arrangement et traité du 29 décembre 1880, approuvés par décret du 11 novembre 1881 (Syndicat du chemin de fer de Grande Ceinture de Paris, Recueil de documents, 1875-1885, Paris, 1880-1885, in-8°, p. 121-133.).

(12)
Une partie importante des archives du service de l'ingénieur en chef Robaglia a été classée dans le fonds 75 AQ.

(13)
Arrangement du 27 août 1934, approuvé par décret du 3 octobre 1934.

(14)
Voir à ce sujet G. Weill, op. cit, p. 239-240 et 75 AQ 73 à 75 AQ 91.

(15)
Provenant des Compagnies du PO et du Nord et de la bibliothèque du ministère des Travaux publics.