Nom du fonds :

Banque Camondo

Entrée :

1996 032 (anciennement 1 AQ)

Niveau de description :

fonds

Fonds rattachés

autres fonds bancaires conservés aux ANMT

Dates extrêmes :

1833 - 1925

Importance matérielle :

200,40 m. l. (3 registres en déficit)

Statut :


Modalités d'entrée :

don de Léon Reinach aux Archives nationales en 1939

Conditions d'accès :

communicabilité immédiate

Instrument de recherche :

(pdf 178 Ko)

répertoire numérique détaillé par Georges Bourgin, conservateur, en 1943, révisé en 2009 par Marie-Lucie Rossi, docteur en histoire.

Brochure thématique :

Négoce, courtage, banque


Notice historique :

La valeur de ce fonds d'archives est considérable. La banque Camondo, entre 1804 et 1925, est une haute banque d'affaires dont l'espace géographique d'intervention progressivement s'élargit de Constantinople et Vienne à Paris et jusqu'à New York et Pékin. D'abord, ce sont des commerçants de matières premières et des joailliers devenus grands argentiers de l'Empire Ottoman (1834-1868). Puis, après la perte de leur position de monopole auprès du Sultan avec l'occidentalisation des sources de financement des emprunts, ce sont des participants aux emprunts étatiques Autrichiens, Danubiens et Ibériques (1868-1888). Enfin, après l'emprise industrielle des Allemands dans l'Empire Ottoman, ce sont désormais (1888-1925) des sous-participants aux emprunts Latino Américains, Nord Américains, Russes et coloniaux Français (Indochine et Afrique du Nord et Australe) ou Anglais (Chine et Inde) depuis les bourses de Vienne, de Paris et de Londres. Les Camondo sont donc passé de la banque commerciale d'Ancien Régime ancrée sur des territoires régionaux aux ressources complémentaires (Méditerranée et Mitteleuropa) à une nouvelle haute banque mondialisée opérant à partir de Vienne et de plus en plus depuis Paris et Londres. Cette continuité de la maison dans la banque d'affaires conduira à la création d'un fonds d'archives comptables avec une organisation simple et immuable où il manque toutefois les papiers et dossiers d'études des affaires projetées ou réalisées.


Historique de l’entrée :

1939 : la date d'entrée aux Archives nationales est très émouvante. Léon Reinach, époux divorcé de Béatrice de Camondo se préoccupe de mettre à l'abri les biens de la famille : immeubles, meubles, objets d'art, archives et transmet le patrimoine familial aux musées nationaux et aux Archives nationales face à la catastrophe annoncée de l'extermination des Juifs d'Europe. Son ex-épouse, lui-même et leurs deux enfants seront exterminés entre 1943 et 1945 dans les camps nazis. Il n'existe alors plus d'héritiers de la famille Camondo, à l'origine des Juifs Sépharades chassés d'Espagne en 1492 par l'Inquisition. Le fonds Camondo ouvre la cotation AQ des Archives nationales, site de Paris. Il appartient à l'État par don de Léon Reinach.


Présentation du contenu :

On trouvera la comptabilité des implantations de la banque Camondo en Turquie, puis en France à Paris, ainsi que celle de la gestion des immeubles stambouliotes. Les archives du siège de Galata sont rédigées en Ladino (langue judéo espagnole) et la monnaie est la piastre et la lire turque. Celles de Paris sont en italien puis en français et la monnaie est le franc français et la livre sterling. Afin de distinguer les registres stambouliotes des registres parisiens tout conservant le classement et la cotation du premier archiviste, Georges Bourgin, il a été ajouté sur l'inventaire le nom de l'agence (Galata ou Paris). Dans le temps, les volumes parisiens augmentent leur nombre et leurs folios à mesure que les volumes de Galata diminuent et deviennent pluriannuels.


Les Camondo ont été surnommés les « Rothschild de l'Est » ou « de l'Orient » par référence à l'origine de leurs activités.