Nom du fonds :

Eugène Descamps, Dirigeant de la JOC et des centrales syndicales CFTC et CFDT, professeur d’enseignement supérieur.

Entrée :

2002 009

Niveau de description :

fonds

Fonds rattachés :

1994 024 et 2003 043

(brochures disponibles) CFTC et CFDT

1995 068

JOC

1996 010

Union locale CFDT de Valenciennes

Fonds Eugène DESCAMPS, sous-série 4P.

Se référer au service d’archives confédérales de la CFDT (4, boulevard de la Villette à Paris, 19e)

Archives audiovisuelles de l’INA.


Dates extrêmes :

1908-1990.

Importance matérielle :

27,10 m. l.

Statut :


Modalités d'entrée :

Archives privées reçues en don à l'État.

Conditions d'accès :

communicabilité immédiate.

Instrument de recherche :

(Pdf 575 Ko)

Héloïse Rouge, stagiaire de DESS d’archivistique en 2003 (Angers) et Françoise Bosman, directrice des Archives nationales du monde du travail.


Notice historique :

Eugène Descamps est né le 17 mars 1922 à Lomme (Nord) dans la banlieue de Lille d'une famille ouvrière du textile. Du côté de sa mère, "l'option rouge" est ancienne. Du côté de son père, la famille est catholique mais ce dernier adhère à la CGT. Eugène Descamps obtient le certificat d'étude en 1934. Après quelques mois de cours supérieur, il doit gagner sa vie et pratique divers métiers. En 1935, il fait sa première rencontre avec la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC), mais pour y adhérer, il doit faire sa communion. Il se "convertit" donc et adhère en 1936 à la JOC. Il y consacre son activité militante au cours de la période 1936-1943.


Dans la France occupée, il refuse le Service du travail obligatoire (STO) en Allemagne et passe dans la clandestinité et la résistance sous le nom de Desmoulins. Il est alors en contact avec des résistants de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) comme Jules Catoire ou Robert Vansieleghem, et milite au sein des Forces unies de la jeunesse patriotique (FUJP). En 1946, Eugène Descamps est nommé responsable de la JOC pour la Lorraine puis pour l'Alsace-Lorraine. En janvier 1948, il retourne à Lomme pour suivre un stage de six mois de promotion ouvrière au centre de formation professionnelle accélérée de Roubaix et obtient un diplôme d'ajusteur.


Sollicité par les responsables de la CFTC Métaux pour structurer et développer la CFTC dans l'ensemble du bassin sidérurgique en 1950, il repart pour la Lorraine. En 1959, il est vice-président de la CFTC. Ses responsabilités sont multiples tant au niveau national qu'international : membre du comité consultatif de la CECA en 1957, 1958, 1961, membre du Conseil économique et social de 1958 à 1965, membre du Conseil supérieur du plan en 1961, vice-président de l'internationale métallurgie de la Confédération internationale des syndicats chrétiens (CISC).


En 1961, Eugène Descamps est élu secrétaire général de la CFTC. Il travaille à l'ouverture de la centrale syndicale aux travailleurs démocrates de toutes religions. Il en obtient la déconfessionnalisation et la transformation en Confédération Française Démocratique du Travail (CFTD) lors du congrès extraordinaire de novembre 1964. Mais la scission ne peut être évitée, du fait du maintien de la CFTC. Grand partisan de l'unité d'action, il multiplie les efforts pour tenter la fusion d'abord avec Force ouvrière (FO), si possible avec la Fédération de l'éducation nationale (FEN), afin de constituer une grande confédération à laquelle la CGT pourrait s'intégrer, sans que les communistes soient majoritaires. Cette tentative échoue, et pour contraindre le patronat à négocier, il signe un accord d'unité d'action avec la CGT en 1966.


En 1971, Eugène Descamps quitte ses fonctions syndicales pour des raisons de santé et se consacre à l'enseignement. Dès lors il prend quelques distances avec la direction de la Confédération. Il est d'abord enseignant contractuel à l'Université de Paris X Nanterre (UER de sciences juridiques) de 1971 à 1976, puis il devient professeur-associé en droit des conventions collectives et en syndicalisme international. Il assure également la coordination de séminaires à l'Ecole nationale d'administration (ENA) de 1972 à 1975 et y devient professeur en 1975. Il enseigne aussi à l'Institut catholique de Paris, au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) et à la Fondation nationale des sciences politiques (FNSP). Il poursuit son activité de syndicaliste à l'université en adhérant au SGEN. Il enseigne jusqu'en 1983.


Au niveau politique, il est partisan de l'union de la gauche et adhère au Parti socialiste de François Mitterrand dans les années 1970. Soucieux de rester en contact avec l'actualité, Eugène Descamps est membre du Conseil du CERC à partir de 1978, de la commission Recherche de l'ORTF et actionnaires de la société des associés du journal Le Monde. Il est également membre de nombreuses associations.


Eugène Descamps meurt le 9 octobre 1990 à Buis-les-Baronnies (Drôme), son lieu de retraite avec son épouse Carmel Scharff qu’il avait rencontrée lors de son militantisme en Lorraine. Très attaché au Nord, Eugène Descamps a souhaité que ses cendres soient déposées à Lille.


Historique de l’entrée :

Les archives d'Eugène Descamps ont été données au Centre des archives du monde du travail par Jean-Paul Descamps, fils d'Eugène Descamps en 2002. Eugène Descamps n'avait émis aucune volonté sur le sort de ses archives. Ses enfants ont décidé de les remettre à un centre des Archives nationales afin qu'elles soient traitées de manière scientifique.


Ce fonds d'une importance matérielle totale de 43,5 m. l. avant tri et classement se compose d'un fonds d'archives (26 m. l. conservés) et d'une bibliothèque littéraire, historique, politique, juridique et économique (1,10 m. l. conservés).


Présentation du contenu :

Le fonds rassemble des archives de la vie militante à la JOC, à la CFTC et à la CFDT mêlées d’archives personnelles qui ont été réutilisées ensuite par Eugène Descamps dans le cadre de ses cours d’enseignement supérieur. L’ensemble documentaire illustre à la fois la diversité et l'unité d'une vie. Il est composé de dossiers de réunions statutaires (congrès, conseil confédéral …), dossiers de travail thématiques comportant notamment une riche documentation. Ce fonds contient aussi les dossiers d'un enseignant : cours et préparation de cours, relations avec l'université, travaux d'étudiants.


Par ses fonctions de syndicaliste et d'enseignant, Eugène Descamps est un homme public médiatique et nous trouvons dans ce fonds des dossiers sur des émissions de télévision ou de radio auxquelles il a participé, des dossiers sur la préparation de livres, de nombreux articles et interviews, ainsi que des dossiers de colloques ou conférences dans lesquels Eugène Descamps est intervenu.


Eugène Descamps était membre d'un certain nombre d'organismes, de sociétés et d'associations. Le fonds contient également des archives sur ces sujets, par exemple, nous disposons de nombreux dossiers sur la Société du journal Le Monde (dossier des Assemblées générales, correspondance…). Ce fonds contient une documentation importante composée de revue, journaux, publications, "littérature grise" de la CFTC et de la CFDT et coupures de presse.


Enfin, nous trouvons des dossiers de correspondance, quelques affiches et photographies.


Une des richesses de ce fonds réside sans doute dans les papiers de l'enseignant. En effet, les documents de professeurs d'université sont assez rares dans les services d'archives. Ceux-ci permettent de comprendre le travail d'un professeur et l'élaboration de sa pensée intellectuelle qui prend appui dans l'expérience militante antérieure (préparation de cours, relations avec les étudiants et l'université), éclaire sur les activités d'un syndicaliste à l'université et donne des indications sur l'enseignement et la vie universitaire à Paris X Nanterre, dans les années 1970-1985.


Répertoire :

Répertoire numérique détaillé de 103 pages muni d’un index et de 2 annexes.