Nom du fonds : |
Élisée Paindavoine, gérant des établissements Paindavoine, dossier de défense devant le comité d’épuration et la justice |
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Entrée : |
2016 073 |
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Niveau de description : |
fonds |
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Fonds rattachés : |
Jean Menet, directeur administratif des établissements Paindavoine, dossier de défense devant le comité d’épuration et la justice |
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Paindavoine SA |
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Dates extrêmes : |
1940-1948 |
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Importance matérielle : |
0,49 mètre linéaire |
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Statut : |
archives privées |
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Modalités d'entrée : |
don |
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Conditions d'accès : |
librement communicable |
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Indisponibilité en salle de lecture : |
- |
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Instrument de recherche : |
établi en 2018 par Gersende Piernas, chargée d’études documentaires, d’après un document de Philippe Menet, sous la direction de Raphaël Baumard, conservateur du patrimoine |
Présentation de l'entrée :
Ce fonds est entré aux Archives nationales du monde du travail à Roubaix en 2016 suite au don de Jacques Paindavoine des archives relatives au procès d’épuration de son père Élisée Paindavoine, gérant de l’entreprise Paindavoine à Lille. Ont été également collectées cette année-ci les archives de Jean Menet, gérant, sur la même question (voir les sources complémentaires plus bas).
Notice historique ou biographique :
Élisée Paindavoine :
Élisée Paindavoine (1899-1946) est le fils d’Amédée Adolphe Paindavoine, petit-fils du fondateur Amédée Paindavoine. Suite au dépôt de bilan de la société Paindavoine touchée à son tour par la crise de 1929 et suite au décès de son frère Paul Émile Paindavoine le 23 mars 1937 à 52 ans, Élisée crée le 22 février 1938 une nouvelle société en gérance sous forme de SARL, la Société d’exploitation des établissements Paindavoine. Il la dirige avec son neveu Paul Paindavoine, fils de Paul Émile. Il fait aussi appel à Jean Menet pour en devenir le directeur administratif.
L’Occupation et ses conséquences :
Paindavoine effectue d’importants travaux pour la Kriegsmarine, la Luftwaffe et l’Organisation Todt. Il s’agit alors, selon les dirigeants de l’entreprise, d’éviter ainsi une réquisition totale. Dans le même temps, Jean Menet s’adonne à un certain nombre d’actes de résistance.
L’entreprise et ses dirigeants sont poursuivis par le Comité d’épuration à la fin de la Seconde Guerre mondiale pour avoir rempli 147 commandes allemandes, représentant 20 % du total, essentiellement pour la SNCF, qui agit elle-même sous le contrôle allemand.
Élisée Paindavoine est arrêté en novembre 1944 et inculpé le 22 décembre 1944 pour intelligence avec l’ennemi, collaboration économique et complicité. Jean Menet est arrêté et emprisonné à Loos le 22 mai 1945. L’entreprise est même menacée de nationalisation. Elle est condamnée à payer les impôts liés aux profits illicites en décembre 1945. Le 4 octobre 1946, la justice prononce une remise en liberté pour Jean Menet et Élisée Paindavoine. Néanmoins le juge ne l’applique pas le jour même et Élisée Paindavoine meurt d’une crise cardiaque dans sa cellule dans la nuit, sans que justice ne lui soit rendue. Quant à Jean Menet, il finit par être acquitté le 17 décembre 1947.
Jean Menet poursuit ses activités au sein de l’entreprise en tant que gérant aux côtés de Paul, Jacques et Amédée Paindavoine.
Les établissements Paindavoine :
L’entreprise Paindavoine a été fondée en 1860 sous le nom « Amédée Paindavoine constructeur » par Amédée Pierre Paindavoine qui travaillait avec sa femme et ses deux fils. L’entreprise est située au 45, rue de Douai à Lille. Elle déménagera en 1885 au 63, rue des Meuniers à Lille puis en 1923 sur le site actuel, rue Berthelot.
Dès le départ, l’entreprise fabrique des ponts et des charpentes métalliques. À partir de 1931, l’entreprise se lance dans la construction d’engins de levage (ponts roulants et grues). Elle dépose son bilan le 12 février 1965. Malgré les efforts et devant l’absence de soutien des banques et du gouvernement français, l’exploitation doit être arrêtée le 31 mars 1965 et le personnel licencié.
Présentation du contenu :
Le fonds comporte les dossiers élaborés par Élisée Paindavoine au cours de sa défense face au comité d’épuration et à la justice. Ils contiennent des archives de l’entreprise, des notes, de la correspondance, des coupures de presse et des décisions de justice originales ou retranscrites.