L'origine de la Société Panhard, pionnière de l'industrie automobile, remonte à 1867. C'est à cette date, en effet, que René Panhard s'associa avec Périn, fabricant de scies à ruban depuis 1845. Les deux constructeurs réussirent à appliquer la scie à ruban au sciage des métaux durs, prélude des machines Panhard capables de scier des plaques de blindage d'un mètre d'épaisseur.
Après la guerre de 1870, le développement de l'entreprise amena la création des ateliers de l'avenue d'Ivry (alors au 19), qui permirent la construction de nombreuses machines-outils à travailler le bois, primées dans plusieurs expositions en France et à l'étranger. Perin et Panhard constituèrent en 1872 une société sous la dénomination de Perin-Panhard et Compagnie, qui devint en 1886, à la mort de Perin, Panhard et Levassor ; René Panhard avait pris pour collaborateur, en effet, Emile Levassor, l'un de ses condisciples à l'Ecole Centrale.
En 1889, la Société s'assura l'exclusivité des brevets Daimler sur le moteur à pétrole et construisit la première voiture mue par un moteur à explosion fonctionnant au pétrole. La première course automobile de l'histoire (Paris - Bordeaux - Paris, 1200 km) fut remportée en 48 heures par Emile Levassor en 1895, et pendant dix ans, jusqu'en 1905, les voitures Panhard gagnèrent pratiquement toutes les courses auxquelles elles participèrent.
Dès 1891, les six premières voitures commercialisées avaient été livrées à la clientèle, et la fabrication ne cessera de s'accroître d'année en année. Après la mort d'Emile Levassor, en 1897, une nouvelle société fut constituée, sous la raison sociale de Société anonyme des anciens établissements Panhard-Levassor, dont Daimler fut administrateur jusqu'à sa mort.
En 1905, l'entreprise comptait 1500 ouvriers travaillant dans l'immense quadrilatère compris entre l'avenue d'Ivry et l'avenue de Choisy. D'autres ateliers venaient d'être construits à Reims (83 rue Ernest Renan) pour augmenter la capacité de production et des services de réparations avaient été installés au 26-28 rue Nationale à Paris.
Un an après la mort de René Panhard, en 1909, la Société lançait un nouveau moteur, le "sans-soupape", d'une puissance supérieure au moteur à soupapes, pour une consommation égale, et l'année suivante un moteur d'aviation sortait des usines. La guerre de 1914-1918 provoqua toutefois une reconversion des ateliers en vue de la fabrication de munitions et de véhicules adaptés aux besoins de l'armée.
Les années de l'après-guerre furent consacrées à l'étude de nouveaux modèles, et il serait trop long de mentionner ici toutes les réalisations et progrès techniques alors accomplis par les Etablissements. On signera seulement la sortie, en 1926, des premières voitures 6 cylindres de tourisme sans soupapes (CS et DS) présentées au Salon de Paris et toute une série remarquable de cette lignée, aboutissant, de 1930 à 1939, à la production des "Dynamic" et des "Panoramic". Pendant la même période, la construction des véhicules industriels se développait de façon importante, et des records de vitesse et l'endurance étaient établis par des voitures de la marque.
La Seconde Guerre mondiale vint, une fois encore, transformer l'activité des usines en faveur des productions nécessaires à la défense nationale. Cependant, grâce à des études préalables, la série des petites Dyna, à traction avant et à refroidissement par air, fut construite en 1946. La "Dynavia" en aluminium fut exposée au Salon de Paris en 1948 et la "Dyna-Junior" en 1954.
Des accords furent conclus en 1955 et 1956 avec la SA André
Citroën afin de permettre une meilleure utilisation des installations
(montage à Ivry des fourgonnettes 2 CV) et une coordination
partielle des réseaux commerciaux. Cette entente aboutira
en 1965 à la fusion des deux sociétés sous
la dénomination "Citroën SA, Automobile Citroën,
Berliet, Panhard". A la suite des fusions avec Peugeot (1976)
et Talbot (1980), la firme, devenue filiale de Peugeot SA retrouvera
son autonomie sous la raison sociale de "Société
de constructions mécaniques Panhard-Levassor" (SCMPL)
dont le siège social est toujours au 18 avenue d'Ivry et
qui se consacre, dans son usine de Marolles-en-Hurepoix (Essonne),
à la fabrication de chars et d'engins blindés (1).
On ne trouvera au Centre des archives du monde du travail que
les microfilms des documents sociaux (1897-1946) et de correspondance
(notamment les copies de lettres de Levassor à Daimler
de 1900 à 1907) ; également, les procès-verbaux
des assemblées générales (1927-1947) de l'Immobilière
Barbès, transformée en 1929 en Société
des transports urbains et ruraux (exploitation de services automobiles
de transports) dont la société Panhard détenait
une part importante du capital ; enfin 4 copies de notices
historiques, des photocopies de catalogues avec tarifs (1889-1964)
et, en original, la brochure du cinquantenaire intitulée
Société anonyme des anciens établissements
Panhard-Levassor, publiée à Paris en 1905 (32
p. in 4, ill.).
Les cotes 186 AQ 1-14 et 186 AQ existent
sous forme de microfilm.
Les cotes 186 AQ 15 et 186 AQ 17-26 existent sous forme d'originaux.
Le reste des archives a été transféré
au Musée de l'automobile de Mulhouse en 1985. Il s'agit essentiellement
des séries suivantes :
- plans et dessins d'automobiles depuis l'origine
- mains courantes permettant de retrouver les caractéristiques, les acheteurs
et les conditions de vente de chacune d'elles (1875-1925)
- collection de photographies classées par sujets (salons, expositions,
courses, etc.) et datées
- deux albums de coupures de presse (1911-1927)
- fiches de déclarations au service des Mines (caractéristiques
des voitures)
- catalogues illustrés et brochures publicitaires (avec tarifs), classés
par ordre chronologique (1889-1964)
- guides et manuels d'entretien.
L'inventaire des documents cotés 186 AQ a été réalisé par I. Guérin-Brot et F. Hildesheimer.
Dates extrêmes des documents : 1870-1984
Librement communicable mais reproductions soumises à autorisation