Nom du fonds :

Grands réseaux de chemins de fer français, Compagnie des chemins de fer de l’Est et SNCF, région Est – Conflits sociaux de 1920, 1947, 1948 et 1953 ; personnels alsaciens-lorrains sous l’Occupation.

Entrée :

2004 040

Niveau de description :

fonds

Fonds rattachés :

133 AQ

S.N.C.F.

Dates extrêmes :

1921 - 1966

Importance matérielle :

1 m. l. (28 unités documentaires, 7 cartons Cauchard)

Statut :

archives publiques

Modalités d'entrée :

rétrocession du PCF

Conditions d'accès :

immédiate, sauf 50 ans pour l’article 013

Instrument de recherche :

(pdf 078 Ko)

répertoire numérique détaillé muni d’un index.


Notice historique :

La grève des cheminots dans la première moitié du XXe siècle, est un délit passible de la correctionnelle, puis une sanction administrative relevant des conseils de discipline et des tribunaux administratifs à partir de la création de la SNCF en 1938. Les conflits sociaux sont solidement encadrés par la hiérarchie cheminote, la police des chemins de fer et les forces de l’ordre avec le relais sur place des préfets à chaque extension des conflits.


Ce petit fonds traduit donc l’état des rapports sociaux de la première moitié du vingtième siècle dans un rouage stratégique de l’économie et des entreprises : le transport des personnes et des marchandises grâce à un moyen de locomotion qui demeure le plus usuel, dans 5 décennies marquées de surcroît du contexte de deux guerres mondiales.


Le fonds traduit les difficultés de fonctionnement du syndicalisme et de l’exercice du droit de grève, ainsi que le sort peu enviable des Alsaciens-Lorrains, passés brutalement de la SNCF à la Reichsbahn, dans un environnement “de race” clairement affiché par les Autorités allemandes : seuls les Alsaciens-Lorrains de souche peuvent servir l’Etat allemand dans ce qui relevait de la Sous-direction de Strasbourg, les autres sont expulsés du réseau Est – quand ils ne sont pas directement internés en Allemagne - et récupérés tant bien que mal par les services de la SNCF dont on perçoit bien qu’elle passe les retours au crible. Enfin, le poids des dossiers de la mémorable grève d’octobre-novembre 1948 accompagnée de sanctions disciplinaires administratives et de plaintes en correctionnelle exprime bien les ratages idéologiques et sociaux de la période de la Reconstruction : la grève est motivée par les frustrations économiques des cheminots qui attendent de meilleures feuilles de paye, après les sacrifices et combats livrés sous la Résistance pour délivrer la Nation, à l’image des luttes des mineurs.


Un dernier petit dossier de 1953 rappelle l’ancienneté des luttes pour la défense des retraites, à ce moment-là contre les décrets-lois Laniel.


Cet ensemble archivistique, de taille modeste, est un concentré de renseignements, souvent peu faciles à capter par l’archiviste, de relations humaines et de rapports sociaux.


Historique de l’entrée :

Ce fonds, d’intérêt exceptionnel, est parvenu au Centre des Archives du monde du travail en mars 2004 par rétrocession du Parti communiste français. Il était indiqué par l’archiviste du Comité central Pascal Carreau que ce fonds avait été pris par les militants du PCF dans les services de la SNCF même, en choisissant délibérément les dossiers se rapportant aux grèves de la première moitié du XXe siècle caractérisées par de lourdes mesures de sanctions disciplinaires. Cet ensemble concerne les cheminots et la gestion du personnel de la région Est de la SNCF et notamment les Alsaciens-Lorrains, avec des archives plus anciennes de la Compagnie privée de l’Est à partir de 1921. Les conflits sociaux ont amené un échange administratif intense et très coordonné entre la Direction de l’Est et le siège de la SNCF (Service central du personnel), tous deux installés à Paris. La date la plus récente de ces dossiers est 1966.


L’impact de ces grèves en 1920, 1947 et 1948 a été tel, tant pour l’Administration que pour les syndicalistes et personnes engagées dans ces mouvements sociaux, que le ministre des Transports - nommé dans les premiers gouvernements de François Mitterrand en 1981 - Charles Fiterman fait venir ce fonds à son Cabinet pour enfin amnistier et rétablir dans leurs carrières tous les cheminots sanctionnés lors de ces conflits. Le fonds est alors rendu au PCF. Ces archives étant publiques, celui-ci les transfère aux Archives nationales.


La qualité des papiers est en revanche très dégradée : feuilles roussies, effilochées, tombant en poussière. Le fonds sera communiqué sous le contrôle des présidents de la salle de lecture sur la table en face de leur poste de travail. Les photocopies seront faites avec la plus extrême prudence et il conviendra de préférer les photographies numériques. Le fonds doit impérativement être estampillé avant consultation et reproduction.


Présentation du contenu :

Dossiers de gestion de personnel relatifs aux conflits sociaux et à la Seconde guerre mondiale entre le Service du personnel et la Sous-direction de Strasbourg de la Compagnie de l’Est, puis de la région EST et le Service central du personnel des Grands réseaux, puis de la SNCF.

2004 040 001-004

Amnistie des grèves de 1920, en particulier pour les Alsaciens et Lorrains. 1921-1948.

2004 040 005-013

Les personnels Alsaciens et Lorrains sous l’Occupation. 1939-1966.

2004 040 014-028

Les grèves de 1947, 1948 et 1953. 1947-1953.


Sources complémentaires :

Tous les inventaires des fonds de chemin de fer conservés aux ANMT.

Tous les inventaires des fonds de chemin de fer conservés en Archives départementales.

Tous les inventaires du Service d’archives de la SNCF.

Pour les grèves dites “insurrectionnelles” de 1947-1948, dans le contexte de la scission de la CGT avec la création de Force Ouvrière (et le choix de l’autonomie faite alors par les syndicalistes de l’enseignement créant la FEN), se reporter également aux inventaires des fonds Charbonnages de France conservés aux ANMT et au fonds de la Fédération de l'Éducation nationale.