CHAMBRE SYNDICALE DES MEUNIERS DU NORD DE LA FRANCE


1989002



Activité : groupement professionnel / meunerie




Historique


Selon ses statuts non datés, la Chambre syndicale des meuniers du Nord, association à but non lucratif, était ouverte à tout meunier ou minotier du Nord ou du Pas-de-Calais. Elle siégeait à la Bourse du commerce de Lille. Elle se donnait pour buts :

- de régulariser et resserrer les rapports entre membres de la profession,
- de concourir à son progrès,
- de provoquer, poursuivre et faire connaître toutes réformes d'intérêt général,
- d'obtenir tout dégrèvement ou allégement des charges.

Elle a été supprimée en 1989.


Modalités d'entrée

Archives entrées aux CAMT le 30/03/1989 (don), à la suite de la suppression du syndicat, qui n'a plus qu'un représentant à la Maison des Professions.

Tri et classement par C. Boissé et A. Le Goff en 1990.

 

Dates extrêmes des documents : 1935 - 1989
Communicable suivant délais légaux




Bibliographie

Cazals (R.).- "Moulins et usines" in Le Tarn, mémoire de l'eau , mémoires des hommes, Editions Belles Pages, 1991


Dezitter (J.).- Nos derniers moulins en Flandre, 1938


Rivals (C.).- Le moulin à vent et le meunier dans la société française traditionnelle, 1976


Les moulins : Histoire, technique, folklore.- Exposition du Musée régional de l'Hospice Comtesse, 1938


Carret (J.).- Le contingentement des moulins et la Caisse professionnelle de l'industrie meunière.- Jacques et Demontrond, 1939.


Ghez (M.).- La meunerie française : concurrence ou contingentement ?.- Mémoire de recherches dirigé par J. Klatzman, 1975-1978.


Guelton (M.).- Historique du contingentement des moulins de France.- Amiens, 1959.



Présentation des fonds



Cette entrée comprend :

1) le fonds propre à la Chambre syndicale des meuniers du nord de la France, 1936-1989 ;


2) les fonds de quatre associations ou syndicats de la profession, collectés par la Chambre syndicale :

- le Syndicat des meuniers à façon du Nord-Pas-de-Calais, 1935-1960,
- la Société immobilière et industrielle du Nord (SII), société de contingentement privée, 1937-1971,
- l'Union meunière du Nord, société de contingentement privée, 1945-1982,
- la Société auxiliaire de la meunerie du Nord, 1949-1964 ;


3) les fonds de cinq comités, commissions ou caisses créés au sein des organes nationaux ou régionaux pour la résolution de problèmes particuliers :

- la Caisse professionnelle de l'industrie meunière (CPIM), organe du Comité professionnel de la meunerie, 1937-1968,
- le Comité d'organisation de la meunerie (COMEU), émanant de l'Organisation professionnelle de la meunerie, 1941-1970,
- le Groupement intermédiaire des cessions temporaires de droits d'écrasement, organe de la Chambre syndicale des meuniers du nord de la France, 1947-1953,
- la Commission mixte de boulangerie-meunerie du Nord, réunie dans le cadre de la Chambre syndicale, 1948,
- la Caisse pour l'amélioration des structures industrielles meunières (CASIM), caisse de l'Association nationale de la meunerie française, 1965-1976.

 

Les dates des documents couvrent une période décisive de l'évolution de la meunerie française : celle qui va de la crise des années 1930 jusqu'aux années 1970.

A la fin des années 1920, la consommation de blé allait en diminuant alors que le chiffre des récoltes progressait. Cet excédent s'aggravant, un plan national de contingentement est élaboré à partir de 1936. Il vise, dans ses grandes lignes : à réglementer le contingent (ou quantité de grain maximale écrasable) de tous les moulins ; à empêcher l'absorption des petits moulins par les minoteries ; à interdire l'ouverture de nouveaux moulins ; à indemniser les meuniers acceptant de réduire ou de cesser leur activité ; à gérer le patrimoine immobilier et mobilier libéré par les fermetures volontaires d'établissements.

Dans le Nord, une société de contingentement privée, la Société immobilière et industrielle (SII), avait mis ce programme en oeuvre dès 1936.

Ce n'est qu'en 1939, le programme national une fois mis en place, que cette société est relayée par les organes nationaux de la meunerie, en l'occurrence le Comité professionnel de la meunerie agissant par l'intermédiaire d'une caisse, la Caisse professionnelle de l'industrie meunière (CPIM). Cette Caisse se charge des contingents professionnels, la SII se limitant désormais à la gestion immobilière et mobilière.

La lutte contre la surproduction se poursuit pendant les années de guerre. L'Organisation professionnelle de la meunerie met en place un Comité d'organisation de la Meunerie (COMEU). Celui-ci lance un plan de compensations qui, de 1941 à 1952, indemnisera les meuniers qui acceptent de limiter leur activité ; en complément, un plan de concentration volontaire dédommage, de 1943 à 1945, les meuniers qui s'engagent par contrat avec le COMEU à cesser toute production pendant au moins un an.

Le rachat de contingents suit son cours dans les années 1950-1960. En 1958, la Société immobilière et industrielle, abandonnant la gestion immobilière, se consacre exclusivement à la résorption des excédents de moyens de production. La Caisse professionnelle de l'industrie meunière est dissoute en 1965 ; mais elle est aussitôt relayée par la Caisse pour l'amélioration des structures industrielles meunières (CASIM), émanation de l'Association nationale de la meunerie française. La CASIM rachètera des contingents jusqu'en 1979.


Outre leur intérêt pour l'histoire du contingentement, les archives de ces organismes peuvent contenir des enquêtes ou questionnaires donnant des informations historiques et techniques sur les moulins de la région : les dossiers de cession de la CPIM renseignent ainsi sur 282 moulins ; les archives du COMEU comprennent une enquête sur les moulins du Nord (1941), effectuée avant le lancement du plan de compensation.


Du point de vue syndical et professionnel, la meunerie française se caractérise par la multiplicité de ses sociétés et groupements. Le Syndicat professionnel des meuniers à façon du Nord et du Pas-de-Calais, fondé en 1935, en est un exemple ; ainsi que le Groupement pour la cession temporaire des droits d'écrasement, créé pour servir d'intermédiaire dans les tractations entre meuniers.


Trois fonds de cette entrée concernent à la fois la boulangerie et la meunerie : celui de la Société auxiliaire de la meunerie du Nord, société privée fondée en 1949, qui s'occupait du placement des farines de ses adhérents dans toute la France ; celui de la Commission mixte de boulangerie-meunerie créée en 1948 à la suite d'une grève des boulangers ; celui de l'Union meunière du Nord fondée en 1945, société dont la plus grande partie des archives est constituée par un lourd dossier contentieux : celui du règlement de la dette des boulangers de la région aux moulins fournisseurs entre 1951 et 1982.

A ces fonds s'ajoute celui qui est propre à la Chambre syndicale des Meuniers du Nord : documents administratifs, réglementation du travail, livres et brochures concernant la meunerie et la panification.