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Focus

Le document le plus ancien aux ANMT date du XVe siècle

C’est au cœur des archives des filiales du groupe Marine-Wendel que se trouve le document le plus ancien conservé aux Archives nationales du monde du travail. Il appartient au fonds de la Société anonyme des mines de fer de Baburet, dont les actifs ont intégré la Maison de Wendel en 1975 à l’occasion de sa prise de contrôle du Groupe Marine-Firminy.
2014_041_067_001Acte de vente sur parchemin de la viguerie d’Asson (Pyrénées-Atlantiques)
sur parchemin, 32 x 37,5 cm, 29 janvier 1435.

ANMT, Fonds Marine-Wendel, 2014 041 067, © ANMT.


2014_041_067_002Acte de vente sur parchemin de la viguerie d’Asson (Pyrénées-Atlantiques)
sur parchemin, 32 x 37,5 cm, 29 janvier 1435.

ANMT, Fonds Marine-Wendel, 2014 041 067, © ANMT.


 

Des mines de Baburet...

Les mines de Barburet (Pyrénées-Atlantiques), exploitées dès l’Antiquité, prennent véritablement leur essor pendant la Guerre de Cent ans (XIVe siècle), quand les rois de France et en particulier Louis XI favorisent par le biais de plusieurs ordonnances le développement de l'industrie minière et métallurgique dans la région pyrénéenne. Comme la forge de Louvie fondée vers 1512, elles sont exploitées par les seigneurs de Louvie et leurs descendants (seigneurs d'Incamps-Louvie et d'Angosse) jusqu’en 1906. Plusieurs sociétés se succèdent entre 1906 et 1923 avant que la Société des mines de Baburet n'acquière définitivement la mine. Modernisée et dotée de son propre réseau ferré entre 1928 et 1930, afin d'acheminer le minerai jusqu'à la gare de Coarraze-Nay, elle doit fermer en 1962 suite à l’épuisement progressif du filon. Sa liquidation n’est effective qu’en 1999.

… à un conflit médiéval.

Les archives conservées au sein du fonds de la Société des mines de Baburet illustrent pour l’essentiel l’activité de la mine entre 1924 et 1999 (dossiers en provenance de l’administration générale, du service des titres, de la comptabilité, et sur le chemin de fer). Néanmoins, s’y trouve également un dossier de titres plus anciens remontant au temps de l’exploitation seigneuriale. Les actes notariés qu’il contient portent sur le droit d'exploiter "la huitième partie" des bois et montagnes afin d'alimenter les forges des marquis d’Angosse. Les communes voisines d’Asson, Bruges et Loubie leur contestent ce droit, qu’elles prétendent détenir pour leur part d’un acte d'affranchissement accordé en 1232 par Gaston vicomte du Béarn. S’en suit un conflit de près de cinq siècles opposant à partir du XVe siècle noblesse et pouvoir municipal.

La viguerie d’Asson.

C’est ce dossier qui renferme le document le plus ancien conservé par les ANMT. Probablement en lien avec cette affaire propre aux droits seigneuriaux (dont il constituerait une pièce annexe), il s’agit d’un acte de vente en langue occitano-béarnaise, sur parchemin, datant du 29 janvier 1435, de la viguerie d’Asson par Aramondine de Claverie à Johan de Boelh de Nay, pour 107 écus d’or. Cette opération semble particulièrement favorable à l'acheteur, aux dépens de la vendeuse, une veuve. Notons qu’au XVe siècle les « vigueries » ne sont plus le rouage administratif qu’elles avaient pu être sous les Carolingiens. Depuis la création des bailliages, elle ont en effet été vidées de leur contenu et constituent désormais un patrimoine seigneurial privatisé, composé de droits hétéroclites pour partie régaliens ou domaniaux.

Le lien exact de ce document avec les mines de Baburet est encore sujet à caution. N’hésitez pas à nous transmettre toute information ou tout autre document qui pourrait en enrichir notre connaissance !


Les Archives nationales du monde du travail remercient M. Benoît Cursente et Mme Anne Berdoy pour leur explications et analyses sur ce parchemin, ainsi que M. Dominique Bidot-Germa, maître de conférences en histoire médiévale (Unité de Pau et des Pays de l’Adour) pour la transcription et la traduction partielle de ce document (2016) : document pdf (pdf 89 Ko)